LA CIRE — LE BOIS
pendus, fleurs sur une terrasse, fleurs sur un balcon, fleurs dans un pot?...
Chantonelle s'invective : « Pignoche ! » Il se gouaille : « Fignole! » Il se juge : « Pauvre bougre ! » Il cherche : Sichiard n'est-il pas assez brave, assez fier, pour être investi? Est-ce cela? Oui... Non. Chantonelle ne peut pas le rejoindre, l'étreindre ; il n'espère plus. .. C'est le dernier effort, et il renoncera : « Ah ! tatillon ! » Il est fait pour modeler un front en retraite, un menton en recul ; dans la main il a le trait caricatural, la déformation comique : « Crapoussin ! »
Pauvre homme ! il a du goût. Quel émasculateur, le goût ! Quelle pourriture, le goût ! Ah ! la phrase proprotte ! Horreur de l'effet, de la démonstration des choses évidentes!... Sur la cire ébauchée, il y a des traces d'ongles, des égratignures, des balafres... Ah! ce Sichiard, il l'envie, cet être beau, charmant, aimable, bon chanteur et beau diseur! La belle attache du cou, le nobie dessin du nez; le front de Beethoven, le front même... l'oreille jolie. Et les mains? Voyons les mains. . . Science menteuse ! Ce sont des mains de poète ! ... Tout ce corps est dans la ligne harmonique; la bouche promet, et les grands beaux
yeux annoncent... Simple et de grande allure, — cette larve...
Ah! vainement! Vainement, Sichiard! ... Se taira-t-il?... Non, qu'il parle; à son silence, cette pâleur serait un commentaire saisissant... Ah! qu'il parle vainement, vainement! Sans le désir,, sans l'espoir, sans les larmes lourdes, à l'écart... Ah ! vainement, sans amour...
Et il en eut pitié.