Bonneton, Œuvres complètes de la Bocdr, p
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voyan< e du u de vouloir el d'ag ir.
El d'autre part, c'est dire i Montaigne a été ambitieux : el qaeli sentiments modéréfl il b eus, soit dans le su< toil dans l'ini
Richelieu, après ses premiers di m ont]
François de N les ei Lui déclare que désormais 1\ que «le Luçon sera tout à La piété; Montaigne, lui, B'arréte au simple dépit, ou même en deçà des ■ !• s'il quitte La vie active pour la retraite du si n'esl pas en vaincu du sort, ni en révolté. Ce w : oserais-je dire, par bouderie, si cette retraite n'a été si Longue, si sérieuse et si philosophique.
Tel est Le bilan do la folie de Montaigne : d l'amour, mais sans bassesse, ei la passion sans la
bauche; laguérison vient tôt avec le d . el i
guérison est bien complète, elle date de 1565; ensuite,
et encore bien peu, la fièvre religieuse, tout au plus
par boutades, jamais avec cette frénésie, ce hors de soi, que Pierre Charron connut et dont le souvenir couvrait de confusion le pauvre théologal: enfin l'ambition se traduisant par des velléité-, pas ; par des souhaits informulés, réelle cependant, et prête à tournera une sorte de dépit superficiel. A coté de cela, rien, pas même la contagion de ces cruautés, de ces intrigues et de ces crimes, qui désolent un siècle de plomb. Ce sera certes une conversion que la sagesse
de Montaigne ; niais il aura à changer, non à se repentir : il deviendra autre, il passera de la basse marche à une plus haute ; mais, même sur la basse marche il se tenait droit et ferme comme il convient à un homme libre. Il n'a jamais connu le remords. Pas plus que Fénelon, dans une autre sphère, il n'a souffert de déchirement, il n'a fait de chute ; il ne s'est pas trainé, il n'a pas pleuré ; il n'est pas un Pascal : le pa- J thétique et le dramatique sont absents de sa vie mo- / raie, absents de sa philosophie, absents de son art : ^Montaigne est mûr pour la sagesse antique.
Voilà les leçons de la vie, disons quelles leçons les amis et les livres donnèrent à Montaigne.
Les amis? Il faut dire un ami, ou plutôt le souvenir d'un ami. Car si Montaigne eut des compagnons, il n'eut qu'un ami; qu'il vit très peu, qu'il perdit très tôt, et qui a agi par l'image embellie de son mérite plus (jue par sa personne. C'est Etienne de La Boétie.
sur la profondeur essentielle de cette amitié, Montaigne a écrit d'admirables pages. On sait L'explication qu'il donne de l'étroite Liaison, qui brusquement, dès leur première rencontre, se noua entre eux. « Je Cannais, dit-il, parer <jur c'était lui, parce que c'était moi. » Ce mot définitif, Montaigne ne Ta pas écrit sur le coup môme de la perte de La Boétie (1563) ; il y est arrivé après des années, l'édition de 1588, ne
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plaire de Bordeaux, <|ii<- noua le I pour 1
fois, et, même alors, Montai^ ne n - Irou i
seul coup sa formule. Il d'aboi 'I i ontenté d
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que le sentiment es! allé s'approfondissanl chei M taigne. L'image de l'ami perdu n'a point quitté taigne, est devenue plus présente les am
s'est ennoblie Bans cesse, ainsi, il l'i if lui-même :
et tout ce qu'il avait de meilleur en lui, il le mettait dans l'idée qu'il se faisait de son ami, de telle sorte que ce n'est plus le vrai La Boétie, c'est La pari la plus noble de l'âme de Montaigne, qui guidait sous Le couvert de La Boétie le Montaigne total, ondoyant, d mêlé et parfois en danger.
Cependant le La Boétie vivant i i son action.
La physionomie de La Boétie est mal démêlée. Le discours De la servitude volontaire projette son ombre énigmatique sur la personne du jeune magistrat bordelais.
Nous savons 1 qu'il fit à Orléans des études de droit. au temps où Anne Du Bourg, le premier martyr protestant, y enseignait, et qu'il se lia avec Lambert Daneau. le futur eontroversiste huguenot.
Nous pouvons en conclure à la rigueur que les sympathies de La Boétie étaient alors acquises à la Réforme.