SIXIÈME EXTRAIT
La lettre suivante est de M. de l'Étincelle à madame Ventairon , en réponse à celle qui lui annonçait la mort d'Odille.
« Elle a cru me consoler en mourant par les tendres adieux qu'elle vous a dictés. . . . pauvre Odille ! Jusqu'ici, ces adieux, chaque fois que je les relis, ne font que rendre mes larmes plus amères... Elle ne s'est pas trompée , cependant : sans ces larmes , peutêtre mon cœur se fût brisé, ma douleur m'eût étouffé.
» Comment vous décrire tout ce que j'éprouve? Mais il n'est pas d'affliction que les femmes comme
ou ARLES ET PARIS. 4^9
VOUS ne puissent deviner. Celle qu'Odille a bénie si généreusement de son lit de mort , et qui sait tout aujourd'hui, est à genoux pendant que je vous écris , priant Dieu pour elle, ou plutôt lui demandant la continuation de ses prières dans le ciel
»... Nous partons le mois prochain pour la France, ma chère sœur; Dolorès veut vous voir, vous connaître, vous demander le titre de sœur; elle veut connaître Isabelle et Paul, afin, dit-elle, de les aimer désormais autant que ses propres enfants. Nous vous conduisons ceux-ci pour que vous les bénissiez au nom de celle que nous pleurons. Si , comme il y a apparence, le navire sur lequel nous nous embarquerons, met à la voile pour le Havre, et que nous trouvions encore Paul à Paris , nous vous le ramènerons avec Isabelle , ou nous vous amènerons Isabelle seule si Paul est à Arles. Là vous déciderez vous-même de notre avenir à tous
» P. S. Je r'ouvre ma lettre pour vous accuser réception du duplicata que m'apporte Mazade. Cet ami m'arrive avec sa femme. Voilà deux fois qu'il fait un assez grand détour pour me voir; il se rend dans l'Inde pour y régler ses affaires avant de venir se fixer définitivement en France. Son séjour ici ne retardera nullement notre départ. »