‹ Mont-Revêche (volume 2)Chapitre 10 sur 14 · fttON1!<AEyfiaHE · texte numérisé non relu

fttON1!<AEyfiaHE

reusc; 3i on, vena.it iJe .savoir» ça fcnwt beancftiprparier. Heureusement je n'ai pas envie de faire du mal, juste ai jamais, fait .& perdue; et Jlne uir'arriv^ra/pi^ijeLmais .ifomvri* la^oy^À mw* ^e'5^n#ifiw.né BtfljJftlcômmanxjei carjepr^oïier devoir d'an ôervitothvo^ert dfâbéir .A.fwn maiteft, ». , . ,' c •/-:,! ^ ' ».. -.t ./l» ^'b ,ii!« . , irTT Mais ie»^isuis.(|«^ ,v4>tre< nwtne jusquià frètent, moucher Forget?.; •* r * -'.u:/L

..-— Pardon^ monsieur M* jte-qowte m'a 4it;i Vans êtes à rauâ, Biai8.yo«& servira? Jtf* Thie»ray> et je un tfonnsœ^pieça.

. — Ëh bien! Forgea, dit .Tbi^r^ay/quifSôtttit autaitôt l'opportunité de $f attache? ^ hon^te bomme^ ér ce moment, .non^euteroenfc-vou^.wie.^^w^ nnw vomte à

,,— De biw grand Çfleuiy montent ; mais M. /ie «oente . m'a dit que, j'étaia è lu^, et j'ai donné ma parole pou* six , mQis.au gwiwt.-..

, t-M, da^aulgep wùs reod votre parole; yauatêtes à . m<&> ^TW6.68rvi^$«;4eSaulge8* sULireyienL Consentez-vous, aux mêmes conditions? . . i ,

«:-, Oui>,monsieuE, répondit Forgea j'aurai beaucoup de pjadsir^ vous, servir* . u ;: .

„ — Etw^usneme direzpasknomdureveaaTrtiàijœtte nuit5. si je vous commande de me le dire?

— Pour ça, non : que monsieur m'excuse, je pe«i promettre seulement à monsieur de n'avoir plus jamais de secrets par rapport à lui, de ne plus rien écoutera et de ne jamais ouvrir la porte sans son ordre. Mais trahir une personne pour une petite bêtise qu'elle a voulu fairp... non, je ne peux pas vous ohéir.

-r Vous m'avouez pourtant que c'était une femfafc&dit Thierray, voulant éprouver Fo»get jusqu'au bout*[ •

— Je peux bien ne pas en être plus sûr que mo&pieur, répondit Forget, à qui la délicatesse des se&timenfct tenait lieu de finesse d'esprit -, le revenant ne m'a pa&parlé ; il avait un masque. Je ne sais d'une fetume.quc,c$ii$u'on m'en a dit. On a bien pu se moquer de moi, Morfy mon-

i MÔMlMtEVitaHE SOI

{ieqrquft'iœitë ta moi nous ne Bavons rien; et c'est le «rieŒiJfcfn ui. ,: r • '*' , , • ■*: ■ - ..■

-(fhie^^-^uttt^Uit -point lie aristocrate, el qu'aucune laMitfita dfentKâte ntempêchitft de *ô titrer à son knfmlairin tetaiette^tenéitltainâbà^ofl domestique, qû*,étevé, lui, dans d'autres idées, hésita à la lui donner, et Ota sou ehflppaaii^wiïe rtitfuîen *eôe*a»tudér l'autre cette marque d'estime. Thierray ne dit rien et s'éloigna. Fnrget réfléchit un instàntî ôeidemafn^a s'il devait prendre au sérieux son Mçrosat imaitre;;* comprit, giUce k sa droiture naturelle plus flitÉe-qufjle^'fi^îttgés de l'éducation, qu'A pouvait i'a5liiéer^»*^sd«»tt0> etaltetrosser son cheval, tout en 4&^)œ#^fle9taflBtotéiiecftes sur le mécontentement pa- I ternel que lui causerait une fille aussi écervelée qué4'était ion tix-*£fetii6itn6 ÉreHne. Dans ses idéfcs, çui n'étaient pas tfpBprfae^fd&Juftfe^, se cotapromettre pour une passion n'était pas un crime ; mais s'exposer pour une espièglerie, efëtailr un ^wd mafli. 11 fànt dfre qu'il n'y aveitpas de cojur^mvgéniéreuxet d'esprit m^ins enjoué que le cœur et l'esprit de Forget. *

Tkterr&y alla. guetter, des hauteurs du par^ l'arrivée d'Ëveline sur tous les sentiers et chemins qui âfbôtltiss&tentrors'te château. 11 était neuf toeur es quand ii la vit descendre, au pas «t dans une pose reverse, une pente escarpée! qui ramenait l'disëau fUjard au nid paternel. 11 pairstiteutoer, comme par hasard, à la grille de la cour, A lpb&ffrir la main pour descendre de cheval: . Bile) lut doucement flattée de le voir debout, n'ayant pasidobmi et veillant sur son retour au bercail.

— Personne ne sait rien, lui dit-il aussitôt que Crésus eut le dos tourné pour emmener le» chevaux. Forget est l'homiBCieplus sûr ; mais, croyez- moi, il faut faire accepter^ une somme à Crésus et renvoyer chercher une dfcidition loin d'ici.

*HÂhl ni&n Dieu, dit É véline d'un air chagrin, vous pflwessiàrtoat'cela, tous! Eh bien! moi, je ne veux pas m'en occuper* J'ai bien autre chose en tête!

202 MflNtvRBYÈOHE

— lOtez donc ¥ôjarc?gantv je v<*teenprifl, ■«* irj

.w'u Y^iHi, ditiThieitoy en lu* «KmtjfanK^jaijn^H qtfilasaiiaii doigt» •-» .' : - -• •-!■••■* :'T ^» j*îi ':

^JibAîvem Fava* trouvée ^|>rit-€Uft«fl.^wriaofe ç&et hien, ifendezdfirtiMé* >] •• . .<> i-n v^-. «y'"' *v M^jV^iià vtfire njputfboto, il awchiffire; ipaiM>SW3*t rfea a pas, «t il »'y apas d'imp^udenqe * me .lasser,

^l'aS'dUinprudençe ! Vouô.ne «YDye&^flfli&te danger quedaua IteifeiU extérieurs,, d^ les cirçHfc i^téi^^ Sengeajài quoi vous vouseagageïv^ùs-i»ême,^<g^r^aiït cette bague. {C'est moi qu'elle çojnaprawet a^^^^{W|u», et m voyez-vous pas que?e>st!l^7Sfl\u^ ppurion dQnJti^^ie soucie? i. .. !• <■ > ••• «.' i- '"'!- •- • 'ï !.«i.»'.

-H+Eh bien! soy^É en paix *qr;îce point* adorabl##lé. Je sais, que .je m'engage à rrfeffofleer de me faire awçp, jetais que la* tiohe est ditficilei...'

— Difficile;?, Répondit Éveline.en le regardant fixement. Vous rapjwle^Qq#qu^eipçiits vers qui m'ont toujcojucs semblé plus grands que ton* les alexandrins du monde ?

Comment, disaient-ils, Sans philtres subtils, Être aimés des belles?

— Aimez I disaténfcelles.

Là*dessus, É véline, riante et fraîche comme une matinée de printemps, accablée de fatigue pourtant, m$$ illuminée par la joie d'être aimée, monta légèrement je perron et regagna sa chambre, où Crondette s'étwn^de ne pouvoir entrer. — La raison de ce phénomène, lui. dit Éveline en tirant la clef de sa pjche, la voici ; ta.dJaJçjteeèe est sortie de bonne heure et par distraction a erçypor^Ja ctef. ■ . ».

Cette journée fut, jusqu'au soir,une*des plus dqujsçs^e la vie de Thierray. Dutertre n'avait et ne pou\a*Mv#r aucun soupçon de l'escapade de -sa fille. L'eftt-il vMQup, il l'eût pardonnée, ce jour-là, en la voyant si gaie, sLJay&u-

IfONToREVÊCHE M»

rcuse, si sincère dan? sa prédilection .marquée pour. Thierray. Elle semblait tiparftwtemeïit corrigée de touKapnee, $&iftaétMtVMtôftm cfté, ne cachait presque plus *a défaite, et Dutertre croyait voir clairement qufari bearâu* i^ie^icld^mmAeraitâviMt peu ces heureuses ainours.

Nathalie, depuis que son départ pour Paris était çecr& leny&i krïêtê, ne se dWinatt plus la peine d'être aimable o^i -ffiëhëu^: Elle1 vrvait'seule, de rèves: ambitieux et <de prijefe ^téndidea.Ene «peasaft fbrt peu à Piavieri, bien qtt'élle eût daigné y songer, avant la résolution qui lui fiii&it^cesttérer' dôtWMver à Paris vingt partis tout aussi fcrfHântsretnon moins ftgréable&Ce jour-là, pourtant, Une tfrëabfetahce fbrtuite devait changer complètement la disposition de son esprit el la nature de ses sentiments. •Qlèitae^rut q^âu* déjeuner, et Thîerray passa l'après- ÈûM'hVèà ÉVeliné dans les bois et les rochers au-dessus de la cascade. Dutertre leé y avait accompagnés, mais, -ÊVëKfâe'étkht lasse, et* le pèr4 voyant damant épris sérieus^ifn^hf^estià-dire religieusement respectueux, alla^rrer 'jffiff WlnMél lès laissa ensemble. '

Cependant, après une nuit et une journée de tête-à-tête peu interrompu, Thierray n'était pas plus avancé qu'auparavant, en ce sens que, pas plus que la semaine précédente, É véline, tout en lui faisant voir par mille séductions charmantes qu'elle le préférait à tout autre et vMifeiiêtre aimée de lui, ne se départit pas une seule fois 'Ifesa'fégëreté, de son incertitude, disons le mot, de son ^ki>&nëè1:de moralité dans la religion du cœur. L'amour, pÀuï'étte, était un jeu plus délicieux que tous les autres :Jèéft*d8ht se composait sa vie morale; mais au fond c'était îtâijbttt's'un jeu. Elle était belle joueuse, elle savait perdre kànfcftfmleur, mais elle s'obstinait à la revanche. Elle voulait gagner, c'est-à-dire posséder les cœurs sans laisser ^jpoSëéder ie sien d'une'manière absolue. Elle ne voyait ja- Mtofe§s^«frlê ]&&v présent. L'idée de l'avenir, si douce aux Aflfeètions durables, si * nécessaire à la loyauté et à k logi« •qde* dé-Thierroy, était une idée antipathique à l'esprit

m MBHÏ*ft»VÊeiMË ,

a ve^iU«WJttflfllta9fit jd9É>elâie; On èàt pWé«tdtëi> tôëtè^

tfïfllfefrpa*. Jeyotisianme*aigouid'l^ dcm^.le^ftuvrn iâraaœ tépooAre dé ftu^4ndn«6^^è âW>sfescè*&j jemioè vante 4e rien. Je i^M^ëo^ftte^ g8tt$, jtfestà voii^de-nie juger* de rrftipprécier ôU dé*m5 fixer^Jteif ne compter pa& trop sortnoii aide; te'tfte^petiôf mjaijler < aftinnèiiiè, je me laisse aller, ' conîme ?& rent quLsauSte et tomme ht femtte que .>]e,>r0nt-,eIIipotfte»^,'-"''

•■rr- Oui, oai*4ait<cdar. signifie: Éf^swiioi, &u*34PWws aime; mais soyez philosophe, car? voua «urfez4- sahstibulè grand besoin 4e l'être . / ■ , •- ri ï y'»--

Et J& tristesse te prit codame il itaanemiit Ba fiaifcëè -au château. U aoleii décimait, f air {devenait huriiléta ^ sorte, ife/Jtoid .passait» dans, l'âme de H*i<*ray, 4vfcc*<éët iiHfttteUtaieM^ ma&&-

rieu*,, dans te contact prolongé d'un esprit charma*!, mai* tota&pie. •>>>

Nathalie paru* auTdînei! arree «me figtire très-problématique. Elle avaitl un éclair dam les yeux, un salaire sûr les lèvres 4uik rendaient fort belle et un peu effrayante, -t. J'ai fieçu, dit-elle, à Thièrray, lés vers que vous m'fcnuffiriefc. Ils sont ravissants. Je garderai ce petit ctiefdlûBwvre pour l'étudier toute ma vie ! »

■Sa voix étiange fit tressaillir Dutertre. Éveliriè dît en riant à sa sœur : — Pourquoi donc nous dis-tu cela du ton de lady Macbeth? Nathalie baissa les yéuxy serra les lèvras~et ne répondit pas* * '*- l'r ' '

Elle ne reparla plus à Thierray de ses vet&'Cte Silence lui parut étrange. Quatre cents vers valaient fcféti au moins quatre petite» phrases d'approbation ^l'dè renier^ ciment, à une par centaine. Elle semblait vouloîr^h fatirfi un mystère entre le poëte qui les lui avait adressés. Yveline s'en inquiéta, et, trop franche pour le caeltërV «lie tourmenta sa sœur toute Ja-aoirée devafit,1ftieÎT^/j*fiiifai que l'épttre lui f ôt communiquée. Nathalie ' reft&! net,

tim& HmiM^Wto* àrt^e» étaiià^lte Dutettîeyékffrtië^ <ft^H»$ **l*fii«?wfc voir, «Orne iflAeitef :*•> «Wnmé Éjrt«e^^qw/^*thlJ*e s»ei fo»aitinan méchant plais»* de q&dgtri&rPJBifl i^iou^^ et jde^roabjienr tetti&ssairt bâifeMftir 4fe4ftfc4egft ^çats, Jïiipsjfttao&iœc domcewv mats & vote apfeflipG 4ç»feri»çtiértiué^ mon-

^|]^|l^ie,i^e toumamt elotevqrs Thierray, lai dit : ' :^Q£«j»^forçej,:toon^^ l'a^ ijftsne chose

déploi^ite^fôesInq^/j'W' p^dtt'wtre lettre une heure après ravoir reçue ^ttlaia tes >péétes ont une merveilleuse wfaakfeH&l •jfriW^wa qUfeiWra.a pourriez nous réciter v^/^^a^ft^es^uvefft^na vouslfênërw , :t .

— Ce sera fort ennuyeux, répondit ïhiemty, car ils sqgt 4?}§JHfôi%* jfl ite*!i*laits'triatement eti sans* inspiration . *m p«i*QW^vc)jy^ .vouleccôndaniiier vofeeipète et votre sç^i^/les/^^e^l^iieiaistâdier de m© les rappeler. ••■

:M&kï#ty8&iïy P&* heauceiqv de mémoire «et de fôeftfté; ijpfgfipifNfet làfWil y avait < lionne* dans sdû souvenir, il récita les quatre cents vers, que Nathalie parut écouter caDafB^sieW.Be-lesieaBnaissmâpafl* ïllaâarqBçoûuadeles ai^iyptes.auffeuxsajis d^^a^tl«slare,etltiiparddriftaîrt|i« voiô^tiGrs:»c& j«épffi*^uHi n'e^ f^dluumaiide perfidie,

^eJâBe(,tro\m^<^t ebavwimi4;:HUVerti!e4ppl4udit beaucoup. Tiwçrray S£«*fctw sur uttswccès, croyant laisser Nathalie sur une défaite 11 »e se; doutait pas qu'elle tenait ^jv^ke,. oonarae* elle, se le dirait inténeuremeat, par

^J^Bke, après :qx£$ftdme> \\m*étiûe latitude, se nit retirée aussi de son côté, essaya dtaKfcefcer à Nathalie le

.rsr&&* pèj% JUû 4ii-eUe, «e oae le demandez jamais. U,j^i^,càï,jq^en justifierai, l'on rue hwraséneiwemeni, ey^ei^h y^U^ae d'un/hasard Calque t'on m*iaiputera

t&friœ^ih . • • y :>* \ - ^ ^ -^

ofl^^ÇhS^"^ Bsrieusenaent a une. sorte de traimon «de l*i§3&fàfhtemi*-~* -Je crois- de*in0r> dft%e*sijrée* \\W)*$^0}**^W agi sagement et géhéreuseiAent en

m iitwtivRHYÉCi**:

Idgèœté» pourrie xiei* étod dis ^plus^ dfctaparfe4ftM«?ïWfiffr ray. Sans aucun doute les \ersi.q^khyy^à^^fim^^ WB^t paè les îaeubquiil «tous; Mt adressé»? .,.>•.•; f.«[ —

♦i*. H ne m'a pokii»adr«iséidô?ffWv!^P^Hh»%*flw ce qui a été mis soûs mes yeux nWVqu&dfcte. ty%m h&ftiï elle est remarquable, ajouU^eltef^iWierunfl/^ profonde ironie. ', • -, ~ - . «.:• • » ■ '/: • ;* -

1 44» Ma ■ flltei reprit, l'ôxceltent. Du^tce> ;psutr!ê*re a#aches-tu trop d'importance à une lettjre; »qufl; M^ybtfffiçaj t'*ui?â écrite daasun mouvementé dépit c^-e^sœur. Tu n'en veux pas tarer .gluoe, <je;le,$ai*s car, tntB^m savent j»abifesté l'ahsçiœe -tetortimk&hn&ia* tatawfc bienveillance pour M» . Thierray,** l'a* cru qu'iL ^méritait mieux delà part # itela mienne. Il m'a semb^^mie ta aœmuèi luiamiéiiVBmeriw^«aUôa prononça Vw^offt r«rt«y iiKimatiqni que-i'al : encouragée en sttence*^w sr'il<nfest pas digne de mm estime et de ma wa^n^^i* devoir est de m'éclairer. Moi seul dois êtr£.ji^ftec£^U y a de sérieux ou de fmtrale dans le easaciW^jÇq jeune hflinmeulBtterenTerijieiditinc^^nc^ VW fois^de fc-résarvede tout à Theure^ mais, je te, prie de me rejpettraJa lettre et de ne pas craindre que personne ici, t'accuse jamais de l'avoir provoquée. .-.,,,-.

■•*- Un êteB^vousf'bien sèr, mon père? dit Nathalie, me connaissez- vous parfaitement? vous a-t-on, ..as^e* fait, remarquer tous mes défauts £afin, jureries-vous, que votre honneur, eitdépit des plus cruelles, inânuations, qwevous me savez incapable de faire à un homme la moindre avance, la moindre provocati^?.' * »i» ?» -/-. <r ,i t

— Oui, ma fille, répondit Dutertre, espfrant^aràensr au sentimentdé. Injustice par de,graudes, maijqw estime; je vous jure sur l'honneur, et je jugerai?, à la^ce dumondfrquevotre caractère.séfieox fiw\&.$&fà*f&*m sive vous défendraient et vous interdiront toujours {$4!*: tèn» de coquetterie dont notre cW^ST^P/.ugprJ ~"~ raefois sans en comprendre le péril 4;Ugp$Ht&t-',\*i

^\Mrtf4titiM>me suffît, mon père* dit ftathaftfe, die tfté4Snèéfcfra de» tant,; et jern'ài qp^ài garder de silence du i»g^te^t»#e* résignation.

— Pardon î Nathalie, ma conclusion test «nffëjrentei Je vfetafte/oir^Titëôrorj est digne de devenir mon gendre, jé^M^îiéi^Mdé'sa leftfet

— Il ne saura jamais que vous me l'avez communiquée ; jeta vûà&tetolpas aqjftser ma fille à la vengeance d'un hôMôiëfeaî^ principes. :

^>IVfri>'&tffe bien1 persuadée, mon père, dit Nathalie, qtf? Éfeégrë'sôti attitttdé défensive, écoutait avidement et séttbfcft noWavetf 90iti«baqu« engagement qu'elle arra* clnll*#î*ou ^re^mafo ma soeur?...

^Wtr^ sœur ne-saura jamais que j'ai la cette lettre, éÊê xfètv Connaîtra i>as même l'existence. J'éloignerai Tin^rrâ$rsotetout.aWe prétexte, sans exposer deux sosurs à ttt>'dë1^^,^n(KtS'!d'an»tttvpropi,e qui laissent toujours •fuelque^ nuages dans lliitimité.

^ Eiruâ bel tanière? dit Nathalie.

^— SH vous désirez que ma femme reste étrangère à ce peltt^évéùétoënt domestique^ je sois très-disposé à lui en épargner Tinquiétude et Je soucil

— Je l'exigerais, mon père !

^- S6if,r puisque c'est mon désir également, et qu'elle ne pourrait y porter remède, •

— Àhtsiiv^usvotts engageriez- à ne jamais révéler * përsdttîte^ à personne au inonde, l'existence de cette lettre* :' ' •

En parlant ainsi, Nathalie tirait à demi de sa poche FéWWttâsêfc' volumineux de Tliïerray;

'<+> D6rffèft-vmis donc de ma parole, ma fille? dit DutèrheMS'éa ton sévère*

^'ïtoi* feértès, si vous daignez me la donner tomoelle, prééfisëi sàerée,

-^jfc^ôjfttis vous Savoir donnée, je vous ladoraïc an* cure, réponftitlhâerti^ej ,' ' •-

208 MOrtTiKHVÈCMË

JiJfttW«;tâ»5dejsâi po^te ^t» MIM'to&tBttfrtf/*la fil craquer dans ses doigts, parut hésiter, puis, la retiraattftfreé piécipitauûn : «.. * "' • ■ '; «* ■ *•

— Non! nont s'écria-t-elle, c'est impossflftel fk࣠Voué ferait trop de mal. '■« • v- ■"■ " ■ i

«Ile. tremblait réeUeiDen^ devârttirAttttoû quWe*UaU commettre. . :. s.ï /-.". * *.^

IMtertpe^q^ Weûiccfrinafesaifcpa* la gwtTtté, crtit'qtf'ei se* jouait M- to\ ci éftfâte votikit taôtifeter,' sanfe motif el sanft pi'CWô, lai sécnciié deisaiteeur:' -^' î} -"•• • - »l

.-rrniPnenei'gardei hiiîdu>lL ^OijBïrté feriez croirto qu' n'y.airiepidM» cette kâtBejqt** tcâtte .lA$eine •qaè^ou vous donnez pour l'incriminer. -- ' •'• • ' ■ ^

— Si je ne vous k remets pas* mon père, dit Natbolie, i vo«s croirec que je l'ai provoquée- par mes avances; n'estce pas? • i

-*- PtiuMteeL .ïépojtôt<Dafertn6 à tout de calme et de

XXI '• . :. i •' ''.i'»'

.Nathalie feignit uesci; trouver "Vâèncoe, L4 ««{fendant, moitié terreur de voir l'arme qu'elle tenait se retourner contre elle-même, moitié- femerdiudu mal qu'elle allait faire, à son père, eue se- débattit encore.* It est peut-être des âmes complètement corrompues après urie carrière mauvaise; il n'en est pas de* complètement perverses au début de la vie, et.Nathalte sentit en ce moment un grand combat, livré par ses entrailles et sa conscience Ml déottu de la haine et de l'envie.

— Mon père, dit-site, ge parte* pas mm* tte w* tenie* pas, ne mettez pas.ea jeu, «aalierté OMtariée,, J9.110 dois pas vous donner cette lettre. Vrail wwmî&<tf(m de ce que je vous dis, je ne le dois pas 1 Ce n'est m»** q«e wos croyez. Gela ne concerne ni Thierray ni É vettofr. il y a là un mystère que vous n'avez plus le droit d'éAtoteir.Vous avez juré ! Vous ne pourriez combattre pour vo&f&honaeur

MOtKT?BBVÉC.H.K,. 20»

pfaLfiqwatr ée J&tceiitpftraiefttto «oit *etnwe père , -soit

Elle s'arrêta effrayée du mot qu'elle allait prononcer. topèf*|f«cbevfi: -

| — Soit comme époux? dit-il.

' it an§ ffcWmi* aortelte se répandit sur son visage. La plaie qu'il croyait fermée se rouvrait.

•**. Àllotttl dit*tt **ee énergie et «a tendant la main pour ww, la Jettre, denaez ! J'ai résolu de ne laisser couver ttcun feu sous la cendre, de ne<irtendornfir sur aucun tpf%ren«e>ée eabpfe trompeur. Puisque la pensée du mal «fiÛle autour de moi, mon devoir est de l'éteindre; donsez-moi cette lettre !

— V^iW J'aide!*!*» donc de force, si je vous la rektt &l<3iathêli&* qui voulait foire violer son dernier reste de conscience.

t- Hobw 4it Outerirt. Dieu «te préserve de porter jamais Que main égarée sur les objets de mon affection ! Je fois appel à votre devoir le plus sacré , qui est de n'avoir pas •le secrets pour votre père.

— Je ne peux pas résister, dit Nathalie; mais je vous pratAi à témoin de l'effroi et de la douleur avec lesquels jeima obéis.

Ktte lui mit en tremblant la.tettre danç la main et voulut sortir. Dutertre, qui était encore maître de son émotH*, l'arrêta.

*- Iteitee, dit-il, ceci est peut-être la flèche empoisonftée4*. ftftrfhe; je veux caosêr avec vous de cette lettre, facto ;qn'eUe sort, après que je l'aurai vue ; asseyez-vous.

Nathalie s'assit à une certaine distance , la tête tournée 4e Manière à ne pas paraître observer l'attitude de son pèse, mai* de manière cependant à n'en rien perdre dans la gfafoe «A ve reflétait son image.

ittlBgHV3y voyant une fort longue lettre, la posa sur la laMe, qft»ocna son siège et lut... non pas une lettre de Thterrfty 4p Nathalie , comme il s'y attendait, mais la letti* qtMt^Fffetentfy avait reçue de Flavien la veille.

$10 'MOtff-tfÈVÊCHE

Thierray, dans la préoccupation et la fatigue* ffeaptfit <«i l'avait surppVÈveline à Mont-Revêche la nuit précédente, avait, une demi-heure auparavant, enveloppé et cacheté, à la place de ses vers, les dix petits feuillets qui composaient \k lettre de son ami. Le hasard avait Voulu que les deux paquets se trouvassent rapprochés sur la même table, qulte eussent le même volume, la même apparence, que le papier azuré fût le même, car celui dont s'était servi Thierray était un reste de Tîelui que Flavien avait apporté dans son nécessaire à Mont-Re êche. Thierray avait serré précieusement ses propres tera dans le tiroir de son bureau, tout en mettant l'adresse de Nathalie sur la lettre très-coritldenlielle et assez compromettante où son amï lui disait son amour pour madame Du tertre.

Si oh se rappelle les expressions de cette lettre, eUo pouvait se résumer ainsi pour Dutertre :

« Une fleur donnée mystérieusement et peut-être amoureusement & Clavier» durant son sommeil a allumé en lui une curiosité ardente, une sorte de passion sensuelle et hardie. Olympe avait, s Ai par hasard, soit à dessein, une fleur semblable à son corsage. Son trouble étrange et maladroit a encouragé un jeune homme entreprenant à lui exprimer pendant huit jours des désirs dont la seule pensée fait frémir de rage un mari délicat, un amant passionné. Au moment où Flavien se décourageait devant une dernière apparence ou un dernier effort de vertu, un nouvel envoi mystérieux des mêmes fleurs est venu l'exalter au point qu'il a ftii pour ne pas succomber. »

— Oui, le généreux Flavien, se disait Dutertre, daigne me laisser ma femme encore pure; sans sa grandeur d'âme, encore un jour, et cette femrne faible et imprudente fût tombée fascinée entre ses bras comme le passereau par le vautour. I

Telle fut, grâce aux défaillances de la nature humaine j quand l'amour domine le raisonnement, la première haï- < pression de Dutertre. Ce portrait de sa femme, cette défi- i nition, que Thierray trouvait vigoureuse dans sa naïveté |

u)pçi»jS»i}f«gtfe. des atUaitft, de la faiblesse et, (tes $éflucim%$&\* «iojjcear, 4oi&,e£ tableau d'une scè,ne où il crut w Qjynipç jÀ'îfisoanante et consternée 4an$ les brasçle f)ftv^mi;(ire^[bouillo^uçr et brûler le sajig, dans les veines (fUiffl^ri.iTT-JQ.o/etine serais jamais douté qu'elle fût bitte devait A'insQleiKfl, se dM-iî, et qu'elle pût courir de ce* danger* qu# les êtr^s jyçaitpenJ; chastes ne. connaissant seokmefl^pasl

C'étaient, ces image? qui troublaient e,t torturaient. Duj tertre nu point de l'çmpêQher de s'arrêter à l'histoire mysj lérieu$tt4ep fleurs* Aux premières lignes de ce récit, il avait 1 »ttri; de la . fatuité jde Flavien, tant il lui avait paru invraKetnyable, impossible, que sa femme fût capable d'une pareille provocation. Quand sa pensée se fut douluureusement ^prètéç sur les tableaux présentés par le nai*rateui' avec un cachet de sincérité, de bonhomie et même de mtrtlestië,. évidentes, il trouva possible au moins l'envoi de* deiwifSres fleurs à Mqnl-Revêche. Olympe n'avait pas provoqué cette passion, mais elle en avait peut-être subi le magnétisme, qt. peut-être avait-elle uni par y répondre ; peut-être , f n. efiçt, Flavien avait-il été tres-généreux envers elle e# ^efforçant, d> douter encore ? et en se hâtant de fuir» ypità ce que se disait Dutertre. .

Nathalie suivait dauslagla^e toutes les surprises, toutes les hésitations, toutes les toitures de son père. Elle éprouvait un. mélange de joie et de remords, de triomphe et de terrew

Bientôt #çppndant Dutertre, qui avait fini de lue et qui revenait au commencement de la lettre pour eu peser toutes les .expressions, sentit une autre lumière se faire 4an6. son esprit. Elle le bouleversa, et, ne se possédant plus, # $M$ya terrible devant Nathalie,

— Ma fille, dit-il en la foudroyant de son regard, ceci est gge 4va*ne odieuse! C'est vous qui, un certain jour, ave» jrçtfnarqué que ma femme avait une certaine fleur à sa ceinture» C'est vous qui vous .êtes fait un jeu cruel d'en mettre de semblables sous la main de ce jeune homme

*12 M0NX-REVÊÇI1E

endormi. C'est vous qui lu) en ayjez enypjj^ 4'$H|F£?; à Mont-ttevêche uoiir lui faire croire que "nui |fij^pi^D^ pauvre faumé,' était éprise de lui! Vous. ave^YQulu k compromettre, la perdre : il le sent lui^mêmej, e^lu^t^t vous serez devinée et châtiée par ^horreur q^ûê. y$us \i^ spireréz à tout le monde ! . !.. . ,,« .,;'/. ./;

— Voilà h quoi je m'attendais, répondit Na^aïiç ^vec audace. Est-ce que thadame Olympe n'a pas eu |£ goiq de le faire pressentir à M. Fia vieu ? est-ce qu'elle u$ îk.çrojt | pas charitablement? est-ce que ses belles îarny;s9l^oxaxn& il dit^ et ses insinuations assez claires ne sont pas un£ 3ccusatiotï effroyable qui vient assurer lé triompii^dç.sa ! haine, eti passant de la plume de M^ Flavien sous ïgs jgux de m6ti|>ère?Àùrais-je cédé â vps ordres1 de vous, ^oi^tner cette lettre, si je n*avais compté qu'un j[pur qu JÇ$uti?e madame Olympe réussirait à vous faire croire çe^gu^ c#q#. ! déjà' son adorateur? Ne dqvais-jë i>as me mettre en7gar4e contre ' une, pareille perfidie,, qui m'eût livrée saasl 4éfen§e à son aversion et à. vos rigueurs? Voyez la diiTérepcçîieqtre nous : je ne l'àccusè de rien, moi ! Je ne préteurs {$$, je. ne croîs pas qu'elle ait donné ou envoyé des fleurs ^«nais. je vbis qu'il en à reçu, qu'il lui a attribué, cette agacerie, et que' la première pensée de cette femme enviçuge et cruelle à été de m'aceuser jusqu'à en pteurçr de colère devant ïuî f

Nathalie s'arrêta en voyant pour la première fqis le yi- . sage 'de son père baigné de larmes. La colère était courte chez M et faisait place à une profonde douleur*

Nathalie fut effrayée et sincèrement repentajp.te.un instant. ■-,•,.

-r- Mon père, s*écria-t-elle, je lui pardonne! par^nuezmoi aussi de vous faire souffrir ! mais ne me baissez* g&s I , Je vous jure sur votre bonté, sur votre honneur,. sur vos vertus, que je n'ai pas eu la pensée de compromettre votre femme. Je souffre de ses soupçons, c'est cefqui nie rend amère pour elle ; mais je vous proteste, je ,you$/ais serment devant Dieu que je ne les mérite pas. n :,uLr,. ;

MONT-REVÊCHE # ?i3

*' fliîHàhë disait la vérité. Le hasard, étaijt beuL tsoupa- Wàêfâ méprise ou de rincèrtitudej de rlavien,. Naihalfi lAtràit pas remarqué qu'Olympe eût une flein^dpûcîcHëfe dans les dentelles de son sein, piusou'elle-niêin,c aMt 'arboré un instant une de ces fleurs. Elle l'avait vite jetée, en prenant note de l'inattention de Flavien. Puis, ïe jour où elle l'avait vu pour la dernière fois, elle salait imaginé qu'il la regardait avec un certain intérêt. Êësvidlles filles ont de ces illusions continuelles, etNatha* fey à force de se dire vieille fille par dépit, commençait à le dévenir en réalité. Alors elle avait envoyé un bouquet àtepitBèlyette, associant sa sœur à cette plaisanterie.

Bîefut tentée, pour rassurer entièrement son père, d'à* vmier toute l'aventure, et c'eût été le plus simple ; mais Ai s'était trop enferrée en le niant d'abord. Une mauvaise honte la retint; et puis, malgré le trouble où la plongeait sa vengeance, elle ne put se décider à y renoncer entièrement. Du moment où elle avait lu la lettre de Flavien, "un sentiment nouveau s'était allumé en elle comme ifli incendie. Les ardeurs de la jeunesse avaient monté pciur la première fois à son front glacé. De vagues aspjiatkmfr kd avaient révélé le besoin de trouver dans le sçiii (fini être jeune, bouillant et résolu, l'initiative qui manquait à sa vie solitaire et froide. Flavien, sans s'en douter, lui avait révélé l'amour, sous un aspect bien peu éttiéré, il est vrai, pour une jeune personne dont l'imagination visait au sublime, mais^ en réalité, sous le seul aspect qui pût émouvoir une femme sans tendresse et sans dévouement : le trouble des sens.

Elle était donc soutirante et jalouse jusqu'à la fureur, en TOyantune autre femme, la femme qu'elle haïssait, devenir, pif «à feute à elle, l'objet des désirs qu'elle eût voulu inspirer; Bien que, dans son agitation et son ignorance d'ellerô&né, ellene se rendît pas compte de ce qu'elle éprouvait. Dutertre vit que, sur le point capital, elle était sincère, tf irW pas insister pour savoir le reste. 11 était même naturellement porté à attribuer le badinage des fleurs à

214 MONT-RtVÊCHE

l^fûUe Èveline., comme une de ses naïves rubriques t)ôT3r r^pdre fftierrây jaloux, il en fut plus attristé -"dabs^toh ajnnui, )Ëye|ine/ coupable à sa manière, mais : sans1 màiHce aucune, contre ' sa belle-mère , et Nathalie innocenté, Olympe restait chargée d'un blâmé qu'elle méritait en eï1fet pour ,avoïr secrètement accusé Cette dernière débite noirceur gratuite. La pauvre femme avait tant souffert quvelle pouvait bien avoir mielqueë' accès d'jnJustttreV Éfle Tayait senti, elle levait dit à Flavien ; elle avait-fait ërisuiie tous ses efforts pour lui en retirer la pensée, Wfe avait été près de s'accuser elle-même pour disculper les autres : mais elle n'avait pu y réussir sans émouvoir^ $\us qu'elle ne l'avait prévu, l'imagination excitée de c# jèùftt* homme, et tout cela formait un vague ensemble* d'é'aëndgations pudiques et de frayeurs attrayantes que Flavién avait définies à sa manière, à savoir que, sans y rien1 comprendre, il s'y était brûle* comme un sphinx ivre et impétueux à une flamme tremblotante agitée par le vent. Dutei tre consola et rassura sa fille, qui pleurait îhoîttôde colère, moitié de chagrin. Il prit la lettre et la jeta au- feu. — Que tout ressentiment et toute inquîélhide soient consumés, dit-il, comme cette lettre imprudente et frivole. Olympe est malade, sachez-le, ma fille. Elle est nerveuse, affaiblie, et peut-être a-t-on eu ici envers elle des torts qni^ sans la justifier de ses soupçons, doivent l'excuser. Oubliez cela. ty. de Saulges ne doit pas revenir, et si jamais ma. femme, ce dont je la sais incapable, laissait échaiftœr quelque doute devant moi sur cette puérile aventure des fleur»,- ' comptez bien qu'avec la même affection paternelle que' je* ' vous témoigne, je vous justifierais auprès d'elle. :'j

— Sans doule, mon père, ce serait aussi atec la' rtèmef sévérité que vous me témoignez quelquefois? dit Ntâhalielj tout à fait rendue à sa haine. Je suis ici profondément! blessée, et un étranger est le confident des accusations I dont votre femme me gratifie. 4

— Nathalie, vous disiez tout à l'heure: Je lut par** donne; est-ce ainsi que vous pardonnez? t!' ' •

\Jfl?Tl>|l£VEGHEî 215

imsSMM^M s^T^.gÇpéreuse envers elle, répondit Na- \^e?/^j^i:)faxi Reprisant, Je né suivra^ pas i*ç*êniple çu'^^jii^e^qnpje. Je ne prendrai pas ' de confidents de riaju^qujp lie, (m'a faite; surtout je né les choisirai pas1 arçjvé^ éf~\}$ jeijle.ppur leur ouvrir/ mon cœur le lendewitiPi .^'jfi-OT^.drâis de les yoîr s'enhardir jusqùVnié. serrqrj/jLans, ïeurs bras à quelque rendez-vous de chasse. •,jS% l^^Mte? redevenue furieuse âe voir son père si, ihdn}gè#jki pour lés soupçons , d'Olympe, lisant dans son reg^fçj. irrité que sa, jalç-usie secrète allait se traduire par uoç y^WpJt^^ndignatioa contre la main qui retournait le fer.i^nfi<^.i^}e^sure^ se retira^ ou plutôt se sauva dans sa

Çf^^ ,1a, première £ois de sa vie que Dutertre allait tyrjnjir «ourson, toit sans avoir serré ses trois filles contrq^ôj .çceur, et, pç-ur la première fois, il ne rappela p<4ot Jj'enfant rebelle pour la calmer et laramener au sentiment.^ j§es devoirs envers lui. À cette Jbeure solennelle de, xnûivu^gui termine un jour de notre courte vie, pour en, ouvrir ;Up, -autre dont nul de, nous n'est assuré de voir la,,&fa jl y a quelque. çh#s^ d'effrayant et d'affreux 4, se sé#ar,er des membres 4e sa famille sans avoir pu leur pardonnejf, pu, les bénir» ■,,...' {

JJtais-P,uteiitre était h bout de ses forces. Il alla errer daoft.swi appartement, en, proie à un désespoir calme et pr^fo^dnChef de famille, avant tout, il déplorait la rivalité qai p^inaij, toutes ses espérances de bonheur. \\ s'effrayait ie^.fqf^^^^lvûi^ pour la haine. 11 pleurait sur cette ïme>$piftrée,qui ne devait jamais conoaitre le vrai bonheur. Il s'affectait aussi de voir que cette hostilité opinjâtrçTa,y.ait réussi k troubler l'àme de sa femme, jusqu'à hty/ffi^ oublier un, instant sa générosité, son équité natw?eH^:î.;:..î; - ■ .

Mw^^jétait peu que cette souffrance. Une autre, bien plus énergique et moins combattue par là résignation, lui

Dulertre n'avait jamais eu seulement la pensée d'être

216 M'ONNfcfcVÈCHE

jaloux de sa' femme. Député *£u£f&!êuîé \\Ï48të étiât' devant lui coititiie un miroir de pureté; sans que jatttiàs ûn^èpivà de distraction, une cytnbre tfè c^etiêtiè %fâ$&*ft% 1è térnir, H fttait vécu« dans son à^to'ctoftiflitf^àkvîe SéhA de Dteifr Cette' £orifiàtrce:$aitè limite^ ce rt^péc#*rtàltéré faisaient sa force et sa consolation au seft* deë JtHtés du monde et de la famille. NonUseulèttïerit if tf*to*itf ptts €ru possible quelle aimât wh autre qtïe lui, ntô^^ërt^é^e <iu'ene fût aimée d'en autre, tant il la voyait ;p*ê9et>vêe par' son auréole de ■ chasteté^ naturelle et de <fidéltt&> exclusive. " ■'"'' ••••■•• .-i, : : . •...:•; Oïl.'V-

'Dutertre Se trompait- quàttt aii dëmietçolirtj'ft^'goa optimisme, sa générosité de Cteu*> sa oàfttâéhr e*ti&%#âinaire, lui faisaient trop juger les autres homrrtè^^âi*?tiimême. Il savait biétt qu'il en ^stdë 'cortôiapàs: Ëfcsoin qu'il avait )pvte de tes* éloigner de son sanctuaire «mie ne s'entourer que d'ésptâts' délicats «ttie c^rtfetères'ftèElës lui ôtaitla notion dès toiblëssefs hihe*rerrtès à îa nature 'humaine. Dans s& modestie^ ii croyait anstfi1 auslërë) que:iui tous lès hommes qu'il pouvait estime* d'ailieufd. "

Marié à vingt ans à une fëmtne de setee, il nfavAit- Jamais connu les égarements dû ccetatf 'et*' de la1 'conduite à l'âge où lès passions sont farouches ëhetf lès hbeinics, faute de satisfactions légitimes'; sajeunttssè avait dtfntété pure comme son enfance. Après a voit» perdu sa'prt*faièïe femme, il n'avait pu pierdre le souvenir des quat?ré*tte de bonheur tranquille et plein qu'il avait -goutte dantë'lê'mariage. H ne eoniprenaH rrieriie pas le bowhèui* ^oe une autre forme, et une longue douleur r&vaft préservé des passions fugitives. A trente ans il en avait essàyé'fxairtant, n'osant pas confier ses enfants trop jëoned'irJtiire>seonde femme. Mais dan s ce qu'il appelait' efr feiNaéftië'ses égarements, il avait conservé une moralité qtàiedt'ltût sourire la plupart des hommes du monde où il-râléift',' si sa chasteté instinctive lui eût permis de s'en i£iptiqtittr' devant eux. 11 avait toujours regardé comme ûttfèlta>iiéie de chercher à séduire une jeune fille ou une feratttë^aavtëc,

V&k^fmmlf&gp'W PVt #re topmete >ojnme fit fpte MI^K^^p1^^ des jamiJle5v,Detvlàsou .$w#ssive

«^«gs^i^yiartlWiCe^nes^pp^wc^^ m?nuit$ sp-

*m, fm «f^îWP pointe ejiusqi^r^piÙ a^e teflu$ il !^W»*«*rffMfc *#8n> je ne sajsu§uelle mflueace <ie g^a- M&ÀomSrlmipWWxéMiite aui(anlieu de son piu£ ayna- }W^eeJ^W»çû^ jepoussaienU& coaftanc#rdes libertins et fgrêg|i640)te àe* hommes Jégeï?s, On le respectait sans s'en rendre compte et sans que lui-même s'en aperçût. Ce n'était $owi pas JLfr#K»$en pour luj de connaître les véritables H¥WJ3%iTlef î jjptsJâutt& les théorie* pu \& entraînements de sou £BteBrftge4i -,:. -} •. 4 ., ,• ^ « ;..»>■.; . , .

€çt entourage. était aussi, cJiQisi, que. possible. Qn eut Pu en juger par Flavien, qui,,cerj#st, n'était pas un roué sans principes et sans loyauté £ par Ttoçrray,. qui,, moins candide à if^ga»nd 4e lui-même, n'en éi^itp^s moinsiin^pable d'un égoïsme cruel x>u scandaleux;;, par Amédéç, qui était aussi rr^iigieux ea^ampur que Putertre lui-même,; et potgftWl tes trois hommes avaient été pu étaient auiourewf)4^>niadame Dutertre,. ..

<}(&#& <?û.que Puterire wmmeqçaft ^^pfr> sinon àcompren^rQi e^ ce qui causait Le tumulte de ses pensées. Il tfeflejç^it d'oublier la fatale lettre de Flavien, et pourtant iil jr€^r^tait1de.ji,ia,yoii' hrûlée, Il se disait qu'il j'avait mal coinppMe; que s,'il :pouyait, te .relire en cet instant,, il n'y Jjwtjweraitqne dës,;mo,Ufs 4éys4pwrité. Mais, alors, les pasjagWQQi l'ajvaieflt ^ plus; ému ae présentaient a sa méjmpb<jWM u»e nette tjé désespérante. Certaines situations auxquelles .Nathalie avait fait une attention cruelle en les luifiipp^tenVeçstain^sfeniafques sur l'espèce de surveillant: jajeu^ï8*weée par Âmédée sur sa jeune tante» lui bnW»ieni lq «erye^u comme- si elles eussent été écrites

Ait^tt^dermèi^ pensée surtout, Dutertre, épouvanté de lui-ffftêiaç, se demandait s'il devenait fou* ou sj> depuis

21» MONÏvUEVÈCttE;

quatre^ ans, il étà&ia (kïpeide la fdtts oàknM 4&)lmfa sons, la feahisoaqi domestiquei ILamteft saftôtftâ&t&dftfc saUeœurv rempli' d'une ineffable tendre^ potuli *et âfr aàef)ttf dont il allait jusqu'à; suivre teaieogfeetfe çto*de*pfer l'influence dans ses douleurs de ntariet de<pèïe,#eM9ait ( en.sanglot^ saiis que ses yeux sé(i^ par rirj^aaiifi^^ sent épancher ses larmes. r .; . i : - U .mijqiîK1 r 'tï se jeta sur uri lit de repos dans le boudoir; ÀnUi» femme, et, vaincra par la fatigue, il s'endprrmteanBiwnur rant ce cri de détresse : — 0 Nathalie! Nathalie! <#e©Mtf astnéton père! « ' .: n ;.>. ^ j'jrnvjO

"; ' X3ùt X :" i! ' ■■^••'^

Dutertre eut quelques heures d'un sommeil, aQcklj&n& Il fit des rêves affreux. Il s'éveilla souvent* >i»al> Assise comme: on Test quand <on, dort tout habillé. H étaitiajgPfc de sueur, quoique la nuit fut froide. Plusieurs;, bm 41 »G? se Tfriditpas compte du lieu où il était- Ce lit de jajpQSjOiù s'étendait quelquefois Qljjfmpeé(ait< pkcéiidanq tMW^ffte d'alcôve fermée d'une tapisserie. Les,' bougies': .tféUtewfcconsumées. Dutertrese trouvait dans des ténèbre*n©ad*ws complètes par le lourd rideau qu'il avait madjûflakKflflatï tiré sur lui. Par moments il se croyait descendu *jv&at dans la1 tombe; mais il n'avait pas te- volonté xte- se tJfoustraire- à cette impression lugubre. 11 se itodoirniaït ftomv; tomber dans quelque autre songe plus lugubre eneoWiï w

il s'éveilla totit à fait en entendant parier «fcpièsj dé Mû* 11 ouvrit les yeux, vit les premiers rayons du juurgtiaw* vers lui par la fente de la tapisserie, et recoomit tesmrixt d'Olympe et d'Amédée. . i .- v ..•.

Dutertre n'attendait sa femme que le lendemain soir* Elle avait dû aller voir une amie d'enfance très-malade qui se rendait à Nice,, et qui, n'ayant pas la force »de-se détourner pour aller à Puy-Verdon, l'avait suppliée de venir passer une heure avec elle à Ne vers» en lui indiquant le jour de son passage dans, cette ville. Olympes avait calculé qu'elle pourrait rendue ce devoir à i'*ig»M>

, MOKY-KK VÉCUE 2W

etiteftidërireteurau bout de Tingt^uaftre b*irre^,liaiïs sa iebdre>tg^lidtudej Dutertre^ ne voulant pas laisser ses GMSfc ftônte», Evaits»pp|ié sa fërameié'éni^eDer arec elle B8fg4fOkfe?pottr4& soigner 3 et il leur avait donné Arasée

I pdùr^ftè^rol^rtotttesdeuïv 11 Savait mippliée encûire d&pqe&drô trois jours pour cette absence) afin de ne pan se fatiguer. 11 craignait que la vue -de son amie malade* raeuftbtepent-être, aelarqiitilît knalade .elie^Bênie, ettl nejftOttlaltpag FexpOBer à courir ÏA poêle sons le coup dUfriiî^risetîervéuse.

Olympe avait trouvé son amie beaucoup mieux qu'elle n'espérait; elle était elle-même infiniment mieux portante depuis quelques jours. Elle était impatiente de revenir :

, elIëtiMftwèvtotitt

't»'iefllé, c'eût été «ne Surprise barrissante pour: Dutertpft4fÈh ce moment il se demanda si Flavien n'était pa* de retour à fflont-Revê&he.i •

I Et -îpuis, elle était seule avec A médée. Elle ne; savait pas sori*ttaf*>si près d'eue. Une terrible, une douloureuse eu* ribslté Condamna Dutertre à l'immobilité, au silence. .

'^tOoctHnent! il «st sorti et personne n'on sait rient disait tilfCBpe.-U a passe U nuit dehors,; puisque soit Ht n^cstqposidéfait dans sa chambre ! cela m'inquiète !

^•11 sera parti hier soir pour la ferme des Rivets^ ré* pondty Amédéë; 11 m'a dit qu'il avait l'intention d'y passer, en noire absencer une journée entière pour tout voir j ft ai»è à marcher, il y aura été à pied sans rien dire àpéfsowfte, afin d'y coucher ot-'àesty trouver tout flotté f ce matin. De cette manière il pourra faire sa tournée corn-* pie te et revenir ici avant la nuit. Mais^si mn& voulez, ma tante? je vais monter en tilbury et je vous Ramène dans doi»fheurés. , .•■ ■!.••••<

^-oNon^ mon enfant, meïcit Teprit Olympe.- Ces.ooursesla4ui totttjdû bien. Elles sont nécessaires à son activité. D finit bien aussi qu'il surveille ses travaux. 11 y prend taftft* d^htépdi et il a si peu de temps à y consacrer! Et toti&fenié tu**s besoin de repos après une nuit passée en

4*0 MOflT-REVÈGHE •

voiture sans dormir,; car ton office de» su^'^UbiaA tten empêchait. .. -, ,;.; . ., , V'cA *e qtnvi".

—- Et vous^pia tante, est<q que vou/s jrTetf4c*mifra,it Aijiiédéé ayecVacçerit d'une ten4re çoiUçHude vquâi<Bu* tertre s'imagina être & même de remarquer * poUtf 1K pperoj&re fois. ,■ ,. ,, -,...'... ...-,-» ,-.fO -

. -- Moif très^bieu, je t'assure, répondit Olympe, :dwit Us tutoiement envers Amédée parut aufsi: unfc ohoael bod> ve}ie aumalbeureux épou*, quoiqu'il l'eût exigé htfprJttême àl'époqu,e pu, Amédée,,âgp de vingt 400, était, veau'lu** biter Puy-Verdon définitivement . ....,,{

— Oui, reprit Amédéë, vous avez dotimi aussfibien qu'on peut dormir avec la .tête .d'une fcnarmotte cotonae celle-ci sur l'épaule l ■..••;.-! ' -

11 s'adressait à Benjamine, nui entrait en tei instant par le. perron. , : ^ ?-

— -,Papa n'e^t pa^v^wsj^jardip, dit-elle; j'en Ai Mlle tour. Il n'y a encore personne de levé, et je n'ai pu sarair ofc il est. ,-...,, . : - \

-^11 doit être ,à la .grande ferme, répondit Olympe.: Nous ne le verrons rSfuas, -doute qu'à dîner. Allons ! pa* tience, ma,€fy}çia. U fe^tt'aller. coucher. : r -

r- i)b.l mèrç, j'en.aàisi peu eavie,' et .c'est si beau, de . voir lever le soîei).! < - ' , . : • •..-.••

— Je t'en prie, ma fille,. va dormir un peu,. <Ju'efct-ec que dirait papa, si jç lui ramenais sa chérie avteo laf migraine ou la fièvre ? /. :

— Tu le veux, bonne mère? J'y vas. Mais toi, ta^âs te coucher aussi ? ' '.c»m .\

— Certainement ! répondit Olympe. ' -v ♦

— Mère, reprit l'enfant, voilà tes: fleure que je codRe-à ce garçon-là pour qu'il les fasse rereair, dans -1 l'eau;*5 lit elle remettait à son cousin une gerbe d'psphoâèles. • ' -

La jeune femme embrasa la fille de son chah . Dutârtre leur witendit échanger, d^ gros bwseOTé « -i.v * .

— - Ah! pensa Dutevtpe, «ela sonne pourtant Wflrf**cenceetla vertu, ces bahsers*là ! . - : *»'»»*!

M*Èàfotëï> ii resta iimnoMîe. Caroline s'en allait. Olympe et Amédée restaient ensemble. ]. *

ÏAifcBO&îtÔt JOÏJmpe, qui était toujours \debout près de ^Ytewtohtâàne donnant sur ïeperrôtt, dit à son neveu :

*jlt tofr^ufti* Amédée, va te reposée : * >

- Oui, ma tante, répondit-il d'une voix qui tremblait

»K«6ilte|ide Duterta^B.Totfe ne voulez pas que j'appelle

otre femme de chambre? : ' ' ';

tjtom} vmîment, laissé dormir cette pauvre fille qui

ne mesait pas revenue; Je n'ai besoin de personne.

- Bien sûr? vous ne souffrez pas ?s -;PBH)du tout.

-♦ ^ous ne prendre» pas d'opium ?

- Je n'en prends plus, dit Olympe avec enjouement. Qtcequè^eo'aï jamais pris t

-C'est vrai qu'elle est guérie, pensa Dutertre; est-ce taur ilei^lavién ou leraien qui a fait cette cure miraculeuse!^ i».,. ...

- Vous n'êtes pas inquiète de mon oncle, au moins ? rcpritï^ûiédrfej qui semblait trouver miHe prétextes pour Njas sortie : si *vôùs fêtiez, je courrais...

- Non ! mais ne me parle pas comme cela, jële devîehtais-;^ ne l'es pas> de tott côté ? Jure-le; je te croirai et me rassurerai, car tu n'es pas menteur, toi! '

-r-k yqux jure çuemôn oncle doit être ou je vous dis.

^ÀJa bonne 'heure! C'est égal ï jfai du guignon en N, Amédée. Je me suis hâtée de revenir ! Je me faisais' ^ si grande féte'de le surprendre et de pouvoir mettffe ^ jour de plus dans ma vie ! Car elle est bien courte, ma ^sais-tu? ' ■•••':• ;V

■^M«BiDiçiiijque dites»vous là? Est-^e que... Oui, vous y)ûfreB, vous Je caebez ! ' ' ' :- > <

- U estjdbsjiinquiet que moi-même F se dit Dutertre. ^î^jnfeinBloomprendâ pas, reprit Olympe. Je dis que

**■ vie est courte, parée qu'elle ae tirtre que deux: ou" trois **'Ptt arajéajEsUeeque j'existe quand il n'est pas là? * bien ! pourquoi as-tu l'air triste ? Est-ce que cela t'é-

212 MONT-REVÈCEE

toHÉe^ esèH2e.qtte>oQoiiH»e moi, tu n'es pas une âme en peine «nflônab9ffl^C0?T i. ■ «• ••"an*, Non, cela ne m'étonne pas, dit Âraédee avac «ne grande émotion^ et je sutë comme vous. Son absence nous fiait bien du «mal à tons>fnais elle. vous foie, et voilà 4>ou*quoi'je>Bui^ triste. Si mous vteus laissée mourir, ma tante, qu'est-ce *|uje nous deVieAdwnàs? Mon oncle ne vous survivrait pas! «

•-*- Mais je ne- veux pas » mourir! s'écria Olympe d'une vote pénétrante par sa douceur. Oh! tu ne rae laisseras pas mourir, toi qui es un peu mon médecin. Mais le grand médecin de l'àme,voi&-tu, c'est lui. Pourvu que je le voie, je suis sauvée. Ah ! mon cher enfant, aime-le bien, ce oe fiera jamais «top! Allons ! bonjour ou bonsoir. Je moote. Tu fermeras cette porte dont la sen-ure me brise les doigis ; «t puis, n'oublie pas les Heurs de notre Benjamine.

— Ce ne sont pas \o$ siennes, ce sont les vôtres, nm tante/ nous lestons cueillies pour vous. Vous les trouviez belles sur leur tige au coucher du soleil. „ *^iOui> je les trouve belles, quoique pâles et tristes, i ^dSMesstiflit pattes, mais sans parfum.

•** Sans* papftu» ? dit Olympe en se penchant vers la gerbe de fleurs. Eh bien! on calomnie comme cela beaucoup de plantes, parce qu'elles ont des émanations fines et discrètes. Moi, je trouve qu'elles ont l'odeur des bois, quelque chose qui n'a pas de nom précis, mais qui charme sans enivrer. Aies-en soin. Adieu I à tantôt.

Et Olympe sortit.

11 se ht un silence qui étonna Dutertre.

Amenée ne bougeait- pas. Dutertre écarta doucement la tapisserie et le regarda attentivement.

Un faible jour pénétrait dans cette pièce, mais cmmae elle était fort petite, Amédëe se trouvait forcément assez pris 4c son oncle, pour que celui-ci ne perdit pas un de ses mouvements.

Le jeune homme, avant de se retirer par le jardin, demeurait les yeux fixés sur la porte par où Olympe était

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»rtte^Mf*enatt toujours dans ses bras ia gerbe de fleurs qu'elle avait respirée. Tout à coup, far un mouvement coav&feif, il k porta à son visage, l'en couvrit comme powsÉtatsfifcr tes baisers dont il la. remplissait, et vint iomber<*i*m «ur un fauteuil, tellement près de ©utérine; que, sans la prédeeupatio» complèleuoù frétait, ii eût vu ses yeux ardentà' attachée sur im* Duterire a' y put tenir, En proie à une agitation insurmontable, et ne* saehaot pas rapporter plus longtemps son inaction, il éear ta le rideau, éfeMéft le bras et prit dans les mains d'Amédôe les fleurs qu*u en arracha avec une sorte de violence

Améëée tressatlëti devint pâle comme la mort, et resta fasciné par le regard de son oncle, les yeux dans les siens, awc l'expression d'un profond désespoir, «nais sans honte atG^amte.

Dutertre fut subitement désarmé par cet air de franchise qai tosfcait ta douleur même*

•'~ Afo ! malheureux] s'écriant-il, toi aussi, tu L'aimes ! mais c'est un inceste -du cœur !

— îfoiï, il n'y *t pas d'inceste ,. répondit Araiçdée avec la résolution d'un homme fort, qui, conti^aint d'avouer tout, ne reculer devant rien; ii n'y en a pas dans mon oœur, puisqu'il n'y en a pas dans ma pensée.

-^-^Maie ce parikâri que tu cherches là, s'écria Dutertre toi retenant lés asphodèles, c'est à moi de Fy trouver, à moi seul, et tu me le voles, dans le secret de ton âme !

— Pourquoi me volez-vous le secret de mon âme ? répondit Amédée, presque irrité contre son oncle, Vous faites là un grand mal à vous et à moi !

-^-Lc malheureux me donne tort! s'écria Dutertre avec angoisse. Oui, oui, c'est moi "qui suis le coupable, parae «pofeK me -croit aimé !

-*-W«hss êtes aimé, mon père, ne soyez pas ingrat envers 4e deV'Vous êtes aimé comme personne ne le fut jamais.

— Qu'en sais-tu, insensé ? Tu t'en inquiètes donc bien? Bt ça* ^importe à toi ? Tai-je chargé de veiller à ia garde desnaptrisor?

Ui 'lft0#T-ft.C.VÊCffl&

— ,J^ v^wr»a,ftwité,.^r&d vie. QiidHi^iifmrfe preuve d'amour et de4év^>me»t fwxtà*îfi$m£àwmr, à Vftps* qi*e 4e rester auprès d'elle ?.»« »:

. ^ EiMûuftront comme; tu eouffrea j n'estH» pis ?

— Qui voua a dit que je souffrais? Me su^rje jmbaîs pl^ut t §(m d<*dert-elle? Quel^w ^t^il pi* jamais le tire dcWS:Hie8 yeux? ■ .

V Qui, quelqu'un l'a remarqué et de vimé ; -q^naa l'a ditet épriu .... >:■•«.

-»- Si ce queiqu'un-ià n/est pas une feaifl^ BÉHiHiiee4e~ i moi, et il faudra que l'un, de nou&.<» . •

t- Y^mjs ne le saurez jamais. Je* ne i voua aooo*de>pas le droit de vous h^ttge pour ma. femcwi : . i

^Pour, elle l non certes! personne s ne l'aura jamais, | pa^ même vous, mon oncle*, On peut de battre pour soi- j même, quand on est accusé d'avoir insulté uôe 4elle. , femme, mêm^ par la;pen6&>. On ne peut jamais se battre pour proujvçr, .qu'elle ne le mérite pas. Ce serait roi Caire i outrage qM^. d'accepter la poBHibiUté d'un parûil doute* i

— C'est &iïtfÂilrie que tuas pour elle, toalhau- i reuxi ;. .,v, ,,../.- . ..:•-..

rrr çlitfeiBfriiMlM qw vo»s jipppffte ? N'ai-je *as le «toit .1 d'adorer 4a#s-le mystère de mon âme, la mêmedêvmitui j que vous ? Vous êtes le prêtre, et je vous vénère d'autant plus que vous êtes seul d^gne de l'être. Mate moi, croyant et fervent, moi qui baise les reliques à la porte dû temple, 1 sans avoir jamais permis h mon imagination à"eni,fem~ chir le seuil, en quoi suis-je. sacrilège envers eUi/oujenvers vous? • j

— Amédée, répondit Dut^rtre, je connais ta foroem*. raie, ta religion, ta candeur ; mais tu blasphèmes** mu. te savoir, en assimilant le culte de la créature à eakli du Créateur. Il.se mêie toujours à ces extases de rame je ne sais quelles extases des sens dont la pensée m'irrite et dent le spectacle m'a été la raison uu instant. J'aurais du, ta dw vrai, ne pas violer le sanctuaire de ta conscience, ne pas surprendre et dérober le secret de tes rêves. Le mal est

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tety^yat ertwmU. tatlgré mèi, eerimie, malgré M, sans dott*H« mùtmmiit, etfresptetiaeesflenw. ■'

— Ces fleurs qu'elle n'avait pa» même toudh&fti reprit Amédée. tt quelle plus grande preu*e: voulez-vous donc deMftrttneot? ïfcnes» voilà sonmadtelet ; je l'avais bien vn, et? ataésistëi l&teutatiei) d*y portersealementla nain.'

— Amédée! Amédée ! il y a dans la plus chaste flamme, dans 1* passion la mieux cachée et la plus contenue, quelque chose de terrestre qui ôte la raison aux êtres doués de te plus paissante volonté. Cest un- dangereux martyre , que celui auquel je te condamnais I

— Dangereux! pourqti? s'éeria Amédée en tombant aux genoux de Dutertre. Vous n'oseriez pas dire, mon pèreyqne ce fût pour vous ou pour elle! Oh ! ne le dites pas 1- naratâtez pas le principe de ma forte, votre estime et eflle >é© rao^même !

I ~ Dangereux pour toi, oui, pour toi* seufy j'en suis per- | sunié, «Ht Dutertre en lui prenant» les mains, pour toi, mon entat, dont la raison ou la vie succomberont aux secrêtes tortures d'un amour ainsi combattu en toi . I — Vous ne le croyez pas, répondit Amédée, rouge d'un nénte opgaett ; tous ne me croyez pas si faible que de combattre sans vaincre, quand je n'ai affaire qu'à mei«anêmé.

— Tu guérites, sans doute; mais tu es dans le parooqssse de la fièvre, et il ne faut pas en affronter la causera Soute heure.

«** Au contraire, dit Amédée avec résolution, il le faut lit le tout absolument, si c'est pour moi seul que vous craigne*. Et c'est pour moi seul, dites, mon oncle, c'est bien poormoi seul? Si vous aviez une autte pensée, je n'atteadsnis pasmon ordre d'exil, je sortirais de votre maison à IflnstaM même, et pour toujours !

^teiMeonttemol, sans doute? dit Dutertre, étonné du, tende *«*v regard.

-*» fin, bien ! répondît le jeune homme, exalté comme un saint âssaneiens jours, mortellement blessé par vous, qui m'StfftM outragé et déshonoré dans votre for intérieur.

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*~ Erifent entlrouMasÉe, dit Dutertre, jeiièronLpa^-fe nepeu* pas douter de veos... md'eUb/ ajoutai latfec ut 1 peu plus «tféffort '

■<■■•*> Encore moins d'eiley j'espère 5 s'écria AméAé&>prêt à rçpmheràj Dutertre deroepa* a»6tT<hiérer«afemmte. •■■>-»• Je sais qu'elle ne vous aime que comme «on- fib, Conwmeje vou* aime! Tépondit Dutertre. Sijtenawto jamais douté, j'en1 serais sûr en ce moment, où je' viens de l'entendre vous parler de son affiectiort pour nor endfes termes qui m'honorent. Mais je tous répète, -enfanty qae votre malheureuse passion vous crée «ne situatkna impossible, au-dessu6 des forces humaines!

— Vous ne connaissez pas lsumesuTe des mienne*, mon ami, dit Amédée avec animait ion. 11 y a des soaffraoees qu'on aime, précisément parce qu'on sent qu'on tes domine. Le jour où, exilé d'auprès d'elle, je n'aurai pliis de mérite à souffrir pour vous, je serai brisé, le l'ai essayé plusieurs fois; je te sais, ^absence me tue, et c'est alors que ma passion m'écrase. Sa présence à die mejsapim&et me rend l'empire de moi-même. Me croirez-vous, moitié vous appelez la bouche sans souillure, si je vous, dis- que quand die est là; devant moi, je ne souffrepae, jeîi'ai pas de désir, je ne conçois pas qu'on en puisse avoirçiepteje j me sens aussi calme, aussi pleinement heureux qu'on- enfant auprès de sa mère; que je n'ai jamais désiré de «baiser sa main en la regardant, que mon cœur ne bat pas quand elle s'appuie sur mon bras, que mon sang coule mesuré et rafraîchi dans mes veines quand elle me 'parle de vous avec adoration; que même mon cœur se dilate à l'entendre et à lui répondre ; enfin, que là où la divinité est présente, il n'y a plus pour moi de femme?... Dites; croyez-vous que je mente en vous disant cela?

— Non, répondit Dutertre, frappé de ce qu'il entendait, non ! car c'est ainsi que je l'ai aimée quatre aas avant que d'oser le lui dire.

— Je le sais, reprit Amédée; alors que vous hésitez devant cette chose si grave, un second mariage, voafe aimiez

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ftiin^onreeni sans espoir, et, dans ces moments-là même, • wusàfcié*feeiipeux. Eh bien! tous Tétiez moins que moi; car, dans ces heures de renoncement à votre bonheur, vous*» zoos immoliez qu'à un devoir encore mal défini du» îroire conscience. Vous n'aviez que la crainte vague tegàtar l'avenir de vos enfants. Moi, j'ai la certitude que je tamis noon père, et vous croyez que je peux nourrir ennari le, désir d'être. heureux au prix d'un pareil crime? Non,, usa ! mon bonheur est plus haut placé que dans la sitistttclion.de mon propre amour. 11 est placé dans le sacrifioe de cet amour même, et si vous m'en ôiet la gloire, vous me laisserez toute ma misère, en m'arrachant ma plus haute, ma souveraine consolation! Vous avez cédé à votre passion, vous, mon père, parce que vous en aviez le droit; vous pouviez la légitimer, vous ne pouviez prévoir les maux qu'elle a causés dans votre famille, et qui, après tout, ne sont pas sans remède. Moi, qui ne pourrais avoir d'espérance sans rougir, je ne peux pas être vaincu, je ne peux pas être Caible I Et pui9, grâce à Dieu, je ne suis pas admet ..

. — Grâce à Dieu, dis-tu? demanda Dutertre étonné.

-—.Oui, grâce à Dieu, puisque c'est vous qui l'êtes! répoodit Amédée. avec l'enthousiasme du dévouement, et puisque c'est justement vous que je préfère à moi-même!

Dutertre, profondément attendri, cacha son visage dans ses mains; puis, après un instant de silence, il tes posa en agne.de bénédiction sur la tête du jeune homme, en lui disant r

-+M011 fils, je vous estime, je vous aime et je vous bénis, mails vous ne pouvez pas rester ici.

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