ACTE TROISIÈME
terî-oger moi-même, et, en traversant Paris, j'ai revu mon messager. Les paysans, furieux qu'on leur eût repris l'enfant tout à coup, suns dire ce qu'on en faisait, et probablement sans leur payer leurs soins et leur silence le prix qu'ils les estimaient, ces paysans ne demandaient pas mieux que de parler, et ils ont dit que la mère n'était pas morte du tout, el qu'elle venait souvent, très-souvent revoir l'enfant. Ils no l'ont cependant pas vue depuis quelques mois... •
MONTAIGLIN.
Mais ils ont dû dire qu'Octave ne venait jamais avec elle.
MADAME GUICHARD
Ça, c'est vrai, puisqu'il n'est pas venu plus de cinq ou six fois en tout; mais c'était peui-être une malice pour ne pas la compromettre; car il paraît que c'est une femme comme il faut, jeune encore et très-jolie; et elle aime son enfant. Eh bien, son enfant, elle ne le reverra plus, ou, si elle veut le voir, elle viendra le voir chez moi, puisque c'est moi sa mère, maintenant.
MONTAIGLIN.
Je ne comprends pas.
M ADAM K GUICHARD
C'est pourtant bien simple. Le Code est un bon garçon, il permet à ceux qui ont des enfants de ne pas les reconnaîlre; mais il permet à ceux qui n'en ont pas de reconnaître ceux des autres. J'ai reconnu l'enfant. Marie-Paiiline-Adrienne, père et mère inconnus, est ma fille ; voilà l'acte de reconnaissance. '^
Elle lui donne un papier.
MO.NTAIGLIN.
Eh bien, chère madame, vous avez fait un faux.
Légal.
MONTAIGLI.N.
Mais qui peut être attaqué.
MADAME GUlCHAnD.
Par qui?
Par le père.
MADAME GUICHARD
Il s'en gardera bien.
Ne vous y fiez pas.
MADAME GUICHARD
Vous croyez qu'Octave? .. Ah! je voudrais bien voirçal
MOiNTAIGLIN.
Octave n'est pas le père d'Adrienne.
MADAME GUICHARD
Octave n'est pas le père d'Adrienne?... Il me l'a avoué tantôt!
MONTAIGLIN.
Après vous avoir dit qu'Adrienne était la Elle d'un de ses amis...
C'était faux 1
MONTAIGLIN.
C'est-à-dire que vous n'avez pas voulu le croire; alors il a voulu vous punir de votre jalousie et de vos soupçons, et il vous a raconté une histoire oiî il n'y a pas un mot de vrai. Bref, Octave a en effet rendu service à un ami, voilà tout.
' MADAME GUICHARD
Et cet ami?
MONTAIGLIN.
C'est moi.
MADAME GUICHARD
Vous, commandant!... La preuve?...
MONTAIGLIN,
La preuve, c'est que j'ai reconnu ma fille.