CHAPITRE ït
Mobervitle premier commis.
vj'ôldiikÈ ces sortes d'aecidens ont tou« )Out^ un coté plaisant , que le plaw fiant mené au ridicule , et que Je ridi-> cùlè edt éè que les Français craignent ^àr-dessué toutes choses, Roberville était un peu embarassé en rentrant à sôii logement deTEstrapade. IJn père^ une mère, une sœur, sont toujours empresses de savoir pourquoi et comment une aussi proche parente est dis-^ parue» Les îndilTérens mêmes se font ùh malin plaisir de pénétrer ces sortes d'aventures, qui alilmentent la conversation pendant une demi-heure^ et c'est beaucoup , dans un siècle où; oh à si peu de chose à se dire, qu'on est réduit à une bouillotte où à ua Moston.
a3a MONSIBU&
Roberville sentit donc qu'il ne pou* vait cacher ce qui venait d'arriver, et il prévint les interrogations, afin que le lendemain'il ne fût plus question de rien. 11 s'étendit avec complaisance sur les détails de son combat avec Vercourt ; il allait le tuer infaillibletnent , si le respect du aux ordres du roi n'eût retenu sa main. Maman Percevûl trouva fort étrange que le roi daignât se mêler de ce qui se passe dans l'intérieur des familles. Elle prétendit que /dans de telles circonstances, c'est au mari seul à invoquer l'autorité; mais que tout mari qui prend ce parti est un sot, parce qu'il donne de la publicité à une chose si ordinaire y que personne n'y prend plus garde. Elle conclut à ce que Roberville réclamât sa femme , qui ne devait pas être aussi rigoureusement punie pour un acte de tempéraménj:.
Roberville répliqua que les actes de
P* naBERTlIiLB; i55
icmpéramant pourraient se multiplier^ et qu'il u^en voulait pas courir U chancjs ; que ce n'est pas d'ailleurs \ê nombre , .mais le genre de l'acte , qui constitue le. cocuage.; qu'il se tenait pour, être aussi bien cocu, que s'il eût épousé madame A.... ou madame F...»
et que sa faible moitié resterait où elle était.
Ce raisonnement ne persuada point maman Perceval. Elle continua la discussion ^ et distingua les différentes nuances du cocuage, avec une précision qui annonçait plus que de la théorie : Roberville fut inflexible.
^Jaman . Perceval observa alors ; avec beaucoup de sagacité, que puisque sa fille cadette manquait un joli homme et un million , elle devait au moins, en mère prudente, assurer leSi droits de son aînée. Elle enjoignit en conséquence à M. Perceval , d'aller le lendemain prendre hypothèque pour,
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milte écus de rcvefii^ ^ àû tû)ntal ^ iôixàiite mille franc» , dti dbuàiîîé a!^ taré à miadame die Roberville, fàt »oâ centrât de HÉariage. Rèberville VéSrïà quUl était bien dur de vtAr eô^agè^ Son bien en faveur d^u&e fcUkttàé iUfr dèle^ qai iie lui avait rien apportée fl i'éteùdit swr la rîgamir^ siir Pi^dé^ cence d'une telle mesure. Maman j^éi^ éeval répliqua que les lois ^tit lôu* jours respectabkid^ qu'at>eun icàft tté dispense de les obseirrer^ et elle fiêti inflexible û son totir^
Un événement plus im môittl^ f&^ cbeux^ forcié touiou^scelui qu'il frarppè àxin retour su!r lui-mémè. Robet*V]iley qui réfiécbissait trop tard ^ mais qti pourtant réfléchissait quelquefois^ pensa que ce n'est pas tout d'être dé^ &it de sa femme ; qu'il edt bon àtt^l de se délivrer de ses créanciers* LcM intérêts deb intérête grossiraient cbi-^ ^e jour la masse de ses dçttts^ pài^tte
bit &oBÈliVktLE. ï'5$
qu'il Àe payait persohtie > d'âprèi ùhè mson fon rintipld, t'est qu'en n^àbàaé^mâe t>as lé quart de sôH rèvehu^ ^aââ èu n'a ^e doute tûillë livrei de ï'^té. Il fugéàît ejCi ce itioméïïl^ qû^il yaut mieui i*étiottcer à la partie qu'au tdùt; et cotiitfte il était àûtei neiif eu affaires y que, familier aVèè tous les gem^s de dissipadôti ^ il fut êoiisukèr SUIT les formes à suivre , sôii draele ordinaire y M. de l'Oseraié.
u Mon ami y lui dit celui-ci , il est i^ inutile de revenir sur le passé x oc-* y^ cupons^nous de l'avenir. L'outrage )» que tu as reçu y est de Ceux qu'un n homme d'honneur ne pardonne ja- )» mai^. S'en trop affecter^ serait d'une it dupe : femme qui trompe , ne mérite )i pas un regret. Y paraître insensible^ jk serait d'un câeur sans délicatesse, et ji quelque parti que tu prennes , on* D rira d^abôrd : c'est à quoi doivent.
^ s'attendre toué les maris qui se troUr
l1X> " ,.. MONSIEUR ' i
» mais lé public nç paeprisfi c^e cf^iMk » qui autorisent Ip, d^régl^p|ei3it . .dç> >> leur femme, par^v^e j^l4che |i>99»p y> ciance. Ujpi^e dignUé.çal^^ ' » chie te con(çiiier^|e^^$prits, si,4'/lÀl^ » leui*s ta conduite est sî^ns reprochg ^ 7> ce qui drépend entièrement dç toi., : » Commence par paycjijitjes, jettes,:
)) Il est "honteux de[ devxî^p ^; surtout, » quand on pqut s^'acquitter. Le teste^ )) de ton bien sera plus que suffisajUt » pour assurer le douaire de. madame- » de Rpbéryille. Hypothèque cette- » dernière partie; .m ets-tçi dans Thevi-^^ * y> reuse impuissance d'en.^isposeï\* . ;
» Tu ne concevaispas, djt-tu^ qu'qn^ » pût vivre avec neuf mille liv;:es de y> revenu. Concevais- tu davantage^ fi qu'on lût ricbè avec cent mille écu& y> de rente, ne sachant pas seboi:i^er^, y> et dépensant tpu jours aU-d^l^ des >) produits ? Mon ami^ îlçst bieij.rar^
DE ROBERVILLE. l5j
» qu'un homme oisif ne finisse par se » ruiner. L'art de conserver sa for- » tune est plus difficile qu'on ne pense, , » et ceux qui ne sont pas nés avec un )) certain esprit d'ordre, n'ont qu'un y> moyen de prévenir le naufrage^ c'est » de s'occuper. Le travail éloigne d'a- » bord les fantaisies; il apprend la va- » leur de l'argent , par la difficulté de » le gagner; il devient ensuite une » habitude salutaire , sous tous les » rapports.
» Travaille donc , mon cher amî.
» Je t'en ai dent fois offert les moyens, » ejt je peux te les procurer encore. Le y> temps et l'expérience ont dû t'ou- • » vrîr les yeux , et j'aime à croire que » tii n'éluderas plus, sous les prétextes » les plus frivoles, des conseils que tu » demandes de bonne foi, et dont la » solidité .paraît te convaince. »
M. de rOseraie entra ensuite dans des détails nécessaires , mais que je ut
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rapporterai points parce qu'aujourd'hui il faut être sobre de morale > quand on veut se faire lire* Rober- Tille, ramené, convaincu par les raisonnemens de son alni , se seiitit tout* à-coup enflamitié d'une noble ému^ tion II forma le projet de se faire ci* ter comme un modèle d'applicalion.ci d'exactitude. De l'Oseraie , qu'il avait si souvent trompé , crut à la sincérité de ce retour, le félicita, T'embrassa > et l'envo}^ mettre ordre à ses affaii^e^ dome«ti<|ues.
Les deux doyens des maftres dl^ danse et de karppe, un^e femme-de<^ chambre et le vieux domestique fu^ rent congédiés, comme -gens au moins inutiles. Roberville garda sa cuîsr* nière , personnage toujoui'S essentiel; mais il lui prescrivit la plus sévère économie. Il quitta son appartement de l'Estrapade^ et força ainsi la famille Percevais qui devait lui payer uhc
Ï)E ROBERTILLE. l3g
pension^ et qui ne payait rien, à retourner dans ses champ». Il regretta l'amitié sincère et les agrémens deFélicité j mais il pensa que lorsqu'on a tra- Taillé tout le jour^ on est bien aise de doinnir la nuit, et qu'on peut se passer de la société d'une jolie fille, peutêtre trop séduisante* Il se défit d'une partie de son mobilier, notamment des ottomanes : il se rappelait la dansé de Flore et de Zéphire. Il vendit sa maison de campagne , dolit il né jouissait pli^is^ et qui lui coûtait mïBte francs, par an en frais de 'jai^dinage, ^oî- ^d'il ne mangeât pas une lajtue de sob jardin ; en réparations que son archiî^cte ne faisait pas, et en ii^pôts qû'ûh ést bie!û aise de réduire autant que pos* «ible. Le prix dé cent cinquante arpeiïs •de ses terres les plus médiocres compléta la somme dont il avait besoin, et il se retira à un troisième étage, rue Jean-Pain-Mollet, C'est là qu'il devait
î4o MONSIEUR
économiser neuf mille francs chaque année, parce qu'il avait décidé de vi- Tre désormais avec ses appointemensi Or, il est clair qu'il ne lui fallait que sept ans pour recouvrer ce qu'il avait dissipé en quinze mois.
La France était alors en guerre aveo la moitié de l'Europe. Lowendal venait de gagner la bataille de Lawfeld, Richelieu prenait Mahon, mais les Anglais ruinaient nos colonies.
Dans cet état de choses > il y a toii-^ Jours âçs gens actifs^ adroits > qm s'enrichissent en silence, et avec des apparences légales» Un M. Merlicourt venait d'obtenir Pentreprise dés vivres de la marine. On ne connaissais, pas, disait -on, de plus? honùéte homme. De l'Oseraîe lui-même en eût répondu sur sa tçte; et Merlicourt, en effets s'était toujours très-bien conduit dans des affaires commerciales , dont les bénéfices dépendent
DE ROBEUVJLLE. l4l
Qhiquement de la confiance publique.
. Un entrepreneur des vivres de la mariné doit ordinairement cette place à de puissantes protections^ et les protecteurs étaient chers en ce tempslà# On n'offre pas une boîte de bonbons à la maîtresse d'un roi ; et il est assez naturel de reprendre, à la première occasion , trois ou quatre cent mille livres qu'il a fallu distribuer. Il est naturel aussi que ceux qui les ont i^eÇues trouvent bon que celui qui les a données, s'arrange en conséquence.
Il est vrai cependant que, pour que les uns gagnent, il faut que les autres perdent. Ceux qu*on dépouille se plaignent quelquefois; mais ils parlent de si loin, de si bas, qu'ils ne sont point entendus j et ceux qui sont là-haut , " assurent de bonne foi que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes « possibles.
C^est à Merlicourt que de FOseraiè
parla de Roberville. li en parla chaleur. Merlicourt prévoyaU certaines circonstances où les offices des gens considérés pouri lui devenir nécessaires. Il saisit «mpressementroccasion.de s'att de l'Oseraie.Rober ville fut nomm mier commis dans une partie qi connaissait pas. Il en fit l'observi poussé peut-être autant par la p; €^vie par un mouvement de pr Merlicourt répondit qu'il était étranger que JÉloberville à son j i^istration , quand il l'avait ohu que tout s'apprend avec de Vh gence et de la bonne volonté^ et. < sjijet présenté par M. de rOs< devait être abondamment pour tout cela.
On a dit ^ il y a long-temps, mène les hommes en caressani vanité. Celle de Roberville lui su qu'il pouvait tout.f^^^e sans di
DE ROBEKVILLE. l43
l,iona et ss^ns connaissances. Quelques louanges encore, et il Sje fût chargé du gouvernement de FÉtat. Voilà donc le sort de nos braves marins , chargés de la défense de Chandernagor , de Pondieliéry, du Sénégal , de la Guadeloupe, de la Martinique et de nos côtes 9 confié à deux hommes, dont Tun doit voler , d'après les raisons exposées plus haut, et dont l'autre ne sait pas encore de quoi se composent les provisions de bouche qu'il doit fournir à nos.escadres« Ohl c'est une belle chose que les protections I
De rOseraie était trop honnête homme pour souffrir que son ami ac« ceptât cet emploi , s'il en eût connu l'importance. Il présumait, avec quelqueraison^ que Merlicourt, qui avait besoin d'agens éclairés , n'employait personne que conformément à ses forces. Il crut que la place accordée à ELoberville était de celles qui rappor-^
. MONSIEUA
tent beaucoup et qui occupent j une de ces places de faveur , cok il y en avait alors , et comme il en aura plus, bien certainemeni assura Merlicourt de sa reconi fiance , et Roberville fut installé.
Sa nomination ne fut pas pi connue, que vingt ou trente d< subordonnés accoururent dans cabinet , lui présentèrent leurs h mages et lui demandèrent sa pro tion. Jamais Roberville n'avait fêté^ honoré ainsi; il était encha; et tant que la conversation fut g raie , il la soutint avec une dignité xnable. Mais comme on ne [iasse deux heures à se louer réciprot nient, parce que la matière est bie épuisée quand on ne se connaît et mcme quand on se connaît , messieurs, après avoir prêté à Roi ville toutes les qualités, toutes vertus qu'il avait, ou qu'il n'î
DE AOBERYTLLE. l45
pas , finirent par lui demander ses ordres. Donuer des ordres , quand on .n'est au courant de rien , et en don« xi^er à trente personnes , c'est ce que le personnage le plus Impudent n'oserait f^ire. Robenrille , étourdi de sa ;posiùon , répondit , d'un air important » qu'il verrait. On {ui répliqua que le trayaii pressait ; *qu'on équipait à Brest une flotte qui devait mettre à la voile au premier moment , et qu'on ne cessait de recevoir à ce sujet des lettres de l'administration civile de la marine.
Roberville déclara qu'il se dispen« sait , en raison de l'urgence ^ de développer les vues qu'il avait pour l'amélioration de la partie ; qu'il s'occuperait de réformes utiles quand on serait moins Surchargé d'affaires ; <}ae chacun ràt & suivre avec activité le travail commencé ^ et à le lui soumettre chaque j^»i^ par extrait,
Des colonnes de chiffres en extraits!
c'esi ce qu'on navait pas vu encore.
Roberville croyait trouver deux avantages à cette méthode : d'abord il ne se fatiguerait pas à liVe des liasses de papiers ; ensuite il comptait s'instruire proraptement ^ avec ces tableaux ea raccourci ^es opérations générales.
)Lies premières notions acquises , il
.projetait de raisonner , ou de déraisonner de manière à n'être . cornpris de personne , ce qui donne beaucoup de poids à un chef et masque son ignorance. Bien des gens en place
.se servaient alors de ce moyen , et ne
.s'en trouvaient pas mal.
Parler de réforme à des commis , ou présenter de l'eau àua hydrophobe »
c'est. la même chose. Ceux-ci , déjà
• révoltés qu'un intrus eut enlevé une
. place à laquelle chacun d'eux se croyait (d^s droits certains , s'indignè-
. rent qu'il TOu ûl débuter par des sup^
DE ROBEBYILLS. l47
pressions. Robervitle uétail plus cet homme éclariré , équitable , qui devait apprécier et récompenser le talent de chacun. C'est un sot, disait celui*ci , en sortant, h son ami intime. C'est un ignorant , disait tel autre ^ un étourdi , un présomptueux qu'il faut faire sauter, chuchotait la masse.
Or , commeles amitiés de bureaux ressemblent à celles des couvents, un ami intime trouva bien vite un prétexte pour rentrer dans le cabinet du premier commis, li lui rapporta tres-exactcment les propos tenus ; il ne manqua pas de nommer les personnages , et Robervîlle commença son travail par inscrire sur se^ tablettes ceux qui lui avaient rendu justice.
Vous prévoyez sans doute que
le délateur était un de ces êtres qui
' ne sont . propres à rien , et à qui on
n'accorde un modique emploi que
pour leur épargner l'humiliation de
j43 monsieur ,
damandcr rauinône. Celui-ci , peiri 4'orgujeil et de basçes9e , prétendait à jusc :place dl^xi^wQ^ trouvait bous tous les moyens d'y parvenir;. e( il est rare que ces |;en$-Ià ne xéuss^çeut pjoint ; le plus sot d'^enlr^e f^nxxi'i^^fp pa^ que rawQur-prppre bïpS3é jx^ pardonoe jamais. Oa v feint de se x^ftxris aur dessus de l'oairage; on accneiile ;2néine l'offenseur ^ qiaisajgi pins léger «prétexte , qn J'immole ^ inf^lgn^ soi, AU h'}Gn puJJiç. iQuje 4fii ^ei^geanççs 4)^rtju:jtflicres.aseçvi ce: grand ropi !
Qu'on châs&e seulement ^p|i à i^ujt
çcnployésipar an, pensaii Ourocher ,
ffçtil tCsA indubiiable que imon trf^i^-
: ment ^augmentera prpgressivement :
monsieur lepr^emier çax^misi^çie doit
lirpppavir.meur^ des. bornes .à s^ re-
4;pnnaisisançû.:Ëu ^ffet RoberyiUe/at«
^tacIui.iqi¥QLc>ntiaire]9peînt àfi:^t Hpo^^me ,
eiktqut ^xji^pEMestwi qu'il 4lait inç?-
|>a)»}ci 4e i?^im}iMHi(m , i^ éloignait
DERasxavxiiLE. i49
de lui les soj^s qui pouyiûeBli Tëolâiter ; il donnait, sa confiance à œhni qui leâattaît servtIisnMnl« Huit jou#»
B étaient pas écaulés» qu'il lui annit ûvovtésan ignorance ahaolue , et qu'il hiî demandait des conseils. Durocher »
lont inepte qu'il était , en savait plus qne lui. AoBervillc; admirais ses rarta connaissances f Duroc&ei! ccoyatt sa fortune, faite.
Pendant c|ae Bk>bettilk. suivais la iM>ie la moins propte à rinstniiiey al ^ner sas comniîa a'étndiaiani^ à am^ bnaûUAD de plus ent plus la besogne y 11;, de la Galifisoniëre « qni avait battu l!amira) Bîng devant Minoarqoe, et qni se flattait , arec quelque rakoUf d'obtenir de nouveaux amaotages^ s^indsgnait à Bnest de la lenteur des peréparati£». Uadiainistratiop cilnle de kri marine écrivait à FenlrepreBear gé* uércd des. viTres : It chef d'eseadres^a^* drei^sa directement au ministre.
i5o KoirsisuR
Le ministre sentit combien sesplain* tes étaient fondées. Il était naturel qu'il parlât au roi de la manière don^ il était ^ervi; qu'il lui fit connaître l'ignorance ou la fripcmnerie de ses agens subalternes. Mais Merlicourt avai( été placé par madame de Pompadour, à qui on ne déplaisait pas impunémenu Elle eût détruit avec un mot les impressions qu'aurait reçues le monarque. C'était vouloir se perdre sans remédier à rien. D'ailleurs , les ministrea de. ce temps-là tenaient plus ^ leur place iqu'àla.gloire delà France.. Gdtti-ci se. tut , Jes Anglais bloquèrent le port de Brest» et Merlicourt trouva le mojreu de se faire, payer les fournitures qu'il n'avait pas faites.
Le marquis de la Galissonière accourut en poste à Paris. li jetait feu et fle^mmes. Il ne parlait que de faire pendre l'entrepreneur des vivres et de culbuter le ministre. On lui insiima
DE ROBEIVVILLE l5l
qu'il y avait une Bastille pour les cau« seurs , et un conseil de guerre pour juger ceux qui désertent leur poste.
U était possible, en effet, qu'un coup de vent forçât les Anglais à s^éloigner de la rade de Brest , et qu'on attribuât à l'absence du chef l'inaction de notre flotte. La Galissonière s'en retourna aussi YÎte qu'il était venu.
U était d'usage alors que les gens distingués par leur naissance on leur fortune , eussent des gens de lettres à leur table. Les uns payaient en espèces , les autres en esprit* Le niaitre de la maison leur savait bon gré d'en avoir pour lui , et ses convives lui témmgnaient plus ou moins d'égards , selon que sa table était plus ou moins bonne.
Les grands seigneurs recevaient ce qu'il y avait dé mieux à l'Âcadémié ; la haute finance admettait \e fretin de' cette illustre compagnie , car ihe glisse