‹ Montaigne chrétien; réflexions tirées de "Essais."Chapitre 32 sur 90 · LA CONFESSION · texte numérisé non relu

LA CONFESSION

Chascun est discret en la confession, oh le debvroit estre en l'action : la hardiesse de faillir est aulcunement compensée et bridée par la hardiesse de le confesser.

Il fault veoir son vice et l'estudier, pour le redire.

Les maulx du corps s'esclaircissent en augmentant; nous trouvons que c'est goutte, ce que nommions rheume ou fouleure : les maulx de l'ame s'obscurcissent en leur force, le plus malade les sent le moins ; voilà pourquoy il les faut remanier, au jour, d'une main impiteuse,

les ouvrir, et arracher du creux de nostrepoictrine. Comme en matière de bienfaicts, de mesme en matière de mesfaicts, c'est, par fois, satisfaction que la seule confession. Est il quelque laideur au faillir, qui nous dispense de nous en debvoir confesser ?

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