SCÈNE IV, MONTAIGLIN, OCTAVE
OCTAVE
Je suis à vos ordres.
MONTAIGLIN.
Ce qui signifie?...
Que je suis prêt à vous faire réparation.
MONTAIGLIN.
Par les armes?...
OCTAVE
Comme il vous plaira,
MONTAIGLIN.
Ta mort, ou la mienne, par un duel, compromettrait une femme qui ne doit pas être compromise, et le monde, c'està-dire les indiflerents, les curieux et les méchants, supposerait ou devinerait ce qui ne doit rester connu que de nous trois : elle, loi et moi... Et encore l'ai-je déjà oublié. Du reste, tu ne me gênes pas du tout sur la terre. Nous ne nous y rencontrerons jamais ; car, si le hasard nous met en présence, certalnemeni je ne te reconnaîtrai pas, je ne te verrai même pas. Mais, puisque tu te tiens à mes ordres, mes ordres sont que Lu gardes aussi bien ton secret que je le garderai moi-niêmet Quand madame Guicliard va venir, c'est moi qui la recevrai, et, comme elle surtout — rappelle-toi ceci ! — ne doit pas connaître la vérité, je lui expliquerai les choses de manière à paraître ton obligé... Tu m'as dit tantôt que tu avais commencé par lui dire que celte enfant était la fille d'un ami à toi. Cet ami, ce sera moi... Poursauver l'honneur de la femme que tu as séduite et qui est devenue la mienne,