DANS LEQUEL ON REVOIT BIDOIS
Grâce à la promptitude avec laquelle Adolphe produit tous les papiers qui constatent sa naissance et sa parenté avec Georges Dalmont, il est bientôt en possession de son brillant héritage, et libre d'en faire l'usage qui lui plaira.
Si la fortune ne fait pas le bonheur, il faut convenir au moinà qu'elle y contribue beaucoup. Avec la facilité d*^ satisfaire tous ses goûts, toutes ses volontés, comment ne pas éprouver de la distraction a ses chagrins. C'est ce qui arrivt à Adolphe : il aime toujours Eugénie, mais il ne se désespèff
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plus de ne point la posséder; il pense souvent & elle, mais iî se distrait aussi assez souvent. Charles et Louise espèrent que le temps fera le reste.
Adolphe 4 acheté une jolie petite maison à Pans; cette maison ne sera que pour lui et ses amis, il ne veut point d'étrangers sous son toit.
Il fait ensuite, par l'entremise de son notaire, l'acquisition d'une terre considérable, à vingt-cinq lieues de Paris : il y a un petit château, des fermes, des bois, des prés, et tout cela ioit lui rapporter quarante mille livres de rente.
Adolphe cûarge Louise de faire meubler et décorer sa maison de Paris. La petite femme n'est point née dans l'opulence, mais elle a du goût, de l'ordre, et c'est tout ce que veut Adolphe; d'ailleurs il n'a pour amis que Charles et sa femme, 2t c'est toujours à eux qu'il demande conseil. S'il voulait s'entourer de flatteurs, d'intrigants, de parasites, il lui serait bien facile d'avoir une foule d'amis 1.., mais ceux-là ne le tentent point. Louise n'a pas un moment de repos, il faut qu'elle coure sans cesse chez les tapissiers, les peintres, les miroitiers ; c'est elle aussi qui doit choiaïr et arrêter des domestiques pour Adolphe. Charles fait un peu la moue, parce qu'il ne voit presque plus sa femme de la journée, mais Adolphe rit de sa peine et lui dit : « Tu la reverras ce soir, » et Charles répond : « Ce n'est pas assez, » et regrette quelquefois ses journées de travail et d'amour,
Enlin la maison d'Adolphe est meublée, décorée, prête à le recevoir. Avec de l'argent à Paris, on imite les changements k vue de l'Opéra : l'or est la baguette magique qui opère toutes les métamorphoses. Adolphe veut que ses amis vienaent loger avec lui dans sa maison. Charles n y consent pas : il craint de ne plus voir sa femme tout à son aise, et Louise nense, comme son mari, qu'ils ne sont pas nés pour faire les seigneurs, et que c'est en contmuant de travailler qu'ils m rendront ^*gnes des faveurs de la fortune.
« Ils sont incorrigibles, dit Adolphe, ils veulent toujours Liavailler!... Et moi, il faudra donc que je sois heureux tout seul dan» ma maison?je m'ennuierai à la morti — Vous irez visiter votre terre, vos fermes, vos bois... —Vous av«z'raison... Mais avant tout, il faut que je vous voie établis. » Adolphe
offre à un graveur le double de ce qii", vaut son fonds, afin de le décider à le quitter : le marchand accepte, et notre jeune homme fait encore embellir une boutique déjà jolie, en faisant placer partout des glaces, des vases, des candélabres. Puis il cond^^ifis jeunes époux dans leur nouveau domicile, en leur disant ; « Vous voilà chez vous. »
Charles gronde, il trouve que c'est beaucoup trop beau, trop riche, trop brillant; il est prêt à se fâcher. Louise l'apaise eniin ; une jolie femme s'habitue aisément à voir son image se répéter autour d'elle. « Mon ami, dit-elle à Charles, il faut cependant bien lô céder un peu et vouloir ce qu'il veut... — Charles, dit Adolphe, quand vous m'avez supplié de ne point me jeter à l'eau, je vous ai obéi... et cependant il s'agissait de quelque chose de plus important que Tobjet qui nous occupe. Quand on a fait pour quelqu'un ce que vous avez fait pour moi, on n'a plus le droit d'en rien refuser; que cette discussion soit la dernière qui s'élève entre nous. »
Les deux jeunes gens s'embrassent, tandis que Louise court déjà dans toutes les parties de la boutique et du logement qui en dépend examiner, fureter, admirer; elle revient enchantée, sautant, dansant, et les larmes aux yeux, elle va embrasser Adolphe en lui disant d'une voix attendrie : « Qu'est-ce que nous avons donc fait pour être si heureux!... » Et Adolphe la presse dans ses bras et les laisse prendre possession de leur nouvel établissement.
Adolphe a encore un projet qu'il broie a-exocuier; maii Bidois consentira-t-il à quitter une maison où il travaille depuis si longtemps? Quand on vieillit, le bonheur est dans les habitudes. Adolphe envoie un de ses valets prendre des informations sur ce qui se passe chez le passementier. Le domestique revient annoncer à son maître que madame Moutonnet, voulant se retirer du commerce, a vendu son fonds, qui doit, dans quelques semaines, passer dans d'autres mains. .\dolphe est enchanté de cette circonstance, qui le favorise, et il faii prier le vieux commis de passer chez lui.
A la vue d'un domestique en livrée qui vient le chercher dans le cabriolet de son mailre, Bidois croit rêver; il ne peut Be persuader que c'est à lui qu'on en veut. Le valet a reçu d'Adolphe l'ordre de ne point le nommer. Il engage le vieux
commis à le suivre, en lui promettant de le ramener en voilure, ce qui abrégera son absence. « Il faut que ce soit pour quelque commande, » se dit Bidois. Il va prévenir M. Moulonnet, dçmt la femme est absente, et se décide à monter en cabriolet-, ayant encore sa plume derrière son oreille.
Chemm faisant, Bidois veut faire causer le valet. & Quel est votre maître? lui demande-t-il. — Un jeune homme qui a cinquante mille livres de rente. — C'est donc un jeune homme de qualité... de naissance... Il veut sans doute faire mettre des franges dans toute sa maison. — Je ne crois pas ; on vietit do la meubler à neuf. — Alors, c'est pour un de ses châteaux V... — En effet, je crois lui avoir entendu parler de sa terre... — J'en étais sûr! Il fallait donc me laisser prendre des échantillons. Vous verrez que je serai forcé de retourner. »
Le cabriolet s'arrête ; Bidois descend, et l'élégance de la maison lui donne la plus haute idée du maître qui Ihabite ; mais il n'en conçoit pas davantage pourquoi on s'est plutôt adressé à lui qu'à madame Moutonnet. Enfin on l'introduit dans un salon, et le valet lui dit : « Voici mon maître. »
Adolphe est assis dans un xauteuil ; il s'amuse de la figure que fait Bidois, debout devant lui, le regardant et ne voulant pas le reconnaître. « C'est bien moi, Bidois! » dit enfin Adolphe. A sa voix le vieux commis fait trois pas en arrière, a C'est moi, Adolphe Dalmont, que vous avez si maltraité il y a quelque temps!... » Bidois se recule encore. « C'est moi à qui vous avez fait dernièrement une si drôle de mine, lorsque j'ai passé devant votre boutique en revenant à Paris. »
Bidois recule toujours en portant ses regards vers la porte, Toulant se ménager une retraite ; car il est persuadé qu'Adolphe l'a fait venir pour lui faire payer les tours qu'il lui a joués. i< Rassurez-vous, mon cher Bidois, je suis loin de vous en vouloir, s'empresse d'ajouter Adolphe pour calmer la terreur qu'il lit dans les yeux du vieux garçon, vous avez agi d'après les ordres de madame Moutonnet, cela devait être; vous deviez >lutôt, en effet, seconder la vigilanç "\une mère que les étourderies d'un amant... Mais écoutez-moi : je suis riche maintenant; je possède à vingt-cinq lieues d'ici une assex belle propriété : dels fermes, des terres en dépendent; il me faut an intendant; un régisseur... un homme enfin, qui prenne
soin de mes intérêts, et je vous offre cette place... — A moi, monsieur î-^'lcrie Bidois en saluant Adolphe jusqu'à terre. — Oui, à vous... Combien gagnez-vous chez madame Moutonnet? — Huit cents francs, la table fe^ le logement. — Je vous donne mille écus, avec les mêmes avantages et le droit de "9us fairs obéir par tous les autres domestiques près desquels vous me remplacerez en liion absen'^.e. — Mille écus !... » Bidois salue et reste la tête inclinée vers la terre. « Oui, mille écus, et ce n'est point trop vons payer, car je connais votre fidélité, votre probité... Je trouverais des régisseurs à quinze cents francs, mais ceux-là me voleraient plus de six mille francs par année; vous voyez bien que je gasne cent pour cent avec vous... — Ah! monseigneur... je suis confus... — Point de monseigneur, Bidois; je ne suie toujours qu'Adolphe Dalmont. — Mais j'aurai l'hoûneur de vous dire... je ne sais faire que des additions... — C'est tout ce qu'il faut, mon ami, j'aime mieux cela que des soustractions. Soyez tranquille, vous vous mettrez facilement au fait de mes affaires; avec vous je suis certain qu'elles ne seront jamais embrouillées. Faites vos arrangements, vos préparatifs ; je ne veux point que vous quittiez brusquement madame Moutonnet... — Monseigneur... monsieur Dalmont, Adolphe... je serai libre dans quinze jours... Car le fonds est vendu, et... — Eh bien donc, à auinze jours; vous viendrez vous établir ici, puis nous partirons ensemble pour aller visiter mes propriétés. Tenez, Bidois, voici notre pot-de-vin. »
Adolphe glisse vingt louis dans la main de Bidois, qui ne trouve plus d'expression pour fieindre sa reconnaissance ; il veut recommencer ses saluts, mais le jeune homme y met fin en descendant l'escalier, et montrant le vieux commis à ses gens rassemblés dans une salle du bas ; « Voilà mon intendant, leur dit-il, vous lui obéirez comme à moi-même. »
Les domestiques s'inclinent devant le nouvel intendant. Bidois ne sait plus où il en est, il sourit, remercie, porte sa plume à sa bouche, ôte et remet son chapeau, se retourne de tous côtés eo commençant des phrases qu'il ne finit pas; mais Adolphe termine cette scène en le faisant monter dans le cabriolet qui ramène lestement le nouveau régisseur à sou ancienne place.
Madame Moutonnet de son
commis, et elle trouve fort extraordinaire qu'il soit sorti sans sa permission. Elle gronde son mari de l'avoir souffert, et M. Moutonnet essuie en silence les reproches de ^a femme. Enfin un cabriolet s'arrête devant la boutique; Bidois en descend et eatre dans le magasin, d'un air dassurance, la tête haute, le regard fier, et repoussant la porte avec force derrière lui, ce qui ne lui était jamais arrivé depuis quinze ans qu'il habitait chez madame Moutonnet.
a D'où venez -vous, monsieur Bidois? demande la passementière d'un ton sévère. Pourquoi sortir dans la journée sans mon autorisation?... vous avez été absent plus de vingt-cinq minutes. » Bidois se jette sans répondre sur la banquette du comptoir, et tirant son mouchoir de sa poche, s'essuie le front et prend une prise de tabac. « Est-ce que vous ne m'entendez pas, monsieur Bidois ? » répète madame Moutonnet en haussant sa voix, tandis que le mari dit à son commis : « Bidois, ma femme te demande d'où tu viens?
— D'où je viens!... d'où je viens? répond enfin Bidois, vous le saurez tout à l'heure ! laissez-moi donc le temps de respirer!... — Qu'est-ce à dire!... Que signifie ce ton impertinent?... — Impertinent! madame... ménagez vos expressions, je vous prie. — Il ose m'imposer silence... me répondre, me tenir tête!... Est-ce bien Bidois que j'entends? Voyez donc comme il me regarde, monsieur Moutonnet!... — Bidois.,. est-ce que tu viens de déjeuner en ville, mon ami?... Je ne t'ai jamais vu des yeux aussi ouverts... — Ce polisson-là vient de se griser, cela est certain... — Polisson!... moi!... me griser!... MadameMoutonnet, respectez l'intendant, le régisseur., l'homme de confiance de M. Adolphe Dalmont, qui a cent mille livres de rente, des terres, des fermes, des bois, des bestiaux que je vais gérer... et à qui vous avez refusé votre fille... — Qu'est-ce qu'il dit?,. Comprenez-vous cela, monsieur Moutonnet? — Mon cœur, il a parlé de gérer des bestiaux. — Cent mille livres de rente! monsieur Adolphe Dalmont! un mauvais sujet qui se permettait d'aimer ma fille... — Un mauvais' sujet!... un homme qui me donne mille écus d'appointements!... Vous l'aviez bien mal jugé, madame!.., — Mais enfin, Bidois, expliquez-vous. »
Bidois raconte son entrevue avec Adolphe, et, selon l'usage,
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amplifie sur tout ce qu'il a vu : la maison est un palais, la terre un château, les revenus imm.enses, et son maître ua seigneur; il termine en montrant le joli pot-de-vin qu'il a reçu. Madame Moutonnet se fait répéter tout cela trc is fois, et chaque fois que Bidois recommence, il augmente cr.core la fortune d'Adolphe qui devient bientôt le marquis de Carabas. Madame Moutonnet pousse de grandes exclamations et regarde ■son mari qui ne sait pas ce qu'il doit dire, et attend pour le savoir que sa femme ait parlé.
« Ah! mon Dieu!... entendez-vous, monsieur?... une terre! on château!... des biens immensesl... — Oui, m'amour... — Un carrosse, une calèche!... des bois!... — Des bois, mon cœur!... — Et vous ne dites rien, monsieur Moutonnet? — Qu'est-ce qu'il faut que je dise, ma femme? — Mais monsieur, il aurait été notre gendre... Ma fille serait duchesse au lieu d'être épicière... et son mari ne serait pas venu, comme cet imbécile de Dupont, nous dire que sa femme ne veut pas. — Non, m'amour, il ne nous aurait pas dit cela... — Ah! si j'avais pu prévoir... deviner!... Mais pouvais-je présumer que ce jeune, homme hériterait d'une fortune considérable?... — Non, mon cœur, vous ne pouviez pas le deviner... — Ah! taisez-vous, monsieur Moutonnet, taisez-vous, vous me faites bouillir avec votre sang- froid!... Il n'y faut plus penser enfm!... — Eh bien! ma femme, n'y pensons plus. — Ahl cela vous est facile à dire... Nous allons nous retirer du commerce avec nx mille livres de rente; mais nous aurions été habiter le château de mon gendre!... — J'y aurais joué au domino tous îes soirs... — J'en mourrai de chagrin, monsieur Moutonnet... — Vous aurez raison, mon cœur. »
Pendant que les deux époux se chagrinent, Bidois se réjouit et hâte de ses vœux le jour de sa prise de possession de la place de régisseur. Enlin ce jour fortuné arrive . Bidois fait porter ses paquets à la maison de son jeune maître, et fait ses adieux k ses anciens chefs. M. Moutonnet pleure en embrassant Bidois; madame Moutonnet lui serre la main avec intention. « Dites bien à M. Adolphe Dalmont combien je regrette..» mais non, Bidois, ne lui dites rien, je crois que cela Tandra mieux... — Oui, madame, dit le vieux commis, qui t'est fait habiller à neuf des pieds à la tête, avec son pot-de-
fin, et ne s'est jimnis vu si beau, je ne parlerai pas de vuii^ ^ monseigneur, je crois quo cela lui fera beaucoup pins do de plaisir. »
Adolphe attend l'arrivôe do son intendant poor aller visiter ses domaines. Sa fortune lui permet maintenant de jouir de tous les plaisirs de Paris; mais c'est encore près de Charles et de Louise qu'il préfère passer son temps. Les jeunes amis n'osent point l'appeler leur bienfaiteur, parce que cela fâcherait Adolphe; mais ils ont pour lui ces prévenance, cet attachement sincère que l'on cherche souvent eu vain dans les personnes que l'on a obligées.
A peine Bidois est-il arrivé, qu'Adolphe le fait monter avec lui en voiture. Le nouvel intendant, })!cin de respect pour son maître, se tient bien roide sur le devant; et Adolphe n'a pas peu de peine à le mettre à son aise et à le décider à s'adosser aux coussins, et à allonger ses jambes qu'il n'ose pas bouger. Bidois ne soufile pas le mot, mais Adolphe parle d'fciugénie, et il parle toujours, ce qui dispense Bidois de répondre; il se contente de sourire, d'approuver et d'incliner la tête. Cependant Adolphe veut absolument savoir comment s'est passé le jour des noces, et cette fois Bidois est forcé «le répondre : il dépeint la tristesse de la jeune mariée, sa liguro pâle et désolée, Adolphe interrompt souvent Bidois en disant : € Pauvre petite!... Pauvre Eugénie!... Et je l'accusais !.,. — Enfin elle n'a pas dansé le jour de sa noce, dit Bidois, et cependant le bal était magnitlquel... — Elle n'a pas... — Non, monsieur, elle n'a pas dansé. » Adolphe porte son mouchoir sur ses yeux, et Bidois, qui croit qu'il a dit une b«îti*e, s'empresse d'ajouter : « Ahl si fait, pardonnez-moi, elle a dansé la boulagère. » Mais la conversation est iinie ; Adolphe est tout entier à ses souvenirs, et il ne parle plus pendant le reste de la route. Bidois, inquiet de ce silence, se dit en lui-môme : « Il ne fallait peut-être pas lui dire qu'elle avait dansé la boulangère. » J
On arrive enlin. Adolphe est enchanté de son petit château. et il l'a déjà visité depuis le haut jusqu'en bas, que Buiois n'a encore examiné que la basse-cour et le garde-manger. Le* paysans viennent saluer le nouveau propriétaire, et Bidois, ^ui veut à toute force que ce soient des vassaux, leur i»romet
ùciii, ■ ^eatîg pforTtiétaiî-Cj îul gagse&t bientôt
iouâ les ecsurâ. Adolphe, va toir ses fefmiei-». iendaal qu'il jaso avec sa fermière, qu'il cajcssé ses enfants, Bidois parcuuri riiiibitation, cl s» fait rendre un compte exact du p-rodiiîL Le le lidemaiu Adolphe parcuurt ses bois, ses préi, ses \i jT lies, cl le nouveau régisseur le suit un carnet à la maiu, prenant s^5 noies au crayon. Le soir il va dans le village, entre partout, s'ioforme de tout; puis il vient faire un rapport à sou maître, ea lui proposant déjà des économies et des améliorations.
« Mon ami, dit Adolphe à son intendant, ne renvoyez per- -. r.no, je ne veux pas faire de malhourcui. Pénéti'ez-voiw bii-n ùe iras iiilentions. Je vais relourner à Paris, vous resterez ici.
— Oui, monseigneur. — Encore une fois, plus de munseiç'ùcur..,. — Oui. nionsi^'ur... — Si les habilanls veulent voiiir
d.ins mon parc, dans mes jardins... — Je ne les laisserai p^jts en- !:»n-. — Au contraire, vous le lenr pçrwieliî'ez loujours. Si uu%i
irmiers ne paycnlpas bion cxaetement... — Je les poursuivrai.
— Nm, vous leur accorderez du iôiivpis, de* délais. ~ Sï quol- ([ues braconniers chasscut sur mes terres... — Je les fer^ii tneltreeu prison. — Non, vuus vous informerez de leur situation, et si c'est par besoin qu'iis stifil e.nipaldes, vous leur l>;rez dotiuiîr de l'oavrago atin qu'ils n'aient, plus de nioLifs pour ma! laii-^». Enlia si quelque incendie détruit la chauujière ou la récoHo d'un malheureux... — J'y ferai porlër de l'eau. — Vous y porterez aussi de l'aigcnt pour qu'il pui.^c réjMirer sa perle ; il si quelques amants honnêtes ne peuvent se marier par dél.ul de fortune... — Je leur défendrai de se voir. — Au couliaiie, vous les marierez, et je me chargerai de la dut. Vous m'avoz entendu, Didois; tâchez de rendre ces bons villagooia heureux, alin que, contents de leur semaine, ils puissent le dinuini-ho danser gai'^ment sur la pelouse... je paierai leur orciifcsUe. — Cela sufiit, monsieur... Faut-il que je danse aussi?
— Ohl quant à cela, vous en êtes entièrement le rnaiLre. » .\i-viis av<»ir duoné à son régisseur ses dernières inshuctiouj», A û.;iph'3 !■« tourne à Paris revoir ses jeunes amis; ^t k^.dois, >;.;! st; trouve ii;raudi de deî.'A pouces depuis qu'il est intcnriuol d uu joli ciiVte-iu. te U'j».icl k parcour'ir les propriétcj qu U va léo'ir, et cuiaiacuce mi Loavciici foûLlious eu iùi&di^
)^.icv k l'eau un chien de basse-cour qui a eu l'impertinencs ef« sauter après les mollets de M. le régisseur.