‹ Monsieur Césarin, écrivain publicChapitre 18 sur 132 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

*Commanda pour Palar, du théâtre Feydeau;' *Et plein ce mot brûlant qu'à sa Vénus hippique *Le marquis doit jeter dans le Cirque Olympique.

MONSIEUR CÉSARIN, étonné.

Marcellin! Marcellin! Mais qu'est-ce qui vous prend De travailler ainsi? N'êtes-vous pas souffrant? Et qu'avez-vous fait du premier de vos principes, Qu'on doit écrire au plus un vers entre deux pipes?

MARCELLIN, lyrique.

Tout est changé, patron! Je suis amoureux!

Non?

Encor?... Soit, allez-y... Ses qualités? Son nom? C'est une chambrière encore? une fleuriste?

MARCELLIN, ardemment.

Cette fois c'est plus grave : il s'agit d'une artiste! Ce n'est pas un amour léger, récréatif, C'est l'amour de ma vie!

MONSIEUR CÉSARIN, affectant un air convaincu.

Ah!... le définitif?

MARCELLIN, fatal.

Eclatant dans le cœur comme un coup de tonnerre, Et dont on meurt parfois!

Oui, je sais... poitrinaire?

Le malade à pas lents, par son amour rongé?

26 MONSIEUR CÊSAKIN

MARCELLIN, ténébreux.

Justement... N'est-ce pas que j'ai' déjà changé?

Que j'ai les yeux plus creux et la mine plus blanche?

MONSIEUR CÉSARIN, complaisamment.

Peut-être... Vous l'aimez depuis?

MARCELLI

Depuis dimanche.

Comment?... depuis trois jours?

Les grandes passions, Les toisez-vous aussi grâce aux divisions De vos cadrans bourgeois aux précises rencontres?

MONSIEUR CÉSARIN, à part.

Allons, décidément, il n'aime pas les montres.

(A Marcellin.) Où rencontrâtes-vous cette merveille?

MARCELLIN

Pour qu'on lui copiât je ne sais quel récit Elle a daigné frôler ce plancher de sa traîne.

Vous ne parlez pas de la belle Rosereine Qui dimanche matin, en effet, vint ici Pour qu'on lui transcrivit ce poème?

MARCELLIN

Mais si.

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