XVI PREFACE
goût en rignorant, en le connaissant à demi ou en le sachant par cœur.
J'ai été ravi de cette philippique dispersée dans les petits papiers de Guillaume Guizot et que je viens, en là résumant, de grossir et épaissir un peu, sans l'exagérer. J'en ai été ravi, parce qu'il est agréable, et, du reste, il est salutaire, de voir un Alceste en face d'un Philinte, un ardent en face d'un nonchalant, un homme d'action en face d'un homme de repos, un homme qui court après la fortune intellectuelle et morale en face d'un homme qui l'attend dans son lit, un chrétien en face d'un Horace, un homme de devoir en face d'un homme de tempéraments, et le fils de Guizot en face du fils d'Epicure, à la condition, et c'est le cas, que tous les deux aient de l'esprit.
Même quand ils seraient capables d'en venir aux gros mots, je les écouterais encore, en faisant la part de l'exagération des polémiques. Ainsi Guillaume Guizot en arrive à appeler Montaigne :
« Déranger! » Sur quoi j'entends Montaigne appeler Guillaume Guizot : « Calvin! » Ce sont les gros mots des gens polis. Ils sont gros tout de même. Définition à placer dans un dictionnaire philosophique : « Gros mot — procès de tendances. »
J'ai encore été ravi de cette polémique^ parce