‹ Monsieur Piégois; comédie en trois actesChapitre 109 sur 156 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

(le pensée, que beaucoup ne se l'imaginent. Mais j'ai pris une résolution qui ne peut pas changer... Comprenez-le.. Ne me forcez pas!. .

PIÉGOIS

A quoi?

HENRIETTE, un temps.

A rien.

PJÉGOIS

Ahl je sais bien que,vous ne me dites pas le fond de votre pensée, que vous ne me diles pas la vérité, ni les raisons que vous avez de m'enlever toute espérance, même légère, même lointaine, les autres raisons, les vraies!

HENRIETTE

Je n'en ai pas d'autres, et si j'en ai. elles m'appartiennent.

PIÉGOIS

Écoutez-ttioi... écoutez-moi... Les obstacles qu'il y a entre nous, les obstacles plus ou moins insurmontables, je les connais. Le

métier que j'exerce? Mais... d'abord, je ne vais plus l'exercer. Je vais tout disperser ici, tout balayer, c'est fini! Qu'une union entre une fomme de votre monde, de votre ran»; et moi, n'en reste pas moins disproportionnée et insolite, j'en conviens. Je ne réfléchis qu'à ça... je me le crie toute la journée... Je sais tout ce qu'on peut dire et tout ce qu'on vous a dit de moi ! Que je suis en marge de la société, puisque je ne suis ni fonctionnaire, ni médecin, ni ingénieur; que, pendant toute ma jeunesse, j'ai roulé dans Paris, gagnant ma vie comme je pouvais, et ce n'était pas toujours commode ! Que je suis par conséquent un irrégulier et un déclassé, tandis que vous appartenez, vous, à la plus haute, à la plus vieille et à la fière bourgeoisie!... Oui, c'est vrai!... Mais enfin, ils n'existent plus les grands abîmes sociaux qui séparaient les gens autrefois ! Et entre le déclassé et la bourgeoise, on ne peut pas recommencer pourtant la vieille histoire de la fille noble qui repoussait un manant !

Eh ! Monsieur... Vous cherchez à mon refus

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