‹ Monsieur de Roberville (volume 2)Chapitre 18 sur 24 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Rober Saille perd 9on emploie

Le lendemain ^ le duc , ivre d'amour et de bonheur, avait été trou- Ter le comte de Saint- Florentin. II lui avait représenté que s'il était juste d'enfermer les femmes titrées qui manquent à leurs époux , il était cru/el d'étendre celte mesure jusqu'à des bourgeoises jolies et complaisantes , qui ne peuvent pas se mésallier^ et qui donnent même souvent des enfans nobles à* leurs marîs. Il demandait' ce que deviendraient de jeunes seigneurs mariés par des raisons de convenance , si on leur ôtait tous leurs moyens de dissîpation.

» Il faudra donc que nous partagions, » avec des financiers , des filles 'que )) nous ne pouvons pas payer cornme

Sa MONSI£t7R

j> eux. Un duc et pair de France, ri- » val d'un fermier géuéralICelaserait )> absurde , choquant^ mon cher }} comie. Soutirez que les bourgeois » soient cocus : ils sont faits pour 0 cela. M

Le comte de Saini-FIorentîn n'a-* vait rien à répondre à des argumens de celte force-là. Très-bien lui-même avec la duchesse, il saisit Toccasion de s'insinuer dans les bonnes grâces de l'époux; elles ajoutent les grandes entrées aux petites; elles multiplient les occasions; elles aident à tirer parti de toutes. Le comte signa la révocation de la lettre de cachet qui pesait surMad. deRobery.ille.Cestla première gVace qu'on avait obtenue à la cour précisément pour être rolurier.

Dès ce moment, sécurité entière.

Madame de Roberville fut établie dans la petite maison du duc; un de ses carrosses ^ un coclier et un la*

DE BOBERVILLE 53

quais furent mis à sa disposition , ce qui n'ajouta pas un sou aux de« penses journalières de J'amaut. Il joignit à cela un trousseau de dix mille livres, et mille francs par mois; ce qui n'était pas cher; et comme ir^rtaines femmes changent de nom »

quoiqu'elles ne puissent compromettre le leur , il fut convenu que celle-ci s'appellerait madame d'Atys.

l^adame d'Atys était assez satis** faite de sou sort. Le duc lui plaisait assez, sa voiture était assez belle ^ ses laquais assez bien faits , et elle avait assez de mille francs par mois, pour elle, assez modérée , pouf une cuisinière assez bonne, et une feoime de chambre assez adroite. Gepeadant l'uniformité et le bonheur ne s'accordent pas lo/ig-tems. Il est fort ennuyeux d'être presque toujours vis-à-vis de soi - même, quand on n'a pas d'esprit , pas de talens , et qu'on n'entend pas ce qu'on - lit»

54 HONSIEUR

Madame d'Aiys s'était fort bien trouvée de sa fugue à l'Opéra avec madameThoraasseau : elle eut envie d'y retourner. On n'y trouvé pas»

toujours des mousquetaires ; mais il y avait alors des clievau - légers , des gendarmes d^ la garde , des gardes-du-corps. Que de ressources pour les femmes-filles ! Elle part avec sa femme de chambre , confidente née de sa maîtresse , comme toutes celles qui servent des femmes de celte classe , et même d'un rang plus relève. "{

Madame d'Atys avait pris goût à

répé^, et elle eut le désagrément de ne pas trouver ce qu elle cherchait. Mais un jeune conseiller au parlement lui prouva que la robe a aussi ses agréables; et coi^me Mad.

d'Atys n'était pas fine , celui-ci sut au bout d'une demi-Feure quHl était auprès de la maîiressse du duc de***. • .

DE «OBERVlLtE. - S5

Of , comme une femme entretenue, n'inspire pas beaucoup de réserve , le jeune conseiller lai dit qu'il l'aimait , ce qui était faux , qu'il la desirait , ce qui était vrai , et il finit par la prier de lui donner à souper. Madame d'Atys répondit , avec sa naïveté ondinaire , que M» le duc ne venait jamais le mardi , et que sa femme de chambre introduirait M. le conseiller^ quand ses gens seraient retirés. M. le conseiller pro* mit amour et discrétion : c'est la règle.

Il fut exact à la minute. Mais re-»

pre&oûs les choses de plus haut.

Le duc était rigide observateur des bienséances. Très -amoureux de madame d'Alys , il ne lui donnait -cependant qtre les radmens qu'il pouvait dérol>er à la duchesse , sans manquer aux égards qu'il croyait lui devoir, La duchesse profilait de ces absences » et regrettait qu'elles ne

fussent pas plus fréquentes. M. de Saint «Florentin, dans sa première ferveur, se dépitait d'être réduit aux lundis , aux vendredis et aux samedis; et comtne il n^est pas d'amans qui ne cherche à écarter, par des moyens plus ou m'oins honnêtes , un époux incommode , M. de Saint-Florentin voulait faire avoir au duc l'ambassade de Berlin. Il machinait cette affaire avec la favorite de Sa Majesté , qui lui devait quelque reconnaissance , parce qu'il était le très-humble serviteur de ses fantaisies. Voilà comment se distribuaient alors les grandes places. O le bon tems , le bon tems ! regrettons - le . donc bien.

Pendant qu'on intriguait à la cour pour coiffer un mari une fois ou deux de plus par semaine , on intriguait plus simplement y mais aussi sûrement à la petite maison du duc.

' Lafemmedechambre^mademoiselU

BK BOBERTILLK. - 5']

Zulime, moins jolie que sa maîtresse^ mais très-piquante , avait jugé à propos de s^arranger avec le cocher et je laquais. Elle, les trompait ^alternativement , et elle menait cette double ^intrigue avec une aisance , une grâce xju'oïi ne saurait trop admirer. Sa^ns cesse elle disait uQpeu de mal de Laileur et de Champagne k sa maîtresse , dont elle avait pé^

* nétré la facitlité , et elle avait grand soin de s.e mettre en tiers quaiid madame parlait à l'un d'eux.

A ses petits intérêts prêts ^ made- ^moiselle Zulime était fort équitable»

Elle jugeait que le duc ^ avec soii itiquette et ses quits conjugales , ne suffisait pas à une fmime de vingt* un ans. Elle avait instruit mada4[ne d'Atjs du grand principe : qui paye doit être trompé .Mais il entrait dans

V son système que madame^ ne pr}t que des amans d'une certaine classe^ parce que ces amans-là savent reccn-^

53 M ON s t EUE

naitrc les veilles , l'adresse et la discrétion d'une femme de chambre, et qu'il faut que chacun vive de son ihéiîer^Elle avait donc jugémonsiear le conseiller un homme trcs-soriable, et Tavait aide de tonte son inflence pendant une demi -heure qu'avait duré la négociation.

Et pour que Lafleur et Champagne n'éprouvassent pas de velléités qui eussent gêné ses jïianœuvre» xhyslérîeiises , elle avait été passer un quart-d'beure au grenier à. foin, et elle avait attiré le laquais dans sa chambretie. Deux bouteilles de vieux Bourgogne avaient été ajoutées k leur ratijon ofdinaire , et avec ces précautions , Zulifne pouvait espérer

que ces messieurs dormiraient : pas du tout.

Madcmoîselfe Zulimc donnait régulièrement et alternativement los tmits d\nbseriçc de monsieur à Champagne età Lafleur. Elle peifsùjadiait a

BE ROBEftTiLLE. Sq

celui qui couchait seul , qu'elle faîsait la lecture à madame , aiiaquée

depuis quelque tems d\ine iusomnie indomptable , et elle les avait armés l'un ooutre l'autre d'une défiance qui faisait sa sûreté : jusque-là , tout avait étébien*

Mais le cocher qui devait être de service celte nuit*là , n'était pas de ces hommes qui se calment comme Tin petit-maître. Zulime l'avait écouduit sous des prétextes assez frivoles ; il avait eu de l'humeur ; l'humeur mène au soupçon , et enhardi par le bon vin , il élait venu ^^couter à la porte de madame. Il n'avait rien entendu , et il était monté chez Zulime qu'il n'avait pas trouvée. 11 va , il vient, il cherche dans tous les recoins; enfin il entend itiettre une clef dans la serrure d'une porte de derrrière.

II approche sur la pointe' du pied ; il 5e cache derrière la porte même

Çbampa^e n'es, ni? ''''"'°»'«-

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DE R0BERy4LLE. Gt

serait plus sage de commencer parla ; mais les hommes ne sont pas faits ainsi. Lafleur et Champagne appri** rent que M^'^ Zulime était bigame , comme beaucoup d'autres; ce qui ne les étonna point, ce qui même les affecta peu : entre canaille on s'arrange. Mais ils furent réyoltés que Zulime osât leur donner un adjoint à qui son opulence apparente assurerait bientôt la prééminence. Zulime s'imagina que la vérité serait crue^ et elle la dît toute entière. Le cocher lui répondit énergiquement qu'elle en avait menti ; qu'elle n'avait pas de raison de leur cacher cette in-* trigue , si ele existait , parce qu'ils devaient irouVer tout simple qu'une catin fit son métier. Zulime répondit que le secret de madame n'était pas le sien. Le cocher répliqua qu'un secret de cette nature ne :se cache pas à des gens qu^on aime, parce qu'il peut avoir des suites désagréables,

62 KOKSIEUR

lells, par exemple, que la scène qui venait de se passer. Zalime , ayant épuisé touê ses moyens de persuasion y invoqua le témoignage de sa maîtresse 9 que la peur avaii pelotonnée dans son Hu M*?' d'Atys se trouva forcée de justifier Zulime ou de-s'en défaire; et comme une femme de chambre adroite est une chose de première nécessité pour une fille, M™^ d'Alys se cjécida à la garder, à avoir deux coiifrdetis de plus , et à' payer le silence II est fâcheux d'être obligée de traiter avec ses gens, et de vivre, pour-ainsî-dire, en société avec eux. Mais il y a Yéellement si peu de distance d'une femme entretenue à sa servante ! Cest ce qui l*end la prcftiière traiiable, et ce qui console la seconde de la nécessité d'obéir.

Il était probable que le conseiller jQserait , que ses propos deviendraient publics ; et parviendraient

Dï ROBERVILLE. 65

jusqu'au duc. Or, si en payant on peut craindre d'être trompé , on n'aime pas à en avoir la certitude.

Si dou^e mille livres de rente ne sont pas un sort brillant, une fille modeste s'en console, et elle est

bien aise de les conserver en

attendant mieux. Le conseil assem* bléj le conseil était composé de madame , qui présidait, comme de raison ^ de sa femme de chambre , qui faisait l'office de secrétaire, et de Champagne et deLafleur, quirépondaient , lorsque madame leur demandait : qu'opinez-vous? Je copine comme Aia^iame.

Le conseil asiâemblé donc , madame cdpihe c[y\\\ fallait prévenir le conseiller. Elle écrivit au duc, par sou secrétaire , qui écrivait mieux qu'elle, qu'un importun l'obsédait depuis quelque tems; qu'irrité de se Voir renvoyet des billeis , qui n'avaient pas été lu^ , il s'était abau*

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donné aux plus coupçibles excès ; qu'il avait porté l'audace jusqu'à entrer dans son arricre-scour^ à l'aide d'une fausse -clef; mais que son coeber* et son laquais qui faisaient la ronde toutes les nuits ^ l'avaient étrillé de mapière à ce qu^tl ne repaiùt de long-tems; qu^elle suppliait M. le duc de la garantir de sembla* bles entreprises ^ en menaçant le petit conseiller Dubourg de son^ndignation.

Le petit conseiller, qui descendait directement du fameux Aune Dubourg, mais qui ne le valait pas, était cependant fort aimable. jLe duc sut très -bon gré à s^ fille du sacrifice qu'elle lui faisait ; et, pour lui témoigner sa satisfaction, et la maintenir dans le chemin de la vertu ^ il lui envoya une paire de girandoles.

Vou«' riez de ce mot vertu! Mais^ cbaque profession a la^sienne. Celle de l'usurier est de rendre exacte-

DE EOBEAYltLK. 65

ment le gage sur lequel il a prêté à cinqaante pour cent. Celle du voleur consiste à ne rieu distraire du butin.

Celle d'une fille est de n'en pas avoir, mais d'être fidèle au propriétaire du jour ; et, à cet égard-là même , bien peu de filles sont vertueuses.

Cependant, le conseiller n'avait pas envie de parler des coups de fouet qu'il avait reçus : on lie tire pas vanité de ces choses -là. ^Mais, deux contusions en croix, très-distinctement marquées sur un visage^ sont des preuves parlantes d'un événement extraordinaire, auquel il faut donner une tournure quelconque.

Le conseiller voulait se venger du tour qu'on n'avait pas pensé à lui jouer, mais auquel les apparences lui faisaient croire. 11 avait son amour* propre à ménager ; et comme les faits les plus simples sont les plus vraiseinblables, il dit à messieurs de la grand'cbambre , qu'il était au

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mieux atec une femme charmante que le duc de*** cachaii dans sa petite maison ; qu'il s'était introd^uit par u|ie porte^de derrière, dont on lui avait donné la clef , et que , marchant sans lumière, pour tromper la-vigilance des domestiques, ii était allé donner de la tétc sur un bras de cheminée , qui lui avait meurtri" le visage, ce qui né lui avait pas empêché de passer une nuit délicieuse.

Bientôt tout Paris sut que le duc avait une maîtresse très-jolie et.trèsfacile j c'est ce que voulait notre^ conseiller : ii comptait bien que le' dépit ferait chasser M***. d'Atys. Bîenlôf la duchesse fut inlruite , et elle se disposa à tirer parti de cette découverte. Elle commença par persiffler son mari sur l'infidélité de sa belle. Le trait glissa : le duc était prévenu. Il savait d'ailleurs que l'épouse est toujours disposée à calomnier la maîtresse. La duchesse s'échauffa

DE ROBERTILLÏ. 67

par dégrés. Elle parvint à jouer une scène violente. Elle rendit, avec assez de vérité, la jalousie et le désespoîr, et è'est ce que le bon duc redoutait. Il entreprit de la calmer de la meilleure fo'i du monde t£ elle le repoussa. i

Une femme est bien forte , quand elle a couvaiucu son mari d'une faiblesse. Il perd le droit d'éclairer sa conduite, et même de se plaindre de fautes <|ue madame lui reprocherait d'avoir provoquées. La duchesse et le comte cessèrent de se contraindre/Ils se bornèrent* à sauver les apparences , et le duc ne fut pas ambassadeur, parce qu'il n'était plus nécessaire de l'éloigner, depuis que le petit conseiller avait parlé. Quels grands effets résultent quelquefois d'une petite cause !

Tout ceci s'était passé à l'époque ou Merlicourt , long-tems incertain

66 xovsiEira

entre le mariage et l'amonr illicite, venait de se décider en faveur du dernier. Le duc , toujours réservé dans sa conduise, n'avait pu, disaiton, être séduit que par une femme d^une rare beauté. Quel honneur pour un financier, de la souffler à un homme de ce rang! Merlicourt ^ avait demandé une entrevue, et ses propositiops préliminaires furent si sonnantes, que M"**. d'Atys ouvrit lès oreilles et sa porte. Champagne etLafleur, prudemment avertis cette fois , se tinrent à l'écart , et^Merlicourt trouva M"**. d'.^ys au-dessus de l'idée qu'il s'en était faite

Uu hôtel est acheté au nom de la belle; il est meublé magnifiquement.

La toilette renferme un écrin de cinquq^nte mille francs, et Iç secrétaire, le premier quartier d'un traitehient de deux mille louis. De jolis chevaux normands sont à l'écurie; un

ft

DE liOBBRVILLB. 69

carrosse, verni par Martiu , est sdus la remise. Tout cela est pris 'sur U subsistance des matelots ; mais , qu'importe que des matelots" souffrent ^pourvu qu'une fille soit dans l'opulence ?

M^^. d'Atys sortît un soir de che»

elle, n'emportant qiie ses charmes et ses girandoles : le reste ne méritait plus son attention. Le duc trouva une lettre bien pathétique, oii on lui disait quW était inconsolable d'avoir jeté le trouble dans sa maison ; qu'on sacrifiait l'amour le plus vrai au retour de la paix conjugale; qu'on s^éloignait en génvssant, et qu'on n'avait pu se refuser la satisfaction de garder uiie n^rque de sa tendresse : c'étaient les girandoles.

Le duc, désolé, d'être brouillé avec sa femme , .plus affligé encore de la perte d'une mai tresse accomplie I dont la délicatesse lui parais*

rjD M pW SIEUR

sait sans exemple , le duc se laissa enira^cœr à la comédie française^ par ua ami qui voulait le distraire d^ " tant de chpgrips. Le premier objet quifrdppa ses yeux, fut M°*®. d'Alys, très - consolée et chargée de diamans. Furieux d'être joué avec celle >mpudence^, il sort de sa loge , il otnarche à grands pas vers celle de la perfide ; il va éclater ; son ami l'arrête avec dçux mots : un grand seigneur qui se rend ridicule , perd sa considération sans retour.

Le duc retourna chez lui. Revenu j$incèrement à sa femme brillante encore dé jeunesse et dattraits, il tenta tous les mayens de reconquérir ion cœur.^EUe répondit constamxnent qu'elfe naurait plus rien de commun avec un homme qui avait exposé sa santé, et elle rit jdans les bras du comté > de sa douleur et de fi«a crédulité* ^

DE ROB'liaVILLE* 'J l

. Merllcourt conserva paisiblement sa conquête. Il en jouit jusqu'à satiété i et voilà où en étaient les choses , lorsqu'il invita lloberville à souper.

Robjerville , eu entrant , reconnut sa femn)e , plus formée et plus belle <]ue lorsqu'il s'en était séparé. Soa premier mouvement fui celui de la .

surprise : l'amour-propre le ramena .

aussitôt à là réflexion. Il pensa qu uu mari jpu« un sot rôle en présence de l'amant avoué de sa femme, et il se contint. Il se flatta que madame aurait assez de bon sens pour dissimuler aussi. Il se trompa. Elle se tulj à la vérité ^.par un autre motif. Elle avait tremblé en voyant Rob.ervillc. Son imagination , assez paresseuse , lui avait vivement retracé une suite de désordres Sur lesquels la femme la plus aguérie n'est jamais sans une sorxe d'inquiétude.

72 HOHSIEÛa

Elle voyait son couvent; entendait crier les gonds et les verroux. Lair aisé et mâmc galant de Roberville la remit par dégrés : elle finit par croire qu'il ne la reconnaissait pas.

Merlicourt avait remarqué da trouble. Il Taltribua à la vue d'un très- joli homme ^ qui fait toujouH son effet ; et il s'y arrêta peu , parce qu'ail n'aimait plus* Il espéra même que celte liaison naissante prendrait une tournure assez sérieuse, pour lui donnM un prétexte honnête de rupture; car enfin, un galant homme 2ie quitté pas une femme comme un ivrogne quitte une bouteille vide; et quelque riche qu'on soit, on ne ie soucie pas de donner, par an, quarante-huit mille livres , qui ne rapportent ni plaisir ni honneur. On se mit a table. Le souper fut très*gai. Roberville regardait sa femme , lui adressait de fort jolies choses ^ auxquelles

DE AOBERTILLC. ^5

l|nelles elle répondait assez bien. Elle avait retenu de son mousquetaire et du ,duc. une cinquantaine de phrases pi*qnantes qu'elle plaçait heureusement ^ et sa beauté faisait valoir les idées or** dinairès dont ielle se servait pour ame* nef U. trait. Robçiryiile était étonné , charmé , ravi. Parbleu , pensait-il » il est bien ex^jraordinaîre que tout le monde. couche avec ma femme» exr cepté moi. Po^rquoi ne n^e mettrais* je .pa3 aussi sur les rangs? Que de cocus je ferais à la fois I * .

En vérité , pensait la petite femme t aucun des hommes que j'ai eus ne vaut mou mari. J'étais enfant quand je l'ai pris, et je n'ai pas su l'apprécier. Merr licourt m'ennuie. Pourquoi ne lui donnerais-je pas pour adjoint mon mari tout comme un autre? llaime les femmes » il ne me reconnaît pas , il croira à une bonne fortune. Et le

1^4 Ma]lSl£XJR

pîeâ el le genou- cotiuneiicerem à )Ouer départ et d^àntrek ' Une jeiiiie personne bi^o inaocefite , bien timide, contei^u^.papJi^préiMDQe de sa mère ; n'entend pat la don^ pression que Paveu d'un - amour boa* néte ; et lopscfu^blk f répond , leHt veut dire seulement :- Demandez^ ma teain à maqian; je ne désire qtie d'être à TOUS* Un coup de genoa donné et rende ent^è une femme galant et oa bôikime qui a de l'usage , si^ifie tout auti^e chose, il s'exprime si positive^

ment , que Rdberville sortit , sous je

ne sftfe^ quel pi^texte ; et il fut dire à la fîdëlo Zulime : ir A minuit , je seriH » ici, — ^Mâ.dame y consent ?^ — ^Regar- * dez^imoi.-^Madame doit consentir.»

Roberville rentre* H amène la conversation aurrâdministration des rivrcs de la marine. Il a l'air de se rappeler une opération importante , qu'il doit terminer le îehdemaiu de très-bonne

IlE ftOBERVILLE. «yS

heure. 11 presse Merticoart de se re^ tirer et de le retnevtre ckez lui. Merlicourt se rend , et part , convainca qaérl^siairedoni parle ftober?il)e peut se régleii â^midi comnie à huit heiire^^, et qu'aîcsi , â y a intelligetice eàti^ lui 1^ madame d^Atjs% Il se propose de les surprendre , de jouer une scène^^ et dlaHer cherefrer à TOpéra le plaisir du obai»g8niexii.

Ihivtétbil que dii heures et demie lorsque StofaerTiUe rentra cbes lut.

Unegra»ide1ieure devait s'écouler encore a?ant l'instant du rendez -vouf.

A quoi l'eniploka*t-îl ? Il s'occupe d'abord do bonheur dont il va jouir :

telle est k marche d/e la passion. Son imagination rapide lui peint une nuit tout entière , ei le conduit jusqu'au réveil. C'est ici que la réflexion continence , et que le jugement pèse les eonséqi>ences de cette nuit,

4( Inseosé , que vas- tu faire ? L'iup

ji condalte de ta femme t'a forcé à ji l'assurer d'elle , el la auloriserais » $es désordres par un raccommode- » ment ioéviiable ! Elle s'en prévaudra, JI sans doute , ei quels seront tes droits 9 et tes moyens de réprimer des fautes » dont tu vas enquelque sorte te rendre » le complice 7 Ajouteras - ta , sans » rougir , aux débris de ta fortune le » produit de la honte de ton épouse ? » Te réduiras-tu ainsi à tont voir, à » tout supporter 7 Au ras -tu la lâcheté » de te déshonorer à tes propres yeux » et à ceux du public 7 • . . . Non. Ma » femme est jolie , à la bonne heure.

« Mais il y en a trente dans Paris qui » la valent , et qui ne m'ont pas fait » cocu. Cherchons une de ces femmes- M Ih t et abandonnons la mienne à sa % destinée. »

Roberville n'avait fait de sa vie ua raisonnement qui valût celui*là. Trèssatisfait do lui 9 il se déshabille , il se

BE ROBERVILLE. 77

coache. Il trouve soù lit solitaire , et la vertu difficile -, mais enfin il s'endort de ce sommeil calme qu'elle seule peut procurer.

Minuit venait de sonner , et ma* dame d'Atys commençait à compter les minutes : les fantaisies de certaines femmes sont inexplicables. Celle-ci .

avait repris un goût très*vif pour son mari , et elle avait contracté la douce , ou la malheureuse habitude de les sa« iisfaire tous. Trop jolie pour trouver des cruels , trop emportéepour attendre y elle se plaignait déjà de Finexac* ^ tiiude de Roberviile. Cent fois , dans un quart d'heure , elle avait envoyé la fidèle Zulime à la croisée ; cent fois Zulime en éuiit revenue muette, les bras pendans , et ^sa figure triste di« sait : Je ne vois personne. Déjà l'impatiente Rose avait donné uti cdup .

de pied à Zéphire i Zéphire était un petit chicurlion, qu'il fallait trouver

1$ XOHSIEUB.

charmant , et à qoi devaient ('adresser ks seconds cooipliaiens , qu^inio^eQtrait chez madame. .Déjà elle avait renversé et brisé un cabaret de porcelaine , tout aussi innocent que Zépbire. Enfin , n'j tenant plus , elle se met eile-ndême à celte croisée. « Im* » bécile f s'écrie*t-elle en donnant 9 un soufflet à.Zulimey vous ne iç » voyez pas collé contre ce mur , at?* » tendant avec une impatience égale 9 à la. mienne 9 que vous alliez lui *. ouvrir ?ji

. Zulicua.^ étourdie dd soufflet » te« nant sa jOuie à. dent mains , descend , entr'ouvre la porte > et.appelleà demi-* voix M. de RoberviUe* L'homme se détache du mur i il enCre » il monte.... Aladttme d'Atys est pétrifiée»:. *. C'est S^rlicouH*

, yinviiationdieZulireie cat une preuve Smps réplique deriofidélité de Sa belle. U lui rappelle les ser n;iens qu'elle lui a

fsûts f. )a coQ^auce qui] y 9 donnée, , son ampur cQnstaul., et ses libéralités. I|;,parlç déliscaiesse à uhq ftmme qui e^a connait à -peine le nom , honneur à celle qui n'en a. plus. Moins il est af- £çqié,9-.^plus il es,t.loiig : un orateur quip^fore.àjfrç^d ne sait jamais finir.

1| /conclut .enfin «n annonçant une pûptura éternelle.

S'i{ n'eut d^t que quatre mots , madame d'AjLys n'eût su que lui répondre.

Lf^}ongji|yi;Hr de la harafigite liii donna lûfjjfeuip^ de>se rempttre., jei, de troui^ér^ yme ,;()urntire décente k la ç^osq ^i^îJjéji^itile.fipfoins. l^e opposa à To- Mgfl 4:^6 fiAiïgTfri9Ji<l( ^i persuadp presque jfo^jôurs. Elle raconta tout ce qui $'^t§i;pa^$4 f^tre ell^et Rubqrville., à litoO^ptij^.p^pri^n^ de. la i£antai$iâ ^'iâiUi.,ffcy^iiti.eufri4?(P<>^cber avec iuî. ^Hfi Aju^il rveCônnu ^ifi^rnavi î elle avait lîl*^.fd&4out crajndce/ de*ba sévérité»

I^iJiti «,Yai( djQmaafld :une enij^evue ^

h2 XOirSIEUK,

tradictions : on quiite i^ne fi;aim€| on ne veut pas êtfe quj^té. L'amour»

propre ne se prête pas à cette idée, et si Thabitude tue le sentiàient , la contrariété , les obstacles le réveillent* Merlicourt presse, conjure. U offre sa médiation ton (e-puissante auprès deRoberville : c'est là qu-'pn Tatteadaîu

Madame d'Atys s'adouciu Le' -contrat est remis dans le secrétaire ; Mer« liconrt est admis da^ ce ^it oii il s^é« Viit promis de ne Jamais, rentrer , et qu'on ne comptait point partager avec k^i» U y çntre avec transport ; il y {^a^e une nuit d'ivresse ; çt le lendexnai9 il .envoie la plus jolie corbeille 4e,fteçif^s^;^u,ft)|iddelaquejlfi est ^n

O}^99Li^0^tp$nt co^t€t . tou)0^r§ quel-

« fa^rWé» > nftA^am* ^ dit. Zulime , « cé( tbf)n9a)pi0 4a est charmsoit? Vous 4 aff^^joM^ bî^i? iommt^ nu apge;

A/m^lt you^ 9L^^^ ]Qv^é gros jeu. S\^ 3| Mfi do>W«riiçpurt eût rçipris vos hî- *ij^^!fir yo$ attri;eâ .effeis ? — H, iie ^tlft) 90/^911 1 pM I ^ns' se rendre, li^ * tfrf4^. 4« *put j Paris. «—Mais -"enfi^ ,^ ^•^l^îW^Mi prise, a^u tpoi ? — Je.lai^ ^PW^sç arif^hé \ps jeux. -^ El si|^ AfjQOus^eùt hifisé déçhjrisf: l<s çpmrai ?, » 'iTTj Lq immute es4 chesi le notaire. — ^ JL. Je vois <|ue lout était pfévu. ^lais'^

*. .^*fl|5:5«ioî 1 SHL vous pdaîi^ V^^^Vl *)itWS §§rwiipe<»ent àj>oijs, reaieltrc^ *):*tv«q:K<xire i^««? ^^ .feil^îi^Ssjrolle ;, » ilifetelsifup.JÊe faijB^ofl'jrnpçrtf çpm-j ji.j9^i|l,:Tr ]6^i.y.ws,5Rine^çsç.ftJ[.^^dc 9 Merlicourt ? — Le quitter !. je pr^- »:tleiidpf ap €Q|iirftire 'in^ i^iépager au » nMpomoiQd^mexi^ par nioi^. — J'euj» topil^, — Mais cona^ent ^e jB|it-il que » Merlkottiît se soiif prouvé là , et que » HobefviUe' n'y ait pas été ? h- Oh ! Jt nifidafioe , p9à d'ainqt»r son? jalouj^ai^^.etM. d# MerJ^cogVi ui^B* de^

84 îlOKSISt7R

M Toas prouver combien il- est amou^ M retix. — A la bôtihe heure; mm » Roberville. . . -^ Hé , qui diâblé tû^ » tend rien à la bizarrerie des bdm^ m me$ ? Une affaire , un obstacle im-* » prévu , peut-être Faspect de M. Mer-> ^ liconrt. . . — '- L'aura éloigné , tu as » raison. Zulime?— Madamtc*? — Ap* M porte-'moi cette corbeille. —-Là Voici, n — Ouvre ce rouleau. — Après'? ^ » Prends dix louis. -^Ah l madame;..^ > Prends , te dis*je. Je më reptùtht M une vivacité. . • — Bien pardonnable » sans doute. A ce prix4à l' maldamé / 9 mes deux joqes sont à votre ser* » vice. »

Merlicourtet Roberville se reneontrërent dans leurs bureaux; « Mon- » isieur , dit le directeur général |iaprcs M avoir débité quelques phrases in^ 9 diffcreutes/vous êtes marré. — Je » le sais bien , moasieun •— Votre 9 femme n'a eu qu'un tort envers

S'fe A'OBBlttiLLB. 85*

» Wlt*. -i. fillte %h a»eA céirfi -^ Eflé » n'en a en qu'un , et vous le lai avéa;" »Mi «éxbtef. RééikUé'â ^i'^étader ,ii- » Tirée aiix faorrenrs du besoin, elfe* ji>a pn. . . -ii Tout' se peitneure.&k' ^•fa^ettr'de eè pr^ettè. t^ Sans dotrte

i seul' éiëd dùnC^Viiûiqiit cmie de »'ses derniefs écartai. G^est fort biea A conclure; Voyoïis , motisieur , où »-tOttlè2j-Votis en^miir ? — r Monsieur ^ ^i'Oâd. Voft^ ne serez pas plus se* ii>^ërb , ni plus délicat que de grands^ ir>8eigiieiirS' qui ;otit répris leuQS fem* jt'mes après des éclats aussi publics » que cëlm«. .-*« Monsieur , chacun a^ 3t sa manièt^t d<e« Toir et de sentir. Je A.ixie^suis' pas uni grand seigneur , et. 3t je ne repreç^dbrai pas ma femme. f^> M Mais cela est reçu. -^ Je.m'ent mo n^qae. -i^ Je vous en pri^..*?*« Je. nea' j» ferai rien, — Je le veux, r?- Je ne le^: » -Teux pas./— Je sauçai vqos j^con-^

j^ in'jr f(5)f cej^,i^9nsiwri*^=Saye?r«oii5, » a^o|9^«iijr ♦ijoe^e 4^ 4ç ***i «t, nioi » w! /pûnyonp ,.4éa>pMcer . 1^ çMtU X d'un petit^partif:iili§r içpmmç v|»as 2

» éitr<ïd«^.r(9iDerdm«p6^ -r~ Eofiof

Aviver foit hfaufeu^ qfrài^^itl^ iJid$s6i JÊL .ir#kiq»Ule ^ et :q»i^) jsimaU/i mtiààm^ » d'Aiys M siéra iandtitiévâtir Eolmr^

dei^iriii»e.,<iBt èUe^ écnmilÀ^OB.autsi^v ji- Vous T90ti9 âteB (expfi^éiikîer. ite^ 1» €èBir8mcn&av€€.niori,j3»^BTèc>le pEftd etJc g6nefi..'jr.ij ai rcpf)i»Au-4 .votro^ X atBrea d'«Hi&^ manâiefè pesiiaie. Yon»

» ma femme de chambre, et vousni^ » Tenez pas i Cela esi fort mal , moQ? » sieur. Accourez ce soir à minuit , 9 et méritez Toublî d'une négligence » qu'on ne peut pardonner qu'à un 1 aussi joli homme.

<c Alipnsi , disait RobefvUle , me » voilà placé entre ma fe^nme et 6oo » amant. Je résisterai à l'une , quolr » qu'elle nie tente furieusement. Mai$ » Tauire? Quelle f|ireur a -, t - il donc » de me remettre avec n^a femme ?

» Hc ! parbleu, li ve^v couvrir .ses » fredaines démon nom,»;et se door » ner le plaisir de me berner , cominç » l'a fait le beau monsquetaire» 1) » n'en: sera. rien » de par ^>u3 les dia*

a» blés Mais il parle :de m'y cpar^

» iraindre»,.. Hé 1 m'y voici, 11 est^qi ;» mieux avec le contnôletir général » et la maîtresse da roi. U: fera jur » tervenir l'autorité , et fera de n^oi I le bçnneau de Baa4ame. Jl faut lu

88 iroKSiZTjR

» prévenir , et }*en ai les moyens. > II sonne.' « Qu'on appelle M. Durocher.

tr Darocher , il y a long-temps que » je me livre à la dissipation et qne n je néglige les afiaires administratiji ves. Je vous ai confié mon projet » de reformer les abus , et de faire » fournir enfin à nos matelots une » nourriture saine et abondante. Je

> me reproche mon inaction ; mais » je la réparerai. Occûpous^nous ex- » clusivement^u bien de Tétat ; mé- » ritons Testime de la France entière.

» — - Et ajoutons de nouveaux béoéji fices à la gloire stérile d'avoir fait ji notre devoir. — Cette gloire est tout ;i pour moi , monsieur. — - Ah ! ce* » pendant I si vous étiez directeur gé-

> néral , et moi premier commis ?. . • » «-^Maisl'opéralion projetée pourrait ji nous mener là. Apportez-moi de- » main les notes que je vous ai de- » mandées il y a quatre mois , et sur*

DE HfbBXRTlLLK. 6g

» tout n'avances que dès faits positifs » qûie je puisse prouver jusqu'à Té* ^ vidence -» Oh \ j'en ai de qudi faire «pendre cinq cents employés. — Le 9 directeur général est-il du nombre ?

# -r- Il est en téfe du tableau.* -^ Tant

• pis', c'est un homme que j'aime » beaucoup ; mais la probité fait taire il en moi les affeciidns personnelles. Ji

Les noies étaient terribles • Les Qôm* mis des vivres de la marine avaient teçtt des fournisseurs de Brest, Tou- Ufà en' Kodbefort , quinze cent mille fi[^ano9 eti diac^huit moiif , dont ob con-^ naissait la répartition* Merlidour tarait touché cinq cent iniile francs pour sa pàrt^ qui devait être k plus forte , parce cj^^ii était chef, et qu'il ne: fai** sait rteii.1 Vingt mille aux premiérsr commis qui ne faisaient par grand**- ^ose , et lelanrplds divisé: lentré deux eenis euaployés sûrqùi roulait le tra« ?ail ; voilà la cause première qui met*'

tait les ^i^ip^g^iè Ifi yaclji^ au lieu de. boeuf r ^u eOQhoa kdre â«i liea dt béiei :wiae« I aurbisôuk de. 5eigte au UeitL^e froihmit , k Ut >piquet t# im Ikxk de vi^ I et à l'eaurd^-Yie de douae de^ grés, aa lieu de ybgt. De. Hk Ib i&é^ €W.le|iteiqeni 4 .les rtiurmares ispurds » la MgHgenbt ddus 'h tsery tce et le scdr« buti.;l>e làle^.rdAcke^'forcééa, pout rçinplacer pài^ dea vivres Jrais des Vi« Tce^ g^tés^ qu'il falkit )et«# à lamér^ Die l^^;l!mâc«kQnide m)s floinesy el l'ttlO|iire Âea iKnê«rf> a|)iix$lotoérbu» A^ ^i&. Deiilà!Jeâ(]|^mlds.{céîléTée$dà 91$ ,de k Gii)î«&i»îèveit dotH lès: lettres étuîwt anrétée) fttîiilefi premiers) dom^ 9ii$:db miDistère-dd lamàrihei» Delà

elkfia I ie! i sileaoe. dci certakiiibfficierfii ^iiftTeient leurUraèté'parVculter awQ tés :fouriiia^utrs; ' i:.'. r,i inj» '.•: •« > Ma» ! toonraîettt ëDk^raehflk* : fi^élAUfi^ procuré as éclaircissemeilsi 1 \ JDuro** cher^ intrîgantCf>H|nie taiitle6]iomriie$

DE ROBKRVJLLE. Ql

nuls, avait écrit aux commis $ul)j^lf* ternes des différeus ports. U avait vanté son amour du bien public » son erédit / iet. il avait promis un avaticç-^ ment rapide à ceux qui lui donneitiieut fies renseighemens ceriaios. Un coiti-»

mis qui n'avait pu voler que yingtt einq louis , et à qui on tn pr0m«ellait pinquant0 qu'il gagïierait légitimé''' ment , ne voyait que la gloire de Té^ jtat, y rapppr^it. tputes ses Vueâ » .et eàt calomnié |Ju tôt que de se taire^ Cbacun 4e ces messMura se; crojtafit « mv la parole ! de Durocber i Thommé d^ ladministratiQflfi , èi toits avaient travaillé avec udë ardèu^ tncroyablcf à 6e perdre muiuelLement. *'

Déjà les notes; étaient féJâ^éM en D^rme de mémoire bien clair,. Uèn fort ^.bien convaincant, filais IL restait une diflSiuhé , c'est que>ilbbenriiU avait touché ses vingt mille- francs comme les autres. 11 n'y avait pas là

92r MOUSIIUR

de quoi arrêter long-temps des hom* mes qui entendaient les affaires. Koberyille n'a perça que pour écarter la défiance des coupables , eî pénétrer leurs manœuvres. La preuve certaine* de son innocence , c'est qu'il les dévoile. Que répondre à cela ?

Nos deux hçnnétes gens jugèrent à propos de joindre à des pièces déjà trop convaincantes un témoignage irrécusable. Roberville écrivit à M. de * la Galissonière dans un stjrle convenable au personnage qu'il voulait jouer. L'officier général, aussi franc et désintéressé qu'instruit et brave , ne vit dans Roberville qu'un homme digne de toute son estime. Désespéré de ne pouvoir servir utilement sa pa* trie ,' indigne de n'avoir pu porter la vérité au pied du trône, il saisit avidément l'occasion de démasquer enfin des fripons , et de les faire châtier. U répondit à Roberville par un mémoire

BK.KOBERVILLS* 'qS

détaille ; il louait son courage , il Ten-^ gageait à persévérer , et à tout tenter poiir pénétrer jusqu'au roi. . .

. Cependant Merlicourt , plus ainoa« renx que jamais , plus aveugle et plus libéral , tenait toujours essentiellement ^u désir de pouvoir avouer publiquement sa maîtresse , et Rose à celui de .coucher avec son mari. £Ue lui avait écrit plusieurs lettres , qui toutes étaient restées sans réponse. Irritée enfin d'une résistance à laquelle elle n'était pas accoutumée , maîtrisée par une fan« taisie nouvelle qu'irritaient les diffi^» cultes , elle consulta Merlicourt y an bonheur duquel elle semblait rappor* ter toutes ses démarches. Merlicourt lui donna un conseil fort simple , et dont l'exécution devait. jeter Robert Tille dans un extréoye embarras. Rose V promit à son amant de suivre exacte* ment ses instructions j et après avoir juré qu'elle détestait Roberville i et

<)4 ' UOXSIEUR

qu'elle ne £e remettait avec lai que par feqpect pour les mœurs publiques, elle se promit k elle*méine de violer rariide principal du traite , qui lai iiitc|rdisait.tonte espèce d'intimtité avec •on mari.

Robenrille venait de recevorr le pa^ qnet de M. delà Galissonière. Il s'étâft lëlicité avec Durocker de posséda eene pièce triomplialité , avec laqueHé il se epùjBk stttde {avenir les desseml éep/l^itmin sur sa fiimme etsur lui , et de lui succéder dans sa place; Daro^ ebep sa voyait premier commis , et ii éiaii ivre à^ joie. Les deux coiispifft* leQqs:sa quiuèrent an comble de leurs VvavtXf et chacun fut dtner cbes soi.

.' !&oberviIIe *mome , H entre Il

dônio s'il veilfe ; ii esl mnèt d'étonné^ mène. ^Sa femme et sa Zulime se soni étè^blies chéz'lûi ; elles ont ouvert lei armoires, les commodes ; eNes ont â& util leurs paquieis ; elles rangent leurs

FIE nOBERVlLLE. çS

^flels ftveb mie tranquillité , txxie ai- (anc6 ki^^primables. Hose vient gaieita>en t a'u-dév^Bt' de son ma rî .

f^Mon citi(èr aMi ; lui dft^elle , fe . ^'Vouâ aitoe V et ttèii tio lé proùvô it cfonirbc îadëmayche queiellbàaWb » àwjftttrfflitii ■ Vbiri fôites le 'cruel ; ^ tanh vous ne Têtes pttîbï^, ]èTe siâïs , 'n et votis.ne repousserez pas unîé'jôlfe

il ifemmé guî ië Jette' dâiis Vcfs'iras*.

i Ah ! irioii'DWfa f i^ël ^îi' sèmlBKe' e^l

i çonî'sottriiEfzà YOtre'amîe. » ÉtI'èlm ^rèsèait ïe*tnentbn , cHé lui rdièyaîl la iélte>, et'RoberviBe 'rie Savait ique fyàife \ nVIfiilBt dire. Ua bârs'er donné 'à |>ropos 'jette 4c tVôiible dans' ses^ sens. îlbaâlirEtoe , il bésite ; il va oublier sé^s ^M^ojiéts ; et sacrifier sa raison au ptai- 'Sit. .'V . Un dernier effort le rend à luîxnéra^*,' ifi s'arracbiô de des bras qui fe presèent ambureu^ement : 'il fuit à Testréniilë de !a thanabre.

g6 MONSIEUR

• Cen est trop ! s'écrie Rose indignée ; je ^e souflfrirai pas ce dernier outrage. Vous êtes mon mari , moasieur., e( vous ne senablez l'avoir oublié que pour me. priver des droi^. • • v*"* 1' serait plaisant , madame » de vous les vei r revendiquer , après la conduite affreuse. . . .— *Oes ZQOjts p mpusieur ! je vais y oppo^ des choses. Ypus m'avea^ fait enfer- > ix^ej )« et ^ mois apr^s , vous avez splUcité mon. élargissement, — ^Moi^ madame 1— Vous , monsifsur. L'or^ dre qui révoque ma lettre de cachet le , dit expressément. t~^ C'est une fourberie.. — N'importe,.rof*dreparlai vous avez redemandé votre épouse i son domicile ^st chez vous, eUe n'en a pas d'autre , et vous ne pouves l'cii chasser que piar uti jugement i que vous n'Qbti<5n,drc2i point. J>i derrière moi M^ deMerlicoort. Choisissez d'être mon amant ou mon

BE nOBEBVILLi:, ^7

», «nan :,j'eiitf^ds que vous soyez Tpn » otiiautre*, — Je n'ai rien à répondre » à cesjrf^pertmèntes prétentions, et»

» morblqu, si le ne peiix.vous chasser » d'ici ^'. ypus ue .m'enipêclfei;c;B pa^r » . d eix.soj-iir ,[ et je m'en vais, ^^ :^ 11 .ihit .qi^elqpes. p^ ' Rpse^ au dé*i sespoir , se jette devant lui et L'arrête., Elle invoaue le ciel, elle le prend à tén^oin ^ vspp jrepeptir. ;;. die lui de-' niat^de, justice: d'ij^i ip^x^maii^L > dônt^ le cy^^ se,^i;me à f^^yqjp sifppliante;^ elle fof|ii,f » ^«ï^^^^fîf ^W^ tonibe aui:,

pî;e4s de spn marJv^ .\ ,1

Elle é^it belle; il éta,it jeune, sea^,

sible.çt faoiliÇv II oubjie ,ies^ affronts

d(>^t ^le l'a ppuver^j^il ne-voii pjhis.

q^'i^iie jfiçmpie^^gfprée, que sa don-,

leur embellit encore^ Ji la. relève, il

la conduit . sur une ottoûptaAjs ; il se

moyen.^ejvaincije,, et,.çé.iait de fuir,

Lei;>moment favorable était perdu;

gS" MOiXSïtUR '

ZVrfrme s*é!otgnâ ^ et RbbervilFe fut

Le révcîï Pedatra. H^ vbttlûf ret'elïir sui* t^ qui ckm feir , et parler l&r«qti^r tty avait plhs Hetl à dîfe:

de nouvelliè^ carôssi;^ lui fënûè^rënt

la fc^oîîéteV'et^il ^^rf«)ïjrtià* tf'sàaver les ar^pàlrtetitÉaJ , jiiifeitjtf iP^ cùûsentïtiii à jterdre' lliomieùi". ' ,, ■ B foi aïirfêlé'qae mddàttlè dé Robervïffë rei(Wirtiferalt'à'st)ff WtéV;\. (Qu'elle cbtiseWiandit lèr nbtrf AlS^i^- que sa pclrire^ serait ïerinë'é k'Mèrftbcititk'et à toas les hommes ; (pe Rol^bfv'iH.e'la'i-' rait chéi/ cïle que lanTlft , rtïais (Jrfil i(iftft''tbàs' fes- sioitè. Vététhiiiou du tf-aît* flh'jtirèef dfe îiôtitié M ," et sâtïr rèhviètïoii'tti'efltàié^ttëîaii^Vâ'e Wièi' ^le'aHMaii!;' eftfe Ife-fl^oyiiii'aA'mifisr

' OWsfefiTin'idKtiîfltet'y^yimftlif cmkte^^uè: Sa: fêiirttfe^'étf à'iSft ^eif^kis,' 2Sullmeirefâttiei5"^à<ïiitA§ , et , ' etl'fiflc'

BS ROBERVILLE. CCk

adroite, elle ménagé quelques téie-àtétes' qui touraent au profit de ice t^oA appdle amour. Les porieurJ; ak)iitVtfppélè'sj et, a la cliuie *du jour . RobétViHfe réédnduit , madame.^ cet hôïél^/d'élrôi'maîs l^asifé d*e. l^int^^^^ de l^xîi et de l^autre. . . "^*

Mei^Hcouft, qui avait conseille m'adattifé d'Àtysi et qui étàîl impatient de ootirtàïti^e* iWréSûlfat de Son* entrevue av^ sdrf lAbH., se- présentera niôte^ qtréltjTÏeg 'inërbens apVes : dn /ïùi dir que riïàdâthé n est pas rentrée. Il cotitt dKek RoBervîIlè ; un chef suprêhle'croit uYiSupâlleriie trcs-Eonore dè^ fe^etêVbif à toute Leùre. On lui dît ' qù^ ny à pérspnîne chez llbbêrvilïe'. Biferficôurf lié conçoit pas que madame" d^Âl^s ne sôit pas chez elle ou'Cheis éofn maH. Il est tant de cl^- SCS qri^Uïi hpïnrae' plus éclair^ qne Mèrlicoûrt ùe conçoit pas , ei qui sont pourtant bien ordinaires î

lOO MONSIEUR

Le. lendemain , M. le directeur général retoarne à rbôtel. On lui dit que madame n'est pas visible. M. le directeur, trouvé la réponse déplacée; et" il Ipbuvait en effet lui paraître extraordinaire qu'on lui refusât Tentrée aune maison qu'il avait payée. Il fît du bruit » on l'entendit de l'apparte* n\ent; et comme il fallait nécessairement s'expliquer , et qu'on aime mieux se défaire d'un importun pijas tôt que plus, tard, on lui députa mademoi-selle Zulime » qui lui dit trës-sérieusèment. : « Madame a suivi vos conîr seils y monsieur , elle s'est réconcif liée, avec son mari , et dans ce motr'ment ifs reposent ensemble.— ^-Com- V ment , ensemble ! Ta maltresse était « convenue avec moi. • . — Je le sais « bien 9 monsieur ; mais vous devez « juger quel ascendant a sur sa femme «r un niàri offensé. Est-il possible de « se déCendre?» . .. — - Ta maîires3Q est

DE AOBERYILLE. ICI

» une. . .— - Quand elle couchait avec A VOUS, monsieur. Mais avec son ififtri ! » quoi de plus conforme à la morale.^ » à la religion ? — ^Tais-toi , . imbécile , A et ouvre-moi cette porte. — Vous m n'êtes plus rien ici , monsieur.— laji solente ! . . • Ta. maîtresse ose me

* traiter ainsi ! -—Vous deviez vous y '9 attendre, monsieur. On vous rend

» ce que vous ave2 prêté si ]M[. le duc.

* — Je me vengerai , j'en juré par. . . » — ^Vous ne vous vengerez pas i mon|- » sieur. Une jolie «femme trouve , » quand elle le veut , des protecteurs » qui imposent silence à un directeur » des vivres, » Ztilixnë n'avait plus rien à ajouter. Elle fît paraître Champagne et Lafleur , qui donnèrent à enteiidre à M. de Merlicouri que ce qu'il avait 'de mieux à faire était de se retirer. '* '

Merlicourt avait au côté une épée , vierge encore , qu'il ne crut pas devoir prostituer à des valets. Il sortit , et fat

104 HOWSIECK

reste d'êdat , ëi le prince de Tamoar que le Français porte si facilement à ses maîtres. Incapable de diriger les affaires /et même de les entendre, elle bornait son ambition à régner au boadoir , et elle y tenait son amant captif. La France était abandonnée a des mains rapaces on inhabiles. La cormption était au comble. La vérité n'arrivait plus jusqu'au monarqae , et lui • même paraissait craindre de l'entendre. Roberville ignorait ces partl'ciilarités , et il.ci^oyait à la "justice , dont oii ne parlait ptus à la cour qu'avec diSrisiûn. Le bon li^nïime ! ' '

11 part , son mémoire sous le bras ; ilseroùd cbefiiie ministre; il lui fait ^emahdér "audience. 'Ainsi' ce proîel ^de porteli* ïâ ïti'fnit^r**é daiis ioUtes leis •parties déf ' Tad-tliiiïîstrtitiôn* / Vonçu -d'abord par lés motifs les plus louables I abandonné long - temps par

DE A0.BERV1X.LE. ao5

niorneot h fi^dve. jSes pièc^ts ét^^ewt prètLes,^ ei il ça avait ^}t fair^- tjçpi^ pu : quatre an^pli^ÛQns ^\^ dev^ipui être J'ftmisiî;5 ^j^ mimsire j ajfi roi , J^ mérne à sa maîtresse , 3'il &Ilait avoir recours eij^fio li U |>Uis.{w.issaQte des .«ùalprité^..: , ! .'l .;,.•■.

Cpiie ip^llress^ n'étajt pjjjs j|ia- 4ame d<e Pp*pp,adpi»r,, ^uj \ç(^i^fifàf.it une figure, charnou^itte uçe édue%tie,9 soignée cl ua esprit >im»&le.et jp^oAtran^. Ell^ abu9a,it i$pfivep.t,i,/ij^ Aop ^fVvaBÏî^es jpj^ui- ïi^irisep .ip-i^Qp^atî-

^lau^cs j,mai?:'ej|f! ;,saj(ftit ^^ mpio^ ^P faire respecter, en le respectant .^Ufrniéme. Celle q^i^veuait de l^i jso^cé- ]derém yne. %flae,,îyriJ|ie hfflV^ *fP ^ouiap t s'élever ^^^qj»!^ ^<^». . ??/\»st"fp

e^Ç ^ et,l!?,yfti,l,^?F',vj.,ei^ l^jplqj5\gie*W dans la plus crappl^^se i^^aucbc^ Elle aYait dçpQail^ç,-,|e ^ifrône^ d'^lf

I06 ^OVSIEUpK

^'^tjdjçijiuiijSttfatioii 4es Yf.yffift iji^^ tout simple qi^'il .accpi^pagne foqi 4irecjterar général) oq le laisse aàlef, ils .^iriçnt enseioble daps Iç c$Jbipet du jajlaisire,,

licourt se dispose à parler. 11 yp^ <ta

.^'^^ ^ol^tpimsux g^i^inoÀre. . . . ' 11 se j(Wif#e„. (c'^t RoberviUe,. ;Çie ^ieec- ,%«¥ P^lrf^ .y juge flijie sop ivi^ter jfêQmwipWT?" pn? «a par^ y}go\ire«x, . f* ,q«f!|,qpe ^qpAé «lu Oî^ soif , jj est

.<â«* K(^it4s qn'<m. ^'mmf p»s à p'jçn-

Hrdue dire çpjfece. Cisp«ffdf^t il|iMit

se tirer. ^»p |«iS difficile q»AR4 0a s'y

• «ft je»gsig/P , ^t l'ftvfdaçç dé©*if ég flous

.1»^ iÎ'bbç «qï^Iq .Sf^w'aftç^ B^s- , «vt i<i«^ii\ififp^ ^ypf^i^cdp f^tim^

..ge«s,- . , ■•;• ' ■. ,

j.f MOeiW» ^«^. jô^vrtp? ;|ics4S d4sl*rçr

3 ^q»».^. i?:Re P^eMX ffircter pl(^ ^p^gr 1^1 t|M;Q|i$,^|i^ei;ir dons ro£S buf qsufis;^

* yi^ regne(# gp^ je ïiçqs vous liéf.

» m>nff^^ mpnsieur. ]\Çws 1^ bien 4?

* 4'-étftt, .A — M'çnsei^nettr , je i'ai ^^^ f. mis ppur :Qb)i|[pr jR|. de rO^serf^ç.., » rff M9nseig9ep.r , j:^ açq^^s l^^ jf RrpBve^ lejs pljçis évidemêâ».. .• -rr » Monseigneur , mâlgrp qiA jusLs £p?^ 2». ;?f44«i^Uon po)*r cQlui qiiixpie la prc-

* ,9iÇfll^. ,....— Sjlajigré l^ r^Qnû^isM[pc* ^ qw>p,clois i4poDç^içui',..,T^- Je np ^.JR^^f :f^M*'^r riowfeoi;4inal^oi;^, la Vparesseet riacaparCité, r-r^ie^e peu^ ^ cQ^iribocr par un jçoqpAble silence ? à perpéiijier <le3 déjî^s; dpni les canr- » séquences sont déjà trop fun^estes,

f |îf!5?B fç}ffï 4e M-.de laO^H^awière,

^ ^^YPP^iPS^^:??;^'^* » ^^ TOçnficur ou f 4e i^vpi ♦ jestlp palafl3ifi^urf— Moù- ?>Wg»j&PÇ> 44^^f!^^efTp;i9i 4p cet

io8 xoirsîEtrii

n hdmme4à -^'Défaites-vôus de ce* » luî-ci , nionséigneur. » Et comme il n'est pas possible de rester dans les bornes de la décence et de la modération , qnand on est mù par nne passion violenté , ces dénx messieurs commencèrent à parler ensemble , et finirent, par vociférer' dune telle* manière , que le ministre fut obligé de se boucher les oreilles.

Et <:onmiie aussi un usage respectable , car il est consacré par le temps , ne permet pas qu'un subalterne puisse avoir raison quand il inculpe son chef, Roberville reçut Tordre très-sec de se retirer dans une antichambre , et d'y attendre la décision de monseigneur.

' Comme encoi:e il importait très-peu à monseigneiir quePierre où P«iul fut premier cominis à Tadministration des vivres, et qu'il savait qu^on ne doit jamais mécontenter le cbe£ d'une par^

DX ROBXRVILLE. lOQ

fiepoùi'iiiieTédllé, la déstîtation de Rbb^rvHlèfàtpt'ononcée. Mbis comme tm^iministrelhe^ peut paraître négligôi^ aucun aTÎs important , et que celui-ci n'avait pas le temps délire, les mémoires du malheureux destitué furent rcnVôjrés à un premier commis du mi-^ nistëre', efui dit le lendemain , dans un rapport de quatre lignes , que récriÉ de Roberville était l'ouvrage d'un cer« vèàu brûlé , et celui de M. de la Galissoniëre Teffet de l'humeur tracas* £;jère qu'on lui connaissait à la cour et à la ville.

^' Merlicourt sortit triomphant du ca»

biuet dii ministre ; et sans daigner regarder Roberville , il lui dit en passant: * Vous n'êtes plus rien , mbn- 9 sieur. Je vous défends l'entrée de ;l mes bureaux. *

• M Ah ! je ne suis plus rien , dit Ro- » bervîUe eh' le suivant ! Je suis hon- ;( nétè homtdé, monsieur; personne

;ii9 . ^ ^9Ji^;iF% .

f ne în'4lç«i sepîe qfrf^liéi fi^^fmP.

I» /çpmpie les ^affays 4]up fç pourx^ifi f faire à $a fçmme. J^l }0^ç,s}fjk^p\fn ' t r^cn} Je vfti3 .parler fj,u rqi»..., Ofti, 9 je Jui pprlew , n^ 4^fR^m jq^s^ Ji ppqrrez fort bien p!èif.e. pl|i$ rien 41 Yç^s^Q^ème. »

Quelle probité que pçljc 4p V^pff&t- TilLe! Il oublie qu'il a^-eç^i vipgii^ilie livres des empQi?onp(^ur5;4e^,qps m^y^ rins , et qu'il (n'a dénoncé J!H[(e^li^co.uft que par la crainte d'4tre piréven«. U je largue avec inipudepjce çl'p^ titrp qu'il déjibjopQrc. Qn^ d'hon^ôief j[ççs 4e cc^e espccjB jpn rfinjcomi^ <Jan$ je xwp^de! , .

On donne volontief*s ^Q^l^^^çiEiluiqfii erîe. On croit .communément quç la vérité est tgujoprs cg^lji^ej^pf'wnep ftécbii p^ cisela BfirséftiftiÂ?» ifriie^

DE Jl99]BAyi4^LE.. f^f

.et qp,e yhpmme irrité n^ Vjfiçftff^g^ pipa xi^Q. ILes laqp^ j:iren( 4ies oêp7Qq]|^^

.à Mcrliqo^rt, Celui-rjcji jeut^'air de pe

pfis 1^ enUindre : c^^lç diçpeus^i d'/

.fjçpoadrç. Il traversa Ifi çm^ avf c la

Pi4rûçh|çr ai^prh bjentpt h disgrâce f^ QiQ^^K'VJiUç* li était tç^t sixpple qup #ba]p4ûOf^4t son Ai^^pçi^ > *f <i!*'*l ch#|rpb^t à profit^ de sa ck»iW V /i>f troqjy^r A|^rUçopii*t , à fi^i il 4'H rqw?! v^

^ jpifi iravaiildit içofitris 4^i » t^jt ^ue 4^ pl^ iayîplahlf AUa^heniemt ^ son ^hçf ^tgnlt ^ plHS^açrédfiJ nM*PW? » ^ ;s>mjîireç«iit 4'çpg^ge^ mpi^ijsif^^ir à «• ^pi^jL-

. fi TaJ^ri des e^treiprifisç :^j^a jqgra>. Jl ei?iremêla$5)ndïSCoqrfidg ^^.li^^SfS

. flatteriiss dpqit les hoaimi^ 4^ ^^g^ve ^pQt \pujpTir5 prodigues, et 4<^. ^^9^ 4Ç geï^5 §OQt jJwpfiS , ^ qv*)aw« g^95*

1X3 XOHSIZUH

sières qu'elles soient. Merlicourt accueillît Durocher connue s'il lui e&t en effet appris quel(]ue chose j il lui promiiderârancer, et le nomma qudques jours après à un meilleur emploi.

Cependant il n'était pas sans inquiétude sur les démarches queRobecville comptait faire à la cour. II savait qu'il était difficile d'approcher le roi, quand on n'avait ni un grand nom ni un protecteur puissant qui levât les obstacles. Mais il n'ignorait pas non plus qu'il est des circonstances ' heureuses dont un homme vindicatif, et par conséquent opiniâtre , ne manque jamais de profiter. Roberville pouvait rencontrer le souverain à la " chasse , lorsqu'il irait à . la messe ou qu'il en reviendrait. U pourrait s'introduire à un grand ' couvert , et au mépris des usages , remettre son mémoire en présence de toxite la coi||, et déclaiber^ hautement contre des

BS ROBÉRVILLS. Il5

malversations avérées. Qaelque insouciant que fût le prince, il était vraisemblable que de pareils délits lui donneraient de l'humeur, et qù'fl ferait rechercher les coupables. Merlicourt fit mettre cent mille francs dans sa voiture, et il fut<trouver la favorite , qui se souciait fort peu de' lui , mais ^qui'faisait cas de ses cadeaux , et ^ui , par' celte raison ; le receVaît toujours de manière à lui persuader qu'il était au mieux dans son esprit.

. H' faudrait être bit3ii dlfficultuëux poiJir ne |>'as juger innoceht un hoixime qtiî se fait annoncer pat cent milte f rôties. Aussi 'la favokîîtcr^onbnça quîô Robervillc était un faquin qu^il fallait irietlre à* Bicêlre; C'était - assea Tavis dé ^^rlicoàrtl Maïs il' réflécHit que M: ' de^ la ' Gali8sbniët*e avait écrit de son côté 7 qû'U était d'un' caractère à prendre publiquement là défense de RobervîIIé j et que le parti le plus sage

était 4? fermer tomes les^v^j^ues (pu P^ coa^wsmepi jusç|\i!a4i .wi . , ei 4'é^^t |^ fer cplje iifffti,nc. JUa ./ayojk'Ue ipmmA jLQixX^c^ fm'û yo^]nx , ,ei Mie!çlicaviPt,^çr viut i Paris , < trèsr^Usfeît du. sucçè?

c^peni^^Pt q^.e Jle ,B^3Jsif ,.^e -psr^f^ B,oi)erviU||e f^i Wî^^f IP iPfiï» ,cltf i;.

.» SJBS ppc|ael$pAUf yÇT^^iUpSrPja (^itj> viendra que je.sul^s bien Q^heja|i^iv>.! » Je mé suis p3i9r4é^pi)Pi'i|i«f! mi:£oftyfH

* j'ai ^ifi cppu., J>i |»i:,^ l^mffffH* . «i je ,j. »'j ai .ri9fl«s?gftfi. îAfoimepaffi ^p 1^

* • ^f^^ JB^^^ <1^^« 1 f JP fWS ^PÏ»e,,. (îl:if!

» dppp ^r^ ? > "fliJÛiuf > jjjtvqfl^^r ,^ jaQh|er»iUe,.)çç9ujcr,^,fipi, d^iq(^

.d'en ayp^r ;Vja ,,^t :4jM:pîç «'a.l»af'^sw (de lêliç pppr^sp pçtn^ijrfij^^^^fi.

Yoiià potre .bai])xu,e à j>rQii«^ «9 joule. li ue fio^te ,pa^ qi^e le pri^içe^if

'écoute , ne l'Accpeille j el qwoi de A»^^ naiureU piii3qi,i'U yçi lui rendra }^,$.qr¥ice wipwjaQt?jH dit ft^^f pjrer ni ers €gictipp.uaircs q]a'il Vfi fî^fK^ f^H pi . Ces factijonnajirçs sppt 4es Gai;de;^ ipi^ses , qui ne lui réppi;i4eot pas up APt y parce que le^ Suis3ps 9e Sipntpâ^ auseurs , et qj^uç ^a. cqnsjj^e^^e ciefi^l ne s'éieu^ pas pkis.lpla ,que J^

rille , ei qu'elle es^ PUT^fte à.îpiiiii jlp ipmde. Rpbery^lle iiaonAe ifs .degrés ju p^r^iyle 9 et il répète k dix 0)i pxtj^p v^QlS de pie4 qu'U Yie^at par>* }f .s^xqII^ ^Ut^Âe pi^d Ifti riem » ,pez , .et >i ^^fe^çnt 4'fd^r ^plu/î ^. Rpbçr^ijlp reppp4 fl^'il <^ 4ep iris ess^QtieJi^.à.donuer dp manaT.quq.

^îi ^îiici3pliqueqvierle^opaîHj^e ^ç^W es ordres , et ne reçoit pas d'avis, \l çàfjend que le aQ^f^r^iç 4<^ §tr/ç)acîssijjle à s^^jet^;» p^rjcejqji'fil çsi Jeur bre. Qn lui fa^it p)>s^i!er q^e ^i le bre rjccevait tppi s§f $Af«ttô > il .np

Il6 XONSlKlTlt

saurait à 'qui entendre , et qu'il

rait pas un moment à adonner au

à la l>onne chère , et à sa malt

Or y il faut nécessairement qu'n

joue , boive et fasse l'amour. B

Tille ne trouva pas ces* raisons

vaincautes ; il parla haut , et c

on parle bas à la cour messîei

valets de pied le recouduisiren

la grille , et le consignèrent à 1

tinelle. Roberville , qui ne se <

rageait pas aisément , essaya c

trer , et cette fois , le Suisse

-gravement : Toi ne povfre pas

Al/ r£)/. Roberville insista , et le

lui présenta la crosse de son fu

berville se relira , ne conceva

qu'un enfant ne puisse parlei

père.

Gomme les contrariétés , ei les chagrins , ne lui diraient jami petit 9 il. fut s'établir chez un tr un gargotier ne s'avisait pai

DE ROBXRVILLB. tl^

«^'écrire au - dessus de sa porte , eu lettres d'or et sur un fond rouge:

liS k-ovsiTvii

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