‹ Monsieur Brouillon, ou, L'ami de tout le mondeChapitre 14 sur 19 · B R O U I L IL. 0 N · texte numérisé non relu

B R O U I L IL. 0 N

Volontiers .... mais encore deux mots avant.

AUGI3STK.

lEst-te en'cofe pour me parler de courage ?

Non , monsieur, il n'est plus question de cela... Vous pense* à vous marier ?

AUGUSTE

Oui, monsieur.

Avec mademoiselle Julie , la fille de monsieur le Baron.

Oui, monsieur.

Vous Taimez ?

AUGUSTE

Oui , monsieur.

B RO UILLON.

Elle vous aime sans doute aussi ?

Je le crois , au moins.

Ah ! monsieur , que je vous plains.

Eh ! pourquoi ? vous m'( fïrayez.

B R O u IL L O N.

Ah ! est-il une chose dans ce monde sur laquelle noui puissions compter !

AUGUSTE

Comment , mon oncle ne consentirait-il plus à mon mariage?

Je ne dis pas cela, m^is les vieillards sont quelquefois si quintcux.

AUGUSTE

Serait-ce ma mère qui aurait changé de projets?

Oh ! je ne crois pas , mais les femmes sont souvent &i eapricicusc».

AUGUSTE

Julie me tromprrail-cUe ?

M. Brouillon. 3

Cela in étonnerait beaucoup , mais les demoiselles sont aujourdMiui si léj^èrcs. Ah ! ça , quanti vous voudrez , je vous attends à mon tour.

AUGUSTE

Nous avons toul le temps.

Je vous demande pardon , j"ai une autre affaire dans une heuicdici et...

AUGUSTE

De ffrace, tirez-moi d'abord de l'anxiété' où vous m'avez mis , dites-moi ce que vous savez.

Que voulez-vous que je vous dise? Il y a peut-être mille et une raisons pour que ce mariage ne s'accomplisse pas : mais lorsque la seule espérance de cette union peut vous rendre heureux, voulez-vous que je déchire rotre cœur en la dissipant ? Est-ce là le métier d un homme sensible ? et qui na dautres jouissances que celles quil procure à ses semblables.

AUGUSTE

Un instant. ( a pari. ) Il cherche à m échapper, (haut. ) Nous avons une affaire à terminer ensemble , forcé de renoncer à mon mariage je n'ai plus rien à ménager.

Oui , monsieur , mais moi , j'ai aussi une affaire qui presse davantage. Que je déjeûne ici ou au bois de Boulogne , cà doit vous être indifférent.

ADG U ST E.

Eh monsieur, marchons.

Page 1