‹ Monsieur de l'étincelleChapitre 44 sur 47 · SEPTIÈME EXTRAIT · texte numérisé non relu

SEPTIÈME EXTRAIT

Lettre de Paul Ventairon à sa mère.

« Depuis hier mon oncle est à Paris. Dans quinze jours nous serons auprès de toi ;nous partirons le lendemain de mon mariage, qui se fera sans bruit, comme tu penses bien, à cause du deuil et de la situation particulière où nous nous trouvons tous. Je ne saurais te dire comme la pensée de cet événenient me rend

4^0 M. DE l'Étincelle,

rêveur! Me voilà d'avance sérieux comme un mari.... Ce n'est pas du reste qu'il y ait au fond de mon cœur quelque triste pressentiment, malgré le souvenir de ma pauvre tante... Non , il paraît que c'est l'approche du bonheur qui me cause cette douce mélancolie. J'en chercne vainement une autre explication. 11 me semble qu'Isabelle est encore plus rêveuse que moi... Comme son emban-as et sa pudeur la rendent belle quand madame Duravel lui en fait l'observation!...

» J'hésite à te parler de madame de V Etincelle. Je crois que je l'aurais trouvée moins bien si elle portait

le premier nom de mon oncle mais je te l'avoue ,

bonne m'ère , cette belle Dolorèsa dans toute sa personne je ne sais quel attrait qui commande à la fois le respect et l'affection. J'étais là ce matin lorsque mon oncle lui a amené Isabelle,.. Elles se sont embrassées en pleurant sans se rien dire , et mon oncle a fondu lui-même eu larmes. Quand ce silence touchant a été enfin rompu , pas un mot d'Odille ! mais son nom était comme sous-entendu dans toutes les phrases de la conversation... *

» D'aujourd'hui en quinze jours, ma bonne mère, nous partons ; avant trois semaines tu embrasseras ta fille et ton fils.

» P. S. J'ai reçu dans son temps la lettre de madame Farine là mère , au sujet de son fils. Je ne sais vraiment qu'y répondre : elle me demandait de bonne yb^ des renseignements queje ne pouvais lui àoxmerde bonne foi, sans risquer de desservir un camarade. J'ai mieux fait, je crois, en décidant celui-ci à aller voir sa tante. Il part demain. Il étaitici, à ce qu'il prétend, sur le point de faire fortune, et il fait uu grand sacrifice à sa reconnaissance de neveu en partant. Sa fortune, inexplicable pour moi , consistait à fonder, par ac-;

ou ARLES ET PARIS. 4^*

tions , un nouveau journal sous le titre de Gazette

des (i)

» Il a peur qu'on lui vole son idée en son absence j mais il part : le fait est qu'il était assez mal dans ses affaires depuis que , par considération pour sa tante, il avait rompu toute liaison avec le théâtre. »

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