‹ Monsieur Brouillon, ou, L'ami de tout le mondeChapitre 15 sur 19 · SCÈNE XL · texte numérisé non relu

SCÈNE XL

Les Précédens , JULIE.

JULIE

Fort bien , monsieur ^ attaquez , provoquez toin le monde", ?ous obtiendrez bientôt le prix de vos emportemens.

AU OUSTE

Que voulezi-vous dire ?

JULIE

Que grâces à vos imprudences, mon père ne consent pîu^ à notre union, que votre mère et lui viennent de se quereller avfc plus de violence que jamais, et qu'enfin toute espérance est perdue pour nous.

AUGUSTE

Est-il possible ?

JULIE, h Brouillon.

Ah ! monsieur, vous qui êtes Tami le plus inlirae de mon p ère.

AUGUSTE, a Brouillon.

Vous en qui ma mère place toute sa confiance. JULIE, de ménie.

Daignez vous servir de rinfluence que vous avez sur sort esprit.

AUGUSTE, de même.

Profitez de rasceadant que vous avez sur son caractère.

JULIE

Pour rétablir entr'eux la bonne intelligence.

Mon dieu , de quoi venez-vous me parler ? CVst à cela seul que je travaille depuis que je suis ici. Mais que voulezvous, l'Age rend les hommes exigcaiîis et injustes; ils ne veulent pas se rappeler qu'ils ont été' jeunes, ce sont de ces défauts inséparables de l'humanité. Vos parens ne valent pas mieux que d'autres, vous ne vaudrez pas mieux queux un jour , que voulez-vous que j'y fasse.?

AUGUSTE

Mais peu importe , monsieur, ce que nous serons, ce que nous vaudrons dans trente ans, il sagil du moment actuel. i U LIE.

Si mon père nous désunit , je renonce au monde, à ma famille , à ma fortune et je merctwe djns un couvent, p R ou I L L o N.

C'est un parti désespéré, mais c'est celui d'une fille vertueuse.

AUGUSTE

Non, mademoiselle, non , je ne voiislaisserai pas accomplir un pareil projet. Votre pèrem'n promis votre main, il faut que je roblieune. Je le verrai, je lui rappclerai la parole quil m'a

( :iO )

donnée, je consentirai à tout ce qu'il voudra , je eonviendrai m'^nif (les torts que je nVi pas, et s'il me repousse, je vous enlève maigre lui , ma mère et vous , et tout le monde.

Comment , monsieur, vous auriez la témérité',.,. Je sais bien que l'on ne eomuiande pas à son cœur et que lorsqu'on est violemment épris, on ne voit rien , on n'entend rien. Moi qui vous parle, j'ai eu les passions terriblement vives , je sais ce que c'est qu'une imagination ardente, enflammée par le prestige enchanteur des jouissances que promet un amour pur, sincère, délicat,, „ car vous n'avez que des vues honnêtes,., le mariage?

AUGUSTE

Vous m'approuvez donc ?

Je ne vous approuve ni ne vous blâme. Vous êtes amoureux, ce n'est pas ma faute; on vous refuse la personne que vous aimez , je n'y puis rien , vous cherchez à ous l'assurer, cela vous regarde. Dans tout cela je a'ai rien à dire ni à faire j j'ignore tout ce qui se passe ici, je dois tout voir et tout entendre sans avoir l'air de rien savoir, et si je vous rends quelque service , il faut que ce soit par hasard et sans que je m en aperçoire moi-même

JULIE

Ah ! monsieur , nous n'avons d'espoir qu'en vous seul.

AUGUSTE

Croyez que ma reconnaissance...

C'est bon , c'est bon , le Baron pourrait nous surprendre, et je ne veux pas paraître d'intelligence avec vous j je crains que son valet ne nous espionne , éloignez-vous, de grâce , il pourrait tenir quelques propos.

AUGUSTE

Il nou» est tout dévoué, et nous servirait plutôt que de nous nuire.

ij r. o u I D L o N , les reconduisant

Raison de plus pour qu'il ne me trouve pas avec vous j eomptez sur moi.

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