‹ Monsieur, madame et bébéChapitre 26 sur 41 · MON PREMIER-NÉ · texte numérisé non relu

MON PREMIER-NÉ

C'était le 1 5 février au soir. Il faisait un froid de loup. La neige battait les vitres et le vent sifflait avec rage sous les portes. Cependant mes deux tantes, assises autour d'une table, dans un coin du salon, poussaient de temps en temps de gros soupirs et, tout en s'agitant dans leur fauteuil, lançaient à chaque instant des regards inquiets vers la porte de la chambre à coucher. L'une de mes tantes avait tiré d'un petit sac en peau, resté sur la table, son chapelet indulgencié, et le disait à deux mains, tandis que sa sœur, mon autre tante, lisait en remuant les lèvres un volume de la correspondance de Voltaire qu'elle tenait fort éloigné de ses yeux.

Pour moi, j'arpentais le salon à grands pas en mâchant ma moustache, — une mauvaise habitude dont

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