ACTE PREMIER
FLORISEL
Souffrez...
SCAPIN. i
Je souffrirai si je veux, grand merci ! Et j'admire qu'un tel godelureau s'arroge (
Le droit de me parler sans que je l'interroge. j
SUZETTE
Enfin, mon père...
SCAPIN
Toi, si tu veux mon avis, fiens-toi tranquille, et très tranquille, ou je sévis. Je ne sais qui me tient, en vérité, coquine, De t apprendre comment les cinq doigts font un quine, En passant sur ta joue, ainsi que je le dois. Cette démangeaison que j'ai dans les cinq doigts.
SUZETTE, à genoux.
Oh!
FLORISEL et TRISTAN, même jeu.
DORINE, roulant le calmer.
Mon ami...
SCAPIN
Non I
DORINE
J'admets ta colère.
Mais à parler tout seul est-ce que l'on s'éclaire ? Si tu me laissais dire et si l'on s'expliquait, Maintenant que chacun a reçu son paquet.
30 MONSIEUR SCAFIN
SCAPIN
Que m'expliquerais-tu? La chose est trop palpable : Vous êtes tous en faute, et toi la plus coupable.
DORINE
Vertudieu ! tu me prends pour une autre, à la fin. Eh ! monsieur, après tout, n'est pas un aigrefin ; On peut bien lui parler sans que l'on s'égosille. Il vient nous demander la main de notre fille.
Bon ! Il ne l'aura point.
SUZETTE, pleurant.
Hi! hi!
DORINE
Dame ! On peut voir.
SCAPIN
C'est tout vu.
DORINE
Ton enfant pleure.
SCAPIN
Sans m'émouvoir.
Elle peut aussi bien danser la pirouette ! Je ne veux point passer pour une girouette. Moi, n'est-ce pas ? Je tiens tout ce que je promets. Or j'ai promis sa main.
SUZETTE
Au Barnabe ? Jamais !
Je préfère mourir.