SCÈNE Va
Les Mêmes, un DOMESTIQUE.
LE domestique.
Mademoiselle Ursule^ ma maîtresse , fait demander si monsieur Tardif est rentré.
madeline , au domestique qui ressort.
Eh! mon dieu, oui; on va passer chez elle... (à M. Tardif) J'oubhais de vous dire que votre propriélaire est venue ici ce matin , et consent à vous garder , moyennant une légère augmentation.
M. TARDIF
Il se pourrait !... Dieu soit loué!
MADELIJVE.
Elle vous donne même la préférence sur un étranger qui lui offrait le double de votre loyer.
M. TARDIF
Saif-tu, Madeline,qne voilà un procédé très-délicat... Celte femme-là n'était pas née pour eLre propriétaire.
MADELINE
Aussi , il faut aller la remercier.
M. TAR.DIF.
C'est bien mon intention^ et le plutôt que je pourrai... tantôt, après mon dîner.
MADELINE
Non^, mon parrain, sur-le-champ, ou vous n'irez pas d'ici à huit jours... prenez votre chapeau... partez vite.
M. TARDIF
Un instant... laisse-moi au moins le brosser.
MADELINE
Mais, attendez donc... J'y pense maintenant... Jamais vous ne trouverez rien de plus convenable.
M. TARDIF
Que veux-tu dire? ^
MADELINE
Que vous avez auprès de vous ce que vous cherchez... une demoiselle qui a vi»gv-s«^t ans^ de la fortune, un caractère charmant... En un mot, mademoiselle Ursule , votre propriétaire.
M. TARDIF
Mademoiselle Ursule!... En effet, elle n^est vraiment pas mal... Et tu crois que je pourrais lui convenir?
MADELIJVE.
Elle veut elle-même s'établir L. elle cherche un m<ri; elle n'aime point les jeunes ^ens.
M. TARDIF
Cela se trouve a merveille.
MADELINE
^'*""*'-sfËt elle m'a parlé de vous avec tant de grâce et de prévenance... Elle a Tair si aimable... Oh! vous serez trèsheureux avec elle.
M. TARDIF
Et puis me voilà sur de ne pas déménager... Eh bien! Madeline, je verrai ces jours -ci à lui faire ma cour.
MADELINE
Eh! non... Il faut vous déclarer sur-le-champ : elle vous attend.
M. TARDIF
Au fait, mon chapeau doit être brossé... J'y cours hardiment... Dis donc, Madeline, si tu venais avec moi?
MADELINE
Eh ! mon parrain, cela gâterait tout... Tenez, encore une demi-heure de perdue.
M. TARDIF
Sois tranquille... je vais me dépêcher d'être aimable.
( // sort. )