‹ Monsieur Tardif, comédie-vaudeville en un acteChapitre 11 sur 20 · DIDIER, FÉLICITÉ · texte numérisé non relu

DIDIER, FÉLICITÉ

FÉLICnÉ.

' Comment, mon frère, ce que MadeHne vient de m'apprendre serait-il vrai ?

DIDIER

Eh 0!ii, sans ^oute...» Je crois qu'enfla nous tenons un établissement*-

FÉLICITÉ

Vous voyez donc Lien ce que je vous disais... Rien n'e'tait plus facile; et si vous aviez voulu vous en occuper... il y a long-temps que ce serait fait.

DIDIER

Est-elle aimable! voila pourtant comme elle me remercie... Enfin, ma soeur, c'est un coup du ciel; je n'espérais pas pour toi un aussi beau mariage... dix mille livres de rente, et un homme qui est encore fort bien.

FÉLICITÉ

>^ Il me semble que, de son côté, il n'a point fait... non plus une mauvaise affaire^ et qu'il pouvait plus mal choisir.

AiPt : De Voltaire chez Ninon.

Voyez cet embonpoint flatteur I Voyez quelle tournure aisée !

oïDiEB , à part.

Quel beau rouge I quelle fraîcheur I Dieu! comme elle est bien déguisée !

Tâchons avec même bonheur, Pour rendre la chose plus sûre, Qu'elle fasse pour son humeur, Ce qu'elle a fait pour sa figure.

{Haut.) Vois-tu, ma soeur ^ à cause de Tardif... il faudrait peut-être aujourd'hui... t' observer un peu.

' FÉLICITÉ

Est-ce que vous ne me trouvez pas bien ?

DIDIER

Si fait... mais il y a des futurs exigeans, qui tiennent au caractère... Voilà pourquoi je t'avertis de prendre garde... quand on se marie... il faut cela.

FÉLICITÉ

Vous voulez me faire entendre par là qtie mon humeur ne lui convient pas.

DIDIER

Je n'ai pas dit cela... mais tâche de t'en frire un qui lui convienne; car il est impossible de voir un esprit plus à

reboî

ir^*

Archives de la Ville de BruxÊÎtes ArchiefvandeStadBrussel

FÉLICITÉ^ vwement.

Mais c'est qu'il est impossible d'être plus contrariant j ei il faut toujours que ce soit moi qui cède. DIDIER ^ s* échauffant.

Témoin , ce matin , où nous nous sommes disputés tout le temps de la route, au point que Cocone en a pris le mors aux dents.

FÉLICITÉ

J'avais peut-être tort... oser soutenir que j'ai quaranteneuf ans.

DIDIER

Parbleu ! je le soutiens , parce que tu les as.

FÉLICITÉ

Je ne les ai pas.

DIDIER

Tu les as.

FÉLICITÉ

Je ne les ai pas...

DIDIER

Et moi , je te le prouverai bien.

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