JE SUIS ENFANT DE CHŒUR
e suis interrogé par le chapelain de Courgis qui me félicite sur mes dispositions. — On me prédit que je serai, un jour, un saint. — Auxerre me frappe d'admiration. — Je prends les carrosses qui vont à Fontainebleau pour une troupe de voleurs. — a Mon père, je veux demeurer toute ma vie à Paris! » — a Ho! que de petits curés! », — Mon premier tableau littéraire : la marchande de pommes cuites. — Mon arrivée à Bicêtre : la table, mes occupations. — Mon amitié avec Nicolas Fa\ el : sa jalousie.
— Les jolies sœurs grises : Esther. — Sœur Rosalie me dévore des yeux.
— La lecture au réfectoire des prêtres. — Pèlerinage à Sainte-Geneviève.
— La guerre aux Jésuites; nous quittons Bicêtre. • — Je me considère comme un petit persécuté. — Je regarde avec frénésie les jolies Parisiennes. — Je possède une jeune noire. — a Mon pitit blanc! » — Mon retour à Auxerre.
ON me remit entre les mains de la bonne gouvernante, le mardi 1 5 octobre, et mon père devait venir le lendemain dîner à Courgis pour me mener coucher à Auxerre ou nous devions prendre le coche, le jeudi matin. Nous arrivâmes à la fin du jour, mais je ne vis mon frère qu'à souper; il eut l'attention de me recevoir d'un air riant et plein de douceur. Après le souper, nous allâmes chez le bon M. Foynat, chapelain du seigneur baron de Courgis. 11 y avait en ce moment, chez le chapelain, une demoiselle de Courtives, de Chablis, une dévote appelée sœur Pinon et sa servante. Tout cela se leva et baissa modestement les yeux à l'arrivée de M. le Curé. Le bon chapelain m'embrassa en riant. Dès le premier