‹ MontaigneChapitre 18 sur 100 · Bssais, III, 9. Éd. M. etj., t. VI. p · texte numérisé non relu

Bssais, III, 9. Éd. M. etj., t. VI. p

2. Essais, lll, 13, Éd. M. et J., t. VII, p. 63 et suivante-.

sentiment juste dont Rousseau fera une théorie fan

Et voilà maintenant l'enfant rentré dans la maison paternelle. Là, tout change, l'influence italienne domine : la douceur de vivre, la joie de savoir, sonl Les premières leçons qui entrent dans le cœur de Montaigne. La contrainte et l'effort sont bannis d'une éducation qui enseigne le latin en créant de toutes pièces un monde où l'on ne parle que latin, qui, redoutant la brusquerie des réveils, les ménage au son des flûtes, qui a le mouvement aise de la nature, le mouvement animé du

jeu1.

Une nouvelle péripétie dans cette éducation. Les gens qui représentent autour de Pierre Eyqucm de Montaigne l'influence italienne, s'en vont; et ce père, si désireux d'élever excellemment son fils, a des scrupules, s'effraye de la nouveauté de sa pédagogie, cède au courant : Michel de Montaigne va au collège. 11 n'y trouva pas ces trognes effroyables, ces tronçons d'osier sanglant, dont il parle dans sa vieillesse. Le collège de Guyenne oti il allait, était moins brutal. Et puis l'enfant y était traité en fils de grand seignem ; il avait un précepteur particulier, homme d'entendement. Nullement habitué à la discipline, esprit déjà volontaire et fermé, Michel de Montaigne cachait sous nue cuirasse d'indifférence, des jugements sûrs, qui s'étendaient à tous objets. El il lnt sorti du Collège avec la haine réfléchie des livres, des études et de ses maîtres, s'il n'avait un jour ouvert les Métamorphoses d'Ovide. Il est de plain-pied

i. Sur cette partie il<i l'éducation de Montaigne voir/; ssais, 1, 26dansl'É-

dition Municipale.

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A treize ans il s «H du collège, sans aucun çoûf d< science; il va, à Toulouse sans doute, Caire son droil : et parmi dos jeunes gens qui avalenl gloutonnement toutes sortes de savoir, e1 qui, travaillant qoatorze ou quinze heures par jour, • comme des portefaix . complissent le vaste programme pn poa gantua par Ponocrates, lui il est -i -ras, si frais et -i rose, que le médecin Thomas estime la présence d'un tel exemplaire de santé capable de rendre par contagion les forces à un riche vieillard pulmonique1.

Montaigne a noté lui-même avec beaucoup d'exactitude les traits qu'il doit à sa naissance et à cette éducation.

« Ma vertu est une vertu, une innocence pour mieux « dire, accidentale et fortuite. Si je fusse né d'une com-

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