‹ Monsieur NicolasChapitre 4 sur 25 · XXII RESTIF HOMME DE SON SI F CLE · texte numérisé non relu

XXII RESTIF HOMME DE SON SI F CLE

volumes qu'il publia sous le titre de lAicile ou les Progrès de la vertu (1).

" Il y nommait en partie, les lieux et les personnes, et désignait les autres par des initiales très transparentes. Cependant l'héroïne restait pure, comme Clarisse Harlowe, mais c'était bien plus hardiment que dans le célèbre roman de Richardson, la théorie de la faute irréprochable et de l'enlèvement vertueux. Quatorze ans après il abrégeait cette composition pour lui donner une place dans son livre des Contemporaines sous le titre nouveau des Crises d'unejolie fille (tome VI). Enfin, quand dans sa vieillesse, il publia les Mémoires de sa vie (2), si pleine d'agitations passionnées, il revint encore sur cette malheureuse héroïne qtie de son nom, fatnilier il appelle Cadette Forterre, dont les grâces et les distinctions avaient laissé de vifs souvenirs dans son cœur et qui était, dit-il, une des plus charmantes Auxerroises dont il eût jamais rêvé » (3).

Lucile et Madame Parangon — pour les appeler de leur nom, Catherine Forterre et Collette Fournier, car la belle Madame Parang-on (4) était la femme de l'imprimeur Fournier (5), c'est-à-dire du patron de Restif, ce patron dont il était jaloux, qu'il a sans cesse représenté dans Monsieur Nicolas conitne un vicietix débauchant toutes les filles à son service, et qui avait déjà figuré dans le Paysan et la Paysanne avec une fonction différente — Lucile et Madame Parangon, c'est-à-dire les deux figures capitales de l'œuvre de Restif,

(1) Lucile, le second ouvrage de Restif , parut en 1168 et porte comme nom d'auteur : par un Mousquetaire, parce que Lucile c'est-à-dire Catherine Boyard de Forterre ramenée à Auxerre par son père, fut mariée à un gentilhomme d'une province éloignée, mousquetaire endetté, M. de Puisaye.

Lucile a paru sous nombre de titres différents : La fille entretenue et vertueuse ou les Progrés de la vertu — La Fille enlevée, entretenue, prostiluée, vertueuse — L'Innocence en danger, etc.

(2) Monsieur Nicolas. — Voir une communication de /'Intermédiaire des chercheurs et des curieux (tome XXIII, pages 206, 440) : Monsieur Nicolas est-il la confession de Restif?

(t) Voir encore sur le séjour de Restif à Auxerre: — Chardon, Histoire d'Auxerre. — Challe et Quantin, Mémoires sur THistoire civile et ecclésiastique du diocèse d'.\uxerre {suite de l'abbé Lebeuf); — Ribiere, Essai sur 'histoire de l'impression dans le département de l'yonne.

(4) Il lui avait donné ce nom de Parangon parce que c'eit^ à la fois, le nom d'un caractère d'imprimerie et le qualificatif propre à un diamant, à une perle sons défaut. Parangonner, parangonnage, tant également, on ne l'ignore pas , des termes d'imprimerie.

(5) Michel François Fournier, né en 1115, maîl'-e-imprimeur de i742 à 1182, avait épousé, en secondes noces, le 10 mai 11^5, Marguerite Collet, morte le 28 décembre 1151, donl il eut deux fils et deux filles. H fut Juge-consul, et c'est à lui qu'on doit /'Almanach et les Affiches d'Auxcrro.

RFSTIP HOMMF DF SON SiècLE

auprès desquelles ou Bourtrti i cf nonnes de moindre importance, notées dans Mon Calendrier, et qii'on va voir évoluer dans les Mémoires de noire écrivain.

Madame Parangon qui, tout autant et aux mêmes titres que Madame de Warens, mérite de passer à la postérité, car elle fut bonne, sentimentale et vi'rîuitise , victime bien innocente de sa faute, ou pour mieux dire de la passion de J^estif ( 1 ) ; — Madame Parangon qu'on ose encore, à peine, appeler de son vrai nom: Madame Four nier (2I, comme si elle n'avait pas droit ,a in s i

{\)Madaine Parangon ne survécut pas longtemps aux attaques passionnées île Restif, ainsi qu'on le verra dans Monsieur Nicolas.

\^1) l'uni l.ttcroix.le premier, arracha l'anonymat Soiut lequel Hestif avait caché la belle Auxerroise.

viennent se runircr toutes les belles Auxerroijti

— Vue r ,'<• J'Auxerii n

qui l'environnent, d'après une pitolu^rapltte due à l'obligeance de M. Gendre.

' L'ancienne maison de l'imprimeur Fournier i\) est la maison Oarreau-Dlirr {la plus rappr^nhée de l'Horloge) et la sortie dont parlera Restif se trouvait et se trouve encore derrière la maison formant coin, occupée actuellement par un armurier. Il serait à souhaiter que la municipalité d'.lu.rcrre commémora par une plaque le souvenir des imprimeurs célèbres et du séjour de Reitif.

(1) Le descendant de fournier est M.Gallot. ancien député d'Avatlon, toujours imprimeur à AujLtrre et amateur très éclairé. Il possède tous les bois anciens ai/ant servi à l'illustralion des livre.: sortis des presses célèbres des fournier. l'iusieurs ont été reproduits dans l'ouvrage de Henri Monceaux : I.h UoyoUiUou iIhus lo dt^piirtemout lit- rYniiiie {Auxerre, it<90\.

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