LA FRANCE DECHIREE PAR LA RÉFORME
Je double souvent si, entre tant de gents qui se meslent de telle besongne, nul s'est rencontré d'entendement si imbecille, à qui on aye en bon escient persuadé, Qu'il alloit vers la -eformation, par la dernière des difformativ ns ; Qu'il tiroit vers son salut, par les plus expresses causes que nous ayons de trescertaine damnation ; Que, renversant la police, le magistrat et les loix, en la tutelle desquelles Dieu l'a colloque, desmembrant sa mère et en donnant à ronger les pièces à ses anciens enne-
mis, remplissant des haines parricides les courages fraternels, appellant à son ayde les diables et les furies, il puisse apporter secours à la sacrosaincte doulceur et justice de la loy divine.
L'ambition, l'avarice, la cruauté, la vengeance, n'ont point assez de propre et naturelle impétuosité ; amorçons les et les attisons par le glorieux tiltre de justice et dévotion. Il ne se peult imaginer un pire estât de choses.
Le peuple y souffrit bien largement lors, non les dommages présents seulement, mais les futurs aussi : les vivants y eurent à patir ; si eurent ceulx qui n'estoient encore nays.