ACTE DEUXIÈME
ROSEREINE, même jeu.
Ah ! tais-toi, mon Igor, car je cède au vertige ! Je t'aime !
EUGÉNIO, même jeu.
Kadoudja !
MARCELLIN, n'y tenant plus.
Mais, monsieur Césarin, C'est fou! voilà bientôt une heure qu'il l'étreint! L'amoureux me paraît exagérer son zèle...
k (Montrant Isabelle.) J'en suis presque gêné pou:1 votre demoiselle.
LE COMTE
Il faut bien qu'il traduise un amoureux transport!
MONSIEUR CÉS.ARIN, à Isabelle.
Ça vous choque, Isabelle?
ISABELLE
Oh ! Phèdre est bien plus fort !
MARCELLIN, étonné.
Phèdre? Vous connaissez?
ISABELLE
Mais, monsieur, c'est classique!
MONSIEUR CÉSARIN, à part.
Sapristi! Comme elle a profité du lexique!
EUGÉNIO, très galant, à Rosereine.
Tout passe quand la femme a comme vous le don De rendre presque chaste un suprême abandon!
ROSEREINE.
Quand un bon comédien avec autant de grâce Ennoblit une ardeur amoureuse, tout passe!
IGNACE, avec humeur à Marcellin.
Et puis c'est ennuyeux, vous coupez tout l'effet!
DÉSIRÉ, même jeu.
Les observations, c'est après qu'on les fait!
(Pendant que Rosereine s'entretient avec Eugénio d'un détail de leur jeu, et que le comte consulte un manuscritavec les scribes.)
ISABELLE, bas à M. Césarin.
Monsieur, j'ai bien compris... Ça lui fait de la peine De voir ce beau garçon presser sa Rosereine! Reprenez ce cahier... Je ne veux plus, parrain, Souffler de la torture et souffler du chagrin!
Il faut souffler un peu de chagrin, Isabelle, Pour finir par souffler... Marcellin à la belle!
(Haut, frappant dans ses mains.) Reprenons, s'il vous plaît... Je t'aime!... Kadoudja !
EUGÉNIO, reprenant.
La plus belle princesse !
ROSEREINE, même jeu.
Et le plus beau rajah !