‹ Monsieur de Roberville (volume 2)Chapitre 22 sur 24 · CHAPITRE lY · texte numérisé non relu

CHAPITRE lY

Tb«^c^ /ej banqueroutes n^eriri' chissent pas.

otTT fait du bruit à Paris. Une bagatelle , qui présente un cdlc plai-^ saut, ou qui inspire quelqu'iotcrét^^ passe de boucbe %n bouche ^ de cer« de en cercle, et^ vingt-quatre heure»

après, est renvoyée du salon à l'autichambre, et de raniichambre au ebànsonnier du Pont-Neuf.

Une lîngfere , un tapissier, ufiï bijoutier, ne savent rien de ce qu^on dit chez- M. le comte , chez M"*, la marquise, chez le fermier- général un tel. C'est au chansonnier qu'il appartient d'instruire la classe infe* rieure de tout ce qui arrive d'extraor* dinaire. C'est lui qui a le privilège de faire rire cejix que révéneirietit ne touche pas; c'est lui que pouvait craindre Robervillje.

aOO MOMSIBUR

^ Cependant,, avant que sa mésa* Tenture fût chantée , il fallait que le laquais, qui veudait un su^et chopine au poète de la rue Mouffetard , fut instruit des détails; que le poète se mît en verve avec du vin frelaté ; que sa chauson fut faite, et, d'après l'aboudauce du^ujet, celle-ci devait être longue. Il fallait que le censeur y eût apposé sou vu; que Timprimeur eut tiré pour la ville et les provinces, et que le chanteur eût appris sou air. Tout pela ne se fait guères qu'eu trois ou quatre jours, et il n'en, faut qu'un pour déménager uu hôtel, quand on a ses raisons pour ne p^ perdre de tems.

Roberyille , qui se décidait à la minute, et qui opérait toujpurs bien, comme vous lé savez,, forma le projet de faire porter son mobilier chez sa femme, et d'aller ensuite à Versailles essayer de tirer parti de sa faveur. Et quoi de plus facile? La maîtresse du

DE ROfiEayiLLE. 201

roin^abesoin, àParis, que d'un piedà- terre : il n'y avait donc pas d'in» couvénient à encombrer sept à huit pièces de l'hôtel dp la marquise de Courville. Et pourquoi ne ramené-* rait-elle pas son auguste amant aux sentimens de bienveillance qu'elle lui avait d'abord Inspirés pour sou mari ?

Telles étaient les idées nouvelles dont s'occupait Roberville, en remplissant une assez vaste cassette de son argent, de ses bijoux et de sa vaisselle. Il fait porter le précieux coffre dans sa voiture; il s'y place tant bien que mal^ et il ordonne de toucher chez madame.

« Ah ! c'est vous, Monsieur, lui dit ))ZuIime , je ne sais si ma maîtresse «pourra vous recevoir. — Madame ))est à l'hôtel ! — Hélas ! ouL — Que »vient-elle faire à Paris? -r— Des ré- )) flexions 3ur l'instabilité des choses «humaines» — * Coiûnient, elle n'e&t

;)pliis rien ? -— Non, Monsieur, Rfaîs, »vous-niême, qu*avcï-vDus? Vous ))me paraissez préoccupé. — Moi, ))j'ai perdu ma. place. — Ah î mon »Dieu I Madame sera affectée de cet «événement au point de ne, pouvoir «vous parler, — Va toujours in'an-

«noncer Ab! descendons cette

«cassette, et mettons-la en sûreté. ))

La cassette placée dans nn cabinet^ dont RoberviJIe met la clef dans sa pocbe, Zulime monte, et rend compte à madame de ce qui se passe en bas. Madame juge à propos de s^éxpliquer avec monsieur, de manière à ne lui laisser aucun doute sur ses intentions. Elle le fait entrer dans son boudoir. On avait alors des boudoirs, appelés ainsi , je ne sais pourquoi; car c'est Fendroit de sa maison où: une jolie femme boude lé moins.

« Mon cher ami , dît M""^ dé Ro- »bervilley quand je vous ai épousé ^

DE ROBKlltiLLÊ. 2o3

3) j'étais aussi étrangère au/ monde

'»qu'aa plaisir. J'ai connu depuis l'un

»et l'autre, et je me* suis conduite

»d'après mon expérience. Je vous ai

'))qtiitté , parce que vous étiez de-

»venu ïtioraliste, grondeur, et par

))Conséquent ennuyeux. Je vous ai

»repris par une de ces fantaisies qui,

»paur être inexplicables ^ n'en sont

»pas moins fréquentes. Cette faa- ^

»iaisie est satisfaite, éteinte, et, très-

^certainement^ elle'ne se reproduira

;)plus. Je me suis arangée hier, pour

»Ie plaisir, avec un petit abbé, et

))pour l'intérêt avec un marécha^l de

»France. Indépendamment de cet

))hôtel , et de ce qu'il renferme , j'ai

» cent mille écus à moi , et M. le ma-

))réchai m'aidera à grossir mon capt*

i)tal des intérêts accumulés, et du

. ))superflu de ce qu'il me donnera.

»Vous êtes rainé, paresseux, inca^

'»pable : vous voyex qu'il .ne peut;

))plus y avoir rien de commun entre

ao4 UONSIIITR

» uons. Je n'entends pas même que )>voas transformiez ma maison on »magasin. Tout ce que je peux , c est »de garder le- dépôt que vous vene^ i)de mettre ici , et de V(ftis le rendre »à votre première réquisiticm* N*a(étendez riende plus^ et retirez-ycmSt »parce que mon petit abbé va venir »déjeùner avec mot. Adieu ^. mon jucher ami«

»Sais*je assez humilié^ disait Ro-

))berville en remontant dans son car-

»rosse? Maltraité par une femme,

»dottt je partage l'avilissement , trop

)>vil moi-même pour avoir conservé

^le droit de me plaindre , me voilà

x)donc placé entre la misère et I^op-

))probre ! » Et comme celui qui

parait redouter le plus l'opprobre ,

craint réellement la misère, Rober-

ville envoie chercher un carrossier,

un maquignon , un tapissier, une

lingère, dans des quartiers opposés

à ceux qu'habitent les marchands qu^

DE BOBERVILLE. ^o5

lui ont fourDÎ. li conseut à vendre à tout prix, pourvu qu^iU paie comptant, et qu'on enlève de suite. Dix marchés sont conclus ; les acqué* reurs sont allés chercher des charrettes, et le maquignon un palefrenier pour conduire l^s chevaux. Les uns et les autres doivent payer au moment ou ils enlèveront.

Le diahle qui , dit-on, se mêle de tout, fourra son nez crochu dan« cette affaire. Sans doute, il ne vou^ lait pas servir les marchands qui .avaient livré del onne foi; il ne vou^ lait pas non plu«: empêcher les fripons 3 que Roberville avait mandés , de s'enfoncer de quelques pieds de plus en enfer. Que voulait-il* donc?

c'est ce que JQ n'ai jamais pu j^voir précisément, parce que jene suis pas aussi heureux que certaines per* sonnes, très-dignes de foi, qui l'ont vu et qui lui ont parlé,^ . Quoi qu'il en soit^ c'e^t incoa-

ao6 MONSIEUR

testablement lai qui souffla à Durocher, l'idée, infernale qu'il mit à éxecution avec autant de promptitude que de succès.

« Combien donnerlez-vous à un »homme qui vous empêcherait de joperdre io, ao, 4^, 60,000 francs, 9) fut-il dire à hi lingëre, au tapissier, »au marchand de chevaux ? Quinze »louis , dit l'un ; cent pîstoles , dit »raatre; douze cents francs, répon- ))dit le. troisième. —Mes sûretés ^— nJe dépose chez uu notaire. — ^ Dé- 1) pose2 , et dépéchez- vous ; il n'y a »pas un moment à perdre.

»Robérvilie a contracté des dettes, ))qui montent à quatre fois la valeur «de son bien* — Est-il possible! *— j>Il est sans emploi, -t- Quoi , c^te j)gratlde place.....— Il Ta perdue. -^ »Ah ! mon Dieu ! — ^U est impossible »qu il vous paie. — Gourons , agis- ))Sons, sauvons ce que nous avons »fourui. Pré venons une banqueroute.

»*— 11 est capable de la faire. — El »de prouver qu'il uy a pas de sa )) faute. '-^ Les batiqùeroutiers sont si j» adroits! — Ce sont des iripons. ^ Et celui qui patlàit ainsi avait manqué trois fois.

Au raometit oii on chargeait le^ premières charrettes, où on y entassait^ pêle-mêle^ les velours, les damas , les glaces , dorures , on est arrêté, pétrifié par un halte ^ là ^ que prononce un commissaire qu'avaient amené avec eux les marchands qu'oh allait spolier. L'un reste un bras en Tair; l'autre , la bouche ou verte, ne peut achever la phraser commencée. Celui -^i demeure immobile comme la statue de marbre qu'il porte, sur son épâuje ; celui-là laisse tbmbèr un lustre de cristal et le met eh pièces. Roberyille, qui a reconnu le commissaire à sa grande robe et à ssSi volumineuse perruque ^

ao8 HONSIBCR

8« sauve au grenier, et se fût réfugié sur les toits 9 s'il n'e&l craint de se casser le cou. Désolé maintenant d'avoir fait les dispositions d'ane banqueroute , qui ne lui rapportera pas un sou , et qui le rendra la fable du public , il s'occupe cepend^t du soin de mettre sa personne en sûreté. Il se blottit dans un grand coffre, où on mettait du bois à brûler^ qui appartenait au propriétaire de la maison, et q\i'on avait monté sous les tuiles, parce que, selon Robertville, ce bahut déhonorait son esca* lier.

m Le commissaire, aidé de son clerc, grand et maigfe bas-normand, au teint havre , au dos arqué , à l'œil actif, aux doigts crochus , le commissaire commença son procès-verbal , à la suite duquel devait venir , un inventaire, qui ne pouvait être terminé qu'à la douzième qu quin-

zî^mé vacatian. Il ne manquait, pour qu^il ne restât rien aux créanciers^ qu'un procureur qui intervint dans, cette affaire ; il en viendra peut-être deux.

Or, comme unr procès-verbal est un acte qui rapporte un peu au rédacteur, le commissaire eut soin de faire le sien aussi clair et aussi court que (e lui permit sa logique, qui n'était pas celle d'Helvélius; et,.pour ne pas perdre son tems, il écrivit un ini^entaireea grades lettres, en tête d'un cahier de vingt feuilles de papier marqué*^ A la vue de ce cahier»

les créanciers pâlirent à leur tour.

Seus le titre, le clerc bas-normand grossoya, à neuf lettres par ligne , un extrait, aussi long que l'original, des titres de chacun sur les bieusr fonds de Roberville, de leurs droits^ motivés sur des fournitures' consi-* dérabl^s. y int eusuittî copie des mé^

210 M O KSI E un

moires, bien et ciueîheul arrêtés ledit Robenille; et comme on iiV/ trum^niait pas alors après le sol Couclié» qu'il ne se couche, au moi de juio, qu'à neuf heures, et qail en était quatre de relerée^ M. le< commissaire jugea à propos de clore sa vacation.

Il se retira, en déclarant qu'il amènerait , le lendemain , des ou* vriers pour remettre les meubles en place , afin qu'on pût reconnaître le propriétaire de chacun. Les créanciers déclarèrent qu'ils se chargeraient volontiers de ce travail. Le commissaire leur observa qtie les parties ititéressées ne pouvaient , selon je ne sais quel article de je ne sais quelle ordonnance , mettre la l main à rien , à peine d'être pour-

suivies pour fait de doL L'esprit de Cette ordonnance était probablement de donner aux officiers de justice,

0£ ROBERVILLE. 311

rinnoeentB Êicilité d'employer des ouvriers à 3o soqs, et de porter leurs jôurdces à 3 livres^

Et comnie une ordonnance pins connue , prescrit de mettre un gar-^ dieu près des effets séquestrés , M. le commissaire jugea convetiable d'en nommer un, dans celte circonstance délicate, qui eût un caractère public.

Eu conséquence^ il nomma son clerc^ avec émolumens de 6fr. par jour,

dont moitié réverîlikle , vous

tous doutez à qui^

Lorsqu'un Suisse, Couché et endormi , a sa responsabilité sous son oreiller, lé gardien d'un mobilier considérable, distribué dans vingt pièces, ne saurait être trop vigilant.

Notre gratid clerc avait allumé des bougies partout, parce que les gens mal-intentiotinés, lie sachant oii il serait^ n'oseraient se présenter nulle partj et il est constant qu'on sait

aia UOHSIBI^A

toujours où est un homme qm ipt court une vasle maison la uuit, ui laoterue à la main. II u'éiait pas d( montré du tout qu'il y eût des gens| lÀaf-intentionnés ; mais il est tonjours bon de pouvoir couvrir ses!i mapclies et ses contre- nvarcbes d'an prétexte spécieux. Or, les prétendus' mal-intentionnés étaient d'honneles voisins, que la curiosité avait tenus à leurs croisées pendant la j.ouniée précédente, et qui pourraient cire assez badauds pour vouloir connaitre à quoi le grand clerc allait employer le lemsv

Notre bas-normand, invisible derrière ses bougies , était partout , exa- \ minait tout, revenait sur ses pas, \' examinait encore ; et, comme il avait beaucoup de facilité, il eût pu, à une heure du matin , faire Tinvea* \ taire de. mémoire.

\ a H est bien extraordinaire, disait-

DE R^OBCRVIlrLE, 21 3

y^W^ en trempantsa crpùte dans un »)doigt de yin , que Dieu ait tout )>donné aux uns^ et rien aux autres* »Ne serait-ce pas plutôt les bom« »mes^ qui, iotervertissànl tout, aJtéô)raDt tout| ont efiacé jusqu'à la trace »de sa bienfaisance paternelle ; et )) n'est-ce pas entrer dans les vues dç >»la Providence , que de tâcher ^e »ramener l'égalité pri-mitive ? Ma »)feainfie , par exemple , court les »rues avec un mauvais casaquin d'in- »dieune ; eUe dine raal , et uc soupe »pas mieux,. C'est pourtant unefena- »me de méirite que ma femme, et 3>qui serait encore fort bien , si , à »l'aide de quelque parure ^ elle ren* »dait une sorte de fraîcheur à des » attraits , .que quraute ans ont un ^>peu altérés. Il y a là- haut des ri- })deaux de mousseline brodée des 4> Indes, qni lui feraient des robes et ;»>des mantelets magnifiques. ]N*esi-iji

!ll4' MONSIÏBR

npas afTreox de pousser le luxe jos- »qu'à faire des rideaux a?ec de la »mousseliue des lades^ el u*est-il »pas louable de conlribuer à la ré- ))pi*essiou de pareils excès? Ma foi, »je vais rappeler un peu l'égalité de »moii côté, eu confisquant les ri- >^deaux au proGt de ma femme.

» Faire le bien d'une compagne »estimablc, est un devoir sacré poar 9un mari; mais , lorsqu'il a rempli Dscs obligations, lui est- il défendu »de s'occuper de lui? J'ai un mau- »vais habit noir, râpé partout, et Drecousu aux coudes; et il y a ici, Dh côlé, une tenture de velou^rs cra- Dmoisi , dont je tirerais un habi>t, »veste , culotte, bien longs et bien »Iarges , une redingotte et une robenile-chambre. Mettons la tenture avec i>les rideaux.

» Comme il est indisponsable de I» régler toutes nos actions d'après

DE. ROCERYILLE. 31 5

^rexactc probité, il ne faut pas expo- - Dser uu honnête tailleur ^ qui ne » donne pas dans le luxe^ mais qui ))yit de son aiguille , à perdre ses » façons. Il y a aii salon une tapis- >xserie de haute -lice, bordée d*un jolarge galon et d'une crépine en or : »je vais dégalonner la tapisserie de j)haute-lice.... Voilà qui est fort bien. )>l^lais, demain, quand le tapissier Dcberch^ra et ne trouvera point ses j».rideaux, spn velours el sa crépine. ... j»£h bien l ces objets étalent déjà dis- »parus quand M. le commissaire est «arrivé; et ce qui prouve combien j»les commissaires et leurs clercs surj)tout , sont utiles , c'est qu'on n'a jxrien enlevé depuis que je suis ici« >iC'est cela, c'est cela. Cette réponse tixferme nécessairement la bouche au ]9»tapi$sier.

«Le joli parquet que j'ai fait là ! Il ,)3^^ ,^ Jlàr4*4aps > u»e petite fortune.

ai6 KOHSIK0R

»Gloire, gloire éteroèlie à l'iûvennlear des myentaires !

«Voyons maintenaut où je mettrai })cela; car il n'est pas possible de haiksarder d'emporter un paquet aussi Mvolumineux^ous le bras. Il faut le » cacher quelque part, et ma- femme, i)en venant voir son mari, sortira » tantôt unt pièce , tantôt l'autre , Dattacbée sursa cbemise, aux cor<- »dous de son jupon piqué. Oa cache- »raije mon paquet? £h ! parblea, ))dans ce grand coflre au bois qu'on » a' monté au grenier, et auquel per- Msonne ne pensera. »

Voila notre bas-normand qui prend son paquet, qui monte l'escalier sur la pointe du pied, et qui cherche son coffre à tâtons. Il s'est bien gardé de prendre de la lumière ; car, qu'eût-on imaginé, en le voyant sa promener sous les combles? On n'avait pas meublé le grenier, et les mal-intendonnés

eussent

ff^sseni pti . juger défaTorabi^^t le

restaurateur de légalité '' * Gesi dans ce . coffre, que &'était c^ché Roberville , et il ne pouvait y resiet toujours. La nécessité de sortir de cette maiaon se faisait plus viv^nent sentir dé tniuiite en minute ; et le caU ixiede la nuit , le sileneeLqui : r^nait partout , avaient rendu quelcfue . cou* rage au malheureux prisonnier;^ Déjà il avait levé le couverele /avec toutes le$ précautions d^uû hocbmè condamné à craindre désormais jusqup'à'j^on om« bre^ U sort: une jambe; il écoute, eu retenant son haleine^ il passe. la se* conde.; ^1 est de bout* 11 va chercher l'escalier , tâcher de gagner le jardin ; à la :(etveur deis espaliers ^it; espère xnont^. Ibu haut: du mur ; et au .risqué) de se c^ssef le cou , il sautera daAiS la rue. U est arrêté dans ce nouveau pro^ jet p%r un jsçufflet qu'il reçoit^ il m IL i : ^ - : ' . io\

ai8 MONSIEUR

6ftit de qui , ni commeni. Il jette un cri : un cri répond au si^n.

Le fias - Normand 9 4en ckercliant le eoffre , allongeait an bras , et le portait circulairement de droite à gauche. La main avait rencontré la iigure malencootrense die Hôberville, et la terrenr était égale des deux eôtés.'Le paquet , écliappé de dessus Faucre bras , était tombé sur le plancher avec un certain bruit. Cette cireonsunce édaira Aober ville, m Mon- » situr le voleur , dit-il en se jetant à a genoux y vous volez en petit , et » moi en grand ^ voilà toute la diffé* a rence , et entre confrères ^ on ne a t^égof ge pas. •

' JSile Bas-Normand avait eu le lemp^ de 5o remettre , il eût pettt^f^ pro- Qié de^etaveu pour prenâpe Je haut ton ) afficher les grands principes, et £e fair<e^ honneur . de l'arresti^ion da coaftère. 11 répondit ^ encore agké

par la' craîm» : « Héks ! .mon che^ » axMy cbaQiinyelé'totonie il {ieut. )i • ' Une petite soeiétéi qui fait la guerre à laf grande , se rapproche , se serre ^ âe soutient réciproquement , et quel-" quefois devient forte par le sentiment inâfiie '4é W faibkssé: Les deui voleurs , âpres s*étre fail humhlemenf leur confession , convinrent d'agir de concert. 11 était égal à Robervillê que son'' mobilier passât dtos les mains dW' éas-^NorinàiQd ^ ou de quelque Pffrisiea.' Le Bàs-!Normaàd était bieri aise de se défaire d'ùnltomme qui né pouvait Taider dan!i ses spéculations , m qui l par cette liaison , était embarrassa^. D^^rès cela i on arrêta que Robervîite ^{"lirait i !nbn par-déssuile MÎùrVfaifce q^^àfîksî^<^ï0^^ pré-

i^n,it pourrai r^e casser' lei jambes, tuai^'^ar la pdftè * qu'en reconnaissante de^ce service » il irait éveiller la fomi»€-(ia «otifrère i la conduirai

bien, plus coi^t q^ ; de Tekilever par parues. D'aiiteor^ < le mari» débarrassa de celfiMà , s'çç^ejttpiBrail 4'^1) . &î|«, un

aiftre;.: . . . • ^ij o;;(» •. / . " ■ . En. çpp44f3li<Bce^ te:.BM*|ffoiYDatid Yafrappfir.À l^^i logiei^p puisse. Ului crie que le rçcors qu'çot â laissée avec lui e^t auaqup.jdf une colique épouvantable , ej qq^l j fem <|«'it Ouvre la pori^. Le .Suisse /)|<;pçAr0' eo^dpraii ,

^^'em^Rd qpe iftflîAiu4^^«t qp'oûlçi

conte y et:^r^itlfl'àdeMt:, ^r I^ clef

. .Robçrvilljç,^ ^h:appéio.^ilb^ç;ei le Bas^jjfofiroaqd), eiSji)feôiq*fiï(i ^%Jkpa-7

lemêfPB ^^Hi^f^t j#SfrélQtgiie£fetJe be3p^n le plus/pressai^vde Rol^r^Iq

étaii de meiirç $^ p4$r$pp2ie^eu Rareté.»

'uyiêiippàVeme''defrai€heur^ à Taidé lié ^ tmoii^àëliiie dés Indes. 11^ se hâta de sortir de Paris.

Le Bas-'Normand réfléchissait , ea atteodaùtlsa femto'è', à ce qui venait Ûé "«?) pAtJ^/t. Si j Wîs' arrêté ^ cet bottime; péôstit^ll, fauràii* t^e^u des créanciers tiné Récompensé honnèie , qui ne m^auràit pas empêché de garder mon paquc^t. J'aurais au moins jou^ légitimement de ce qu^on tn'aurait dbtfnév ce^ui eût; un ^éù allégé cerléîil poids que yéseËS'lâ;>. BàhMqu*îm- J>6fleii après loufi , dé quel 'genre est la jouissance , pourvu qulon jîâuisse ?

et puis i n'est«il pas possible due tout cô qu'il y a'hcr 'sbit^ mtfngé par "la îUstice-, él'aldrs tes créantiiét^ ni^arfrafienfils ^ùmk quoique âhôse ? Ma foi /f ai fdrtWeW^faît de Hîssèr^'fliâèr ce Jiaut v^e diabie 01 me'; rendra peut- être la pareille 'daUfir une tirconslance semlAâiib. IPeifiî*MS-^I«*>ûï prévoir ^ et

si ma conscience crie 5 fe la laîsseraîj dire : elle finira par s'aj^tûser ,. coDama celle de tant d'antres.

A la fin de ce monologue , le Bas- Normand s'aperçui que le jour corn* mençatt k poindre. Il s^eQÙt cpie le jnioment de jeter lep^quet^ ^ ap-dessui le mur était perdu » et il fut leineitr^ dans fe bahut, li avait à peine baissé le couvercle y qu^il secoua les oreilles au brifit de sept it'^hjuit. gra^uds coups du marteau de- )a porte, il descendit i'escalier eQ quatre ^utS;^ oufvHi uIm fenêtre, ei, demanda .du ton le plus calme qu'il put prendre :^ « Qui est là? * — Oiivrc» , cWThuissier Bujsson. * ^ §c Que dîablp.^, disais.' le > Bas-Ifori» mapd i 'en allant ouvrir i. Al!*' le cota* p- ipdiss^ire ara^t bien be^çw 4'eiiv6yer ^ cet huissier I Pourqfioi pârtoge^riavec f loi des prodcùis que nous. Cuvions jt rious.rés^ryePîjietjGpmmetit f0jrai-je 9 dçç; paquets.àpj(éscp(.? • Ce .o'était

DE RiOlBItVXLLÏ. ââS

pa» le eontmissaîre qui envoyais Bnî^* son..

. Ducocfaec avait toucha l^s fonds déposés par les créanciers. Do e^smom«QL il n'avait plus rien de ûoiiimuu avec eux , et il Ini^ importait peu <pi€dle tonrmire^pceiMlrait Ite&r affaire. Dans cette circonstance , il n'y a epie de rinsouciauce à lui reprocher^ el ce n'est pas un crime capital. Mais les empéi^faer de retirer leur&mareba^di^ iies y après s'être &it j^ayer pour tes leut &îfe recouvrer, est uiieidée arcbi^distiKvlique, q«4 ne pouvait sortir qtiel dfi cerveauL de Durocher* Il avait trouvé tet^t simple de tireir encore vingt-cinq lt>uis du propriétaire de rh>ôtel ^ ev h Oivait éxé le prévenir de se mettre^ eii garde contre le coup qu'on lui pré'^^ parait.

Le propriétaire arvaîl passé la soirée précédente à conférer avec son procureur , À peu près aussi honnête homme

3s4i MORSICUm

qfie (0^ <fn figurent dans cette scètie ; et le résultat de la conférence avaii été d'expédier à Buisson IWdre d'aller Siîsir 9 au point du jour » tout ce qu'il y avait.à ChôteL Vous jugez bien qu'où se proposait encore dUnstnt' menier promptement , Tivenient et et* fi^cement»

« Qu'y a-t-ii pour Votre service, > monsieur l'huissier? — Monsieur, je 9^ vieps jsaisir. — De quelle vnart ?— » De celle de M. Ture , procureur aa j^ Châtelet I fon^é du pouroir du pro- 9 priétaire \ de cet hôteL -^^ Vous ve- » nez trop taîd, monsieur. Tout est ^./Baisi, f IL il y a inrentaipe coniraen- .^ ce par. M. lé commissaire Mutel.

» r-r Je Q^ viens pias.trop tard , mona.sieiir, et ^ vous apprends qu'un » commissaire ne peut instrumerUet » que chez les personnes mortes de M mort violente ou subite. — Êtes-'vons ji bîea fkv de cela , monsieur ? »«- Très-

BB KOlKltTrttK. 2^S

» ràr , HftoMieuhr '^ Nou^ a«oti$ ciei>tiiiB- » dantété appelés par les créancierfr..'^ 9 •^^Qui'i/éuréndeBt pa» plus les af* * ' foires que vous . — Qu'est-ce à dire* ii ttioifsiini]^ ^-— Qtt'ay a Ifeu îci à une j»' iicfi<mmilev ^u« le Cfaàtete« e6t Je » triblitiâlréodipéiettti ftique lecom^** » mîssairé'Mîitel n'a rien à voir dans- » toot cela. En conséquence , vous al« » tej9 avoii^ la ^ borné de vous retirer. )» «—Et nosipmf monsieur ?-^Iis sont M ifaitè> cObiM^^fesprift et la - lettre de % totif^s iM ordonnances!. -^£st-<:e une 9 raison' pobr que «nous les perdions ? pi '«-. If on* , je dk'Seulement qtiç vous M ne prélèverez rien sur lie produit de ji la veMeiâes««0ets que je saisis. Mais 9 vH^6 'powéaf tenierrla'v4>îe d^acticn » contre •<:eux i«pii> vous ont miévca » ceuVre- VomS' n'y êtes pas fondés»

9 dépendant , je crois qu'ils ainiéronE » miteux vous dc^Aordeux cents francs^

9^6 . itOMtium .

que do inâng0f ceotrétfiis en plûdoifte5,

» AHods, messieuf^enes retots, ^S' persfez - TOUS dans . ees ' «lifiS^rratei pîitês , eiiayeiEi$bki ^e fteia ue 30Ù ^distrait. M^r )« yais i^anite^ im coup d'œtlparaoule ladEuàisoB.

• Ah^ mon Dieu ! dîtAîl tout bas le clerc de Mutel^ je (eS^S'^uiné , sli irbute «non paqùut 1 iJ alrais^JucB affairé de. IftiMer ^éch^lj^et* ce M» de Rd)«rville j: iomi la^peta m^eta, valu de l'argéat ! €'esi ifulêlquu [chose de l^au qu'une bonue > action qui ne rapporte rie&I .Une 'liOnjiec jkûob n'èscque dhpma 9 Lliuissi8rBuîâeoBi^1|ni«èBciMl mieux agir que pérorer., courait 'de'qhairabre Cfi diambre , ie ma m went. U arrive sous, les toits , 9 troufc.^lè cofire , il lève k couvercle , il; yèi( lei^oquet , il rentr'ôainre. « Ob^ oh'l dk^^Bâ <^est » MUS doute ce coquin de Bas^Nor*

i»E itoBsftTULt. âa^

^ nand qui a fourré cela ici! Vblér ;i un voleur est pain béni, j» Et le pa* quel passe aussitôt du coffre sous un tas de foin , à dix pas dp ik.

Pemlant qu^ ces deux messieurs s'occupent de leurs afiaires personlielifis f le procureur Turc se présente, très-empressé d'agir. Le comipissaire Mutçl arrive prcs^ue en même temps.

|1 est suivi de douxe à quinze ccochet* IJSMSi et des créanciers qui gémis^ :Seilt de voir échapper de la masse ^louze à .quinze écus , qu'ils pouvaient •et qu'ils devaient gagner eux-mêmes.

Le commissaire et le prjocureur entient en expUcsution. .TWc parle dans le sens de ThniSbier Buisson. Mu tel 'Soutient qu'un commissaire doit se iponter €A jopérer partout ou il est re* -quis. Un des créanciers, qui prévcxt ^ue son commissaire sera évincé, -profite de la vivacité et de la iongueur

jde la cositestation , pour alier c&ci^

cbei" màkre Boisang» autre procoretlr, digne à tous égards de figurer avee sou confrère Turc.

« Monsieur , dit maître Boisang à 3 maître Turc, un propriétaire a droit a de saisir , sans doute , mais jusqu'à a concurrence des loyers ; «t je saisis^ » moi, afin d'assurer le surplus anl M créanciers^ -^ Maître Boisang , il •a existe un bail de trois , six , neuf) a et pour assurer les loyers de troî6 n ans, fe saisis la totalité, parce que a je ne sais combien ces guenilles sea roni vendues. -** Des guenilles , màtji tire Turc , des guenilles ^ Ce mobij» lier paierait Thétel et au delà, fe :a saisis le tout de mon côte , sauf à pré- » lever sur la vente ce qui setfa alloué » au proprtétaice ; et je soutiens qu'il » ne peut , Lorsque le locataire esl^iiH »solvable, prétendre, en. indemnité » que la faveur d'un an de loyer. -" % Moi ^ je souiieji$ le coniraire^ malt^

DE llOBERTitLE. 'â9§

M Bôisang , et je prouverai mon dire k » Taudience. -*^ A laudience ! Ah I » vous voulez plaider ! Je fais assigner 9^ dès ce jour ; demain je présente re^ '» 'quête, et en attendant , je commence » mon inventaire , ' entendez - vous V » maître turc 7- — Je commence ausSî 9 le mien , maître Boisang^ Vos menst* '» ces ne me font pas penr. Ah , ah-!; » j'en ai vu bien d'autres.

;i- Permettez , dit le commissaire » Mu tel y que je saisisse, et que jMn?n ventorie aussi, pour sûreté des émo*- » lumens de ma vacation d'hier et » des écritures faites. — Qu'est-ce que ji c'est, monsieur le commissaire, h qu'est-ce que c'est ? Pour une miséji rable bagatelle , vous allez multiplier » les frais , frustrer des créanciers lét gîtimes....-^Et ne deviens-je pas 9 créancier légitime aussi, moi qui ai » été mandé ? Je veux multiplier les M frais ^ dites-vous ? £h l îMssieurs*^

M fait^an quelque cboM Mus fimtf % el 9 les procureurs ont-ils le droit esdn- » stf d*ea .fair« ? je saisis et j'inveotorie 1^ à mes risqufls et périls,

» Arrêtez ^ messieurs » err^leys I sé^- » crie en entrant maître Grugeons; n c'est moi qui saisis «t inventorie ji pour M. Bernard , qui a fourni trois m services d'argent , un de vermeil , » cinq bagues et trois bottes d'or, ji w« Vous n'êtes pas fondé, réplique ji vivemew maître Tiuric^Ëtppiarquoi'} ji reprend maître GrugeQus. — Mou ji huissier a'a trouvé ici aucun des ar« M iides dont vous parles. «-^U« ont été

• distraits sans doute- IMUi^ j'ai moa ;i mémoire arrêté, et }'enfends être M admis & partager au mwQ la livre.— j» .Attaquez le débiMar éàm^ «es bi^s- 4» ibuds. Vous av^z tcpntre lu^i la voie > de Texpro^natio^ loroée.-r^Ooyea-

# vous me réapprendre ? Mais vous IV » v«B aussi I et wus «n userez y n'est- ii

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