LE BOIS DE BOULOGNE
Cherami s'enfonce dans le bois, oîi, vu la saison et l'heure encore peu avancée, il rencontre rarement du monde. Il commençait son deuxième cigare, lorsque, en tournant une allée, il voit venir devant lui un monsieur fort bien mis, marchant à grands pas, mais se retournant de temps à autre pour regarder de côté et derrièî*e lui, comme quelqu'un qui craindrait d'être suivi. En apercevant Cherami s'avancer de son côté, cet individu s'arrête; il semble indécis sur ce qu'il veut faire, et prêta rebrousser chemin. Mais, pendant ce temps, notre fumeur avance toujours; bientôt ces deux hommes sont tout proches l'un de l'autre, ils se regardent. Alors un cri de surprise leur échappe à tous deux :
— Pardieul je ne me trompe pas... c'est M. Auguste Mouléard que j'ai l'avanlago de saluer?
— C'est monsieur avec qui je me suis battu... à Bcl'.cville?
MONSIEUR CHERAMl 191
— Lui-môme... pour vous être agréable, si j'en étais capable !... Arthur Cherami.
— Ah 1 oui, j'avais oublié votre nom.
— Vous voilà de bonne heure dans le bois de Boulogne. Quand je dis de bonne heure, il est midi et demi bien sonnés; nniis, en hiver, on ne vient guère faire un tour au bois que de trois à cinq.
— Oui... en effet; mais, vous-même?...
— Moi, j'ai déjeuné à Passy... chez de bonnes gens dont la société est peu divertissante; et, ma foi! après le déjeuner, je ?uis venu fumer mon cigare par ici. Gomment se fait-il que vous ne soyez point à cheval ?
— Mais pdFce qu'il me convenait de venir à pied, probablement,
— C'est très-juste... excusez ma reflexion. Moi, si j'avais encore un cheval, je ne serais certes pas ici à pied. Ah ! c'est que j'aime beaucoup les chevaux !... J'en ai eu de fort beaux : c'était ma passion 1...
Pendant que Cherami parle, Auguste regarde encore de côté et d'autre d'un air inquiet; il est encore plus pâle qu'à son ordinaire, et il y a sur sa physionomie une expression sombre et grave.
— Auriez-vous par hasard une rencontre pour ce malin ? reprend Cherami en secouant la cendre de son cigare. Si cela était et qu'il vous manquât un second, vous savez, mon cher monsieur, que je suis tout à votre service .. et que je serais enchanté de pouvoir vous être bon à quelque chose.
— Non, non... je n'ai point de duel ce matin, répond Auguste; puis, regardant fixement la personne qui est devant hii, il répond au bout de quelques instants : — Et, copcndanl, monsieur, vous pourriez, en effet, me rendre un grand service.
— Moi? Parlez, alors... je suis tout à vous. Je n'ai rien à faire.
— Oui, c'est un heureux hasard qui me fait vous rencontrer ici... J'ai quitléParis un peu brusquement, ce matin, et j'ai oublié d'écrire à quelqu'un... c'est cependant très-important!
— Vous voulez que je porte une lettre à quelqu'im?...
— Monsieur Cherami, il s'agit ici de quelque chose de grave; je m'adresse à vous, parce que je vous ai bien jugé, je trois... Vous êtes un honmio faii pour me comprendre...
— Diable ! diable ! mais vous avez un ton sérieux !... je vois qu'en effet il ne s'agit point d'une plaisanterie.
— Êtes- vous toujours disposé à me rendre service?
— Plus que jamais.
— Eh bien! alors, veuillez venir avec moi... Il doit y avoir par ici quelque café... quelque traiteur chez lequel je pourrais écrire ?...
— Oui, tenez, nous n'avons qu'à retourner par là en revenant sur nos pas, et nous trouverons notre affaire.
— Marchons, alors. Avez-vous déjeuné?
— Mais oui; ainsi que je vous le disais tout à l'heure, j'ai déjeuné à Passy. Ce qui ne m'empêchera pas de prendre encore quelque chose... L'air est vif, et puis, la promenade, cela fait digérer tout de suite.
On se met en marche; Auguste va tellement vite que Cherami, malgré ses grandes jambes, a de la peine à le suivre; il essaie de renouer la conversation, mais son compagnon ne lui répond plus et semble absorbé dans ses pensées.
— Cet homme-là a quelque chose, se dit le bel Arthur en allumant un autre cigare. Je ne sais pas ce que c'est, mais sa figure allongée n'annonce pas quelqu'un qui cherche à quelle sauce il mangera son homard. Après tout, c'est son affaire !... Il a confiance en moi, je ne la trahirai point, parce que c'est un brave; je suis seulement fâché de m'être bourré de pâté et d'œufs chez la tante Duponceau, car, certainement, j'aurais beaucoup mieux déjeuné avec lui... mais, on n'est pas sorcier.
On arrive dans un café-restaurant. Ces messieurs se font donner un cabinet, puis Auguste dit à Cherami : — Commandez ce que vous voudrez... tout ce qui vous plaira... moi, j'ai déjeuné.
— Vous aussi? Ce n'était pas trop la peine de venir ici, alors.
— Pardonnez-moi, je vais écrire, moi... il faut que j'écrive... deux lettres... ensuite, je... je vous quitterai... Ainsi, mangez à TOtre aise, puisque rien ne vous presse.
— Très-bien. Garçon ! Qu'est-ce que je pourrais donc bien prendre de léger, pour me remettre en appétit ? Ah! j'y suis... Apportez-moi une belle tranche de pâté de foie gras, avec une bouteille de beaune très-vieux... nous nous amuserons avec cela... Ht nous verrons après.
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On sert Cherami. Pendant ce temps, Auguste s'est placé à une autre table et écrit.
Le déjeuner de madame Duponceau n'empêche point Cheramt de savourer le foie gras, qu'il arrose fréquemment avec du beaune,en disant, de temps en temps, à son voisin : — Buvez donc un verre de ce vin... il est bon... il est vieux... il n'en resiera guère tout à l'heure ; à la vérité, nous en serons quittes pour en demander d'autre : Gardon, servez-moi un fromage quelconque et une seconde bouteille de ce beaune.
Auguste a cessé d'écrire; il ferme les deux lettres et les présente à Cherami : — Mon cher monsieur, veuillez prendre ces lettres ; l'une est pour ma femme... madame Monléard ; L'adresse est dessus.
— Et, à propos, comment se porte madame votre épouse ?
— Très-bien ; mais, permettez-moi d'achever... Cette autre lettre, sans inscription, est pour vous...
— Pour moi ?...
— Oui ; et vous allez me jurer de n'en prendre connaissance qu'une demi-heure après que je vous aurai quitté.
— Une demi-heure après que vous serez parti ?
— Oui ; me le jurez-vous?
— Du moment que cela vous oblige, je vous le jure!
— Merci ; je compte sur votre parole.
— Et vous le pouvez, je n'en ai pas trente-six dans les affaires sérieuses; mais l'autre lettre ?
— Quand vous aurez lu ce que je vous écris, vous verrez ce que je vous prie de faire... et je suis persuadé que vous voudrez bien remplir mes intentions.
— Je vous ai dit que j'étais tout à votre service.
— Voilà mon porte-monnaie, car je ne reviendrai pas ici.., Vous trouverez dedans de quoi payer la dépense que vous aurez faite chez ce traiteur.
— Fort bien; je payerai, et remettrai le reste dans le portemonnaie.,. Il est fort joli, ce petit meuble... fort élégant, de bon goûl.
— S'il vous plaît, veuillez le garder en mémoire de... noire connaissance.
— Vous étea vraiment trop aimable... Je suis sans façons,moi, j'accepte.
m MONSIEUR CHERAMI
— El, maintenant... versez-moi à boire... que je trinque avec vous !
— Ah ! c'est bien parler, cela.
Cherami emplit deux verres à patte; Auguste en prend un d'une main ferme, le choque contre celui du bel Arthur, prononce quelques mots inintelligibles et avale le vin d'un seul trait.
— Sapristi 1 comme vous allez vite, on n'a pas le temps de vous suivre IJ'ingurgite bien le Champagne comme cela quelquefois, mais, en général, c'est une fichue manière de boire... J'aime mieux savourer... Un second verre, que je boive à votre santé ?
— C'est inutile, je n'ai pas le temps. Adieu, monsieur, je compte sur votre promesse... Vous ne prendrez connaissance de cette lettre que dans une demi-heure.
— Puisque vous avez ma parole !... Et vous partez si vite?
— Il le faut.
— Quand donc vous reverrai-je ?
— Je ne saurais vous dire. Adieu, monsieur !
— Au revoir, plutôt!...
Auguste a pris son chapeau ; il serre la main de Cherami, lui montre encore les deux missives posées sur la table et sort précipitamment.
Cherami se balance sur sa chaise qu'il penche en arrière ; il boit un autre verre de vin et demande des cigares, en se disant : — Puisqu'il faut que je reste encore une demi-heure ici... employons noire temps. Garçon ! servez-moi du café, de l'eau-de-vie, du kirsch... Ah ! voyez aussi l'hea-e qu'il est en ce moment à vos cadrans solaires, et dites-moi l'heure exacte...
Le garçon revient apporter ce qu'on lui a demandé, en disant :
— Deux heures viennent de sonner à la pendule du sal monsieur.
— Très-bien ; quand la demie sonnera, il faudra venir m'averlir, vous entendez?
— Gela suffit, monsieur, j e n'y manquerai pas. . . Monsieur veut- Il antre chose ?
— Non... ces flacons d'eau-de-vie et de kirsch me suffiront pour passer le temps. En tout cas, je sonnerai.
« Voilà une bien singulière journée! se dit Cherami en se mettant à fumer. Je ne me serais jamais douté, ce matin, lorsque
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j'arpentais les boulevards pour me donner de l'appétit, que je déjeunerais à Passy, et puis que je déjeunerais une seconde fois dans le bois de Boulogne. Ce M. Auguste Monléard cache quelque pi'ojet... qui n'est pas gai... Ces deux lettres qu'il m'a laissées... dont une pour moi... tout cela n'est pas clair!... Ce porte-monnaie dont il m'a fait présent est très-coquel... Voyons ce qu'il renferme... Un billst de banque de cent francs !... Peste !.-. j'ai mon lièvre!... Nous aurons de quoi payer le déjeuner,.. Quels sont ces autres papiers... des bulletins d'agent. de change... Acheté... vendu par ordre de M. Monléard... tout ceci est sans importance... et il n'y a pas autre chose. Notre jeune capitaliste aurait-il fait de mauvaises spéculations et pris, comme on dit, la poudre:* d'escampetie?... Ce serait bien possible. Allons ! je saurai cela avant peu... il doit bien y avoir dix minutes d'écoulées au moins... buvons du kirsch... Ce petit drôle de Narcisse m'a tout écaillé ma badine... C'est gentil, les enfants... mais quand ils sont bien élevés! Cette lettre me tire l'œil... Jamais le temps ne m'a semblô si long!... Si je demandais mon addition., c'est une idée, cela !... )>
— Garçon 1...
— Monsieur a appelé ?
— Oui; donnez-moi ma carte à payer. Comptez trois kirsch en sus, je les boirai... et, en revenant, dites-moi l'heure qu'il est.
— Oui, monsieur.
Le garçon revient, et présente la carte en disant; — Monsieur, il est deux heures un quart.
— Rien qu'un quart!... Vous vous trompez, sacrebleu ! U n'est pas possible qu'il ne soit que le quart !...
— Je vous assure, monsieur, qu'il n'est pas davantage à la pendule du salon... Si vous voulez venir vous en assurer?...
— C'est bon î... Voyons ce total... dix-sept francs cinquante... Tenez, changez-moi ce billet; et, en me rapportant la monnaie, regardez l'heure avec un peu plus de soin.
■ — Mais, monsieur, je ne peux pas regarder autrement que...
— Allez, garçon, et ne raisonnez pas!... Je n'aime pas les raisonneurs!
— Voilà bien la viel... se dit Cherami en buvant de nouveai du kirsch. Quand on est avec une femme qui vous plaît... quand on fait une partie de caries intéressée, le temps ne marche pas... il vole... hora vita simuU,., Dans d'autres moments, il marche
comme une tortue... il arrive cependant une époque où nous trouvons qu'il a été beaucoup trop vite !... Ceci prouve seulement que les hommes ne sont jamais satisfaits de leur position. Ah l comme il est joli, ce vieux conte de fée intitulé : Nourjahad et Chérédin,e\ qui m'avait frappé lorsque je lisais... dans ma jeunesse. M. Nourjahad est un jeune, riche et beau musulman, à qui rien ne manque pour être heureux... et, comme de raison, À n'est pas content; il se plaint de ce que le temps ne marche pas assez vite au gré de ses désirs, parce qu'il doit épouser sa cousine à vingt-cinq ans, et régner sur un grand royaume quand il aura atteint sa irenlième année. Chérédin est un vieux derviche, passablement sorcier ; il entend Nourjahad accuser le destin, et lui dit : « Je puis t'accorder le pouvoir de faire marcher le temps aussi vite que tu voudras; mais, prends garde!... c'est dangereux... Tu vas abréger ta vie, si tu ne sais pas modérer les désirs. » Le jeune homme est enchanté, il accepte et promet d'user modérément du pouvoir qu'on lui donne. Mais, ouiche!... Quand verrez-vous un homme résister au désir de posséder tout de suite ce qu'il ne doit avoir que plus lard? Nourjahad veut avoir vingt-cinq ans pour épouser sa cousine, puis trente pour être sultan. Bientôt il veut être père, voir ensuite son enfant tout élevé ; puis il est en guerre avec ses voisins, il veut arriver surle-champ à la bataille décisive. Enfin, ce diable de Nourjahad va si rapidement, en satisfaisant ses souhaits, qu'il se trouve avoir vieilli de trente ans en un mois; il maudit alors le pouvoir qu'on lui a donné, et Chérédin lui dit : « Mon bon ami, voilà pourtant ce que feraient tous les hommes s'il leur était permis de faire marcher le temps. » Et, touchant Nourjahad de sa baguette, il lui rend sa jeunesse en lui conseillant de la garder le plus longtemps possible. Cet apologue est fort sensé ; mais si, au lieu de faire avancer le temps, on pouvait le faire reculer... eh bien I on y regarderait encore à deux fois. On passe dans la vie par de si vilains quarts d'houre,qu'il en est que l'on ne voudrait pas recommencer.
Le gurçon revient essouffié, en s'écriani : — Excusez, monsieur^ si j'ai été longtemps, mais nous n'avions pas la monnaie de cent francs ici; il m'a fallu courir pour en avoir. Dieul quelle scie, que la monnaie... Comptez, monsieur.
— El l'heure qu'il est? Dites-moi donc l'heure, sacrebleu t — Ah ! je n'ai pas pensé à y regarder, mousiear.
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— Mais vas-y donc voir, bourreau !.., animal !...
— Voyez d'abord si vous avez votre compte...
— Je m'en fiche bien, de mon compte. L'heure, gredin ! Theure, tout de suite I
Et Cherami pousse le garçon par les épaules pour le faire sortir, puis il attend avec impatience son retour, en disant encore : — Ah! comme je comprends Nourjahad?...
Le gaPçon revient en criant : — Monsieur, la demie est sonnée ; il y a trois minutes avec...
— Enfin, c'est bien heureux!... Va-t'en, alors.
— Mais, monsieur a-l-il bien son compte? Je veux être sûr...
— Eh I oui, butor, j'ai mon compte ; tiens, voilà deux francs pour toi, et fiche-moi le camp.
— Faudra-t-il revenir dire l'heure à monsieur
Cherami ne se lève qu'à moitié; mais le garçon a compris, il s'est sauvé.
Les deux lettres sont là sur la table. Après avoir jeté le restant de son cigare, Cherami prend celle qui est pour lui, en disant : — C'est singulier... j'éprouve quelque chose... comme de l'émotion!... Allons, pas de bêtise, et voyons ce qu'il y a dedans!
Il ouvre la lettre et lit :
« Mon cher Monsieur, quand vous lirez ceci, je serai mort !... »
— Mort!... s'écrie Cherami en frappant violemment de son poing sur la table. Allons donc!... ce n'est pas possible, j'ai mal lu 1 mais si... ça y est bien :
« Je serai mort I... »
— Continuons :
« J'avais une assez jolie fortune, mais elle ne me suffisait pas ; j'ai joué à la Bourse, et je n'ai pas été heureux; je me suis marié, espérant que l'amour d'une femme changerait mes idées et qu'un doux intérieur suffirait à mon ambition. Malheureusement, je me suis trompé... La personne que j'ai épousée a un de ces cœurs secs avec lesquels il n'y a pas moyen de s'épancher ; au bout de huit jours de ménage, je me suis aperçu qu'elle n'avait pas le moindre amour pour moi, mais qu'elle voulait briller dans le monde et y éclipser toutes les autres femmes. Alors, j'ai joué de plus belle pour satisfaire au moins ma vanité. Il y a dix jours, j'ai donné une grande fête pour tâcher de déguiser ma situation... J'espérais encore m'en tirer ; j'ai risqué tout ce que j'avais ! J'a}
perdu ; je suis ruiné !... et, comme je n'ai pas votre philosophie, comme je ne pourrais me résoudre à mener une existence pauvre, après avoir goûié toutes les jouissances du luxe, je vais me brûler la cervelle. Soyez assez bon pour aller chez ma femme ; vous la préparerez doucement à cet événement ; je ne crois pas, du reste, que ce soit son cœur qui en sera le plus affligé.
a Je vous demande pardon des ennuis que je vous cause, mais je vous ù jugé . vous êtes un homme, et vous tiendrez la promesse que vous m'avez faite. Recevez mon dernier adieu.
a Auguste MONLÉARD. »
Cherami reste quelques instants consterné après la lecture de cette lettre. Il passe même la main sur ses yeux pour y essuyer une larme, puis il murmure: — Comment !... ce joli garçon qui était là tout à l'heure... Mais, voyons, sacrebleu ! il est peut-être temps encore !...
Et, se levant précipitamment, il prend son chapeau, sa canne, met les lettres dans sa poche et sort du cabinet. En bas, il demande de quel côlé à pris le monsieur qui était avec lui ; on le lui indique. Il marche vivement en gagnant le côîé du bois le plus désert. Mais bientôt il aperçoit du monde rassemblé ; il Toit venir des gendarmes que l'on a été cherclier ei qui s'enfoncent dans le fourré. Il s'adresse alors à une paysanne aui revient de son côlé :
— Qu'est-il donc arrivé? Pour qui viennent ces genaarmes?
— Eh! mon Dieu! monsieur, c'est encore quelqu'un qui vient de se périr dans le bois... un jeune homme très-bien mis, vraiment!... Comprend-on que des gens qui ont le moyen de s'habiller fassent de ces choses-là!... C'est le petit gamin là-bas qui Ta aperçu le premier.
— Alors c'est fini, il est mort?
— Oli! oui, monsieur... El sa redingote encore toute neuve!...
— En ce cas, sg d:l Cherami, je n'ai plus qu*à m'acquitter de la commission dont il m'a chargé.
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