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CHAPITRE III

I. I. '"s occupations do la retraite. — II. Les circonstances historiques. — III. Les sources du stoïcisme de Montaigne — IV. L<" Stoïcisme de Montaigne. — V. Religion et stoïcisme. — VI. La fin de la période stoïcienne.

Il arrive en général un moment où un homme, prenant conscience, ou croyant prendre conscience de ce qu'il est, dégage le trait essentiel de sa personnalité, et s'efforce de développer ce caractère dominateur pour se constituer une individualité stable et bieu définie. C'est ce que Montaigne appelle se résoudre /c'est se formuler. Après tant d'influences, d'expériences, d'éducations diverses, ce moment-là semble arrivé pour Montaigne qui, maintenant le trente-huii ans, e\ dans La retraite, aurait pu, aurait dû se résoudre. VA nous, nous n'aurions plus qu'à extraire, si du moins il ne lavait pas fait lui-même, !•' scn> philosophique et général, de cette « résolution ». Mais Montaigne m- se résout pas : il se contente de s' « essayer . Il reste vivant, prêt à changer, prêt à enrichir, pré! à bouleverser sa personnalité, ('.ai- elle ne sera jamais ai . définie, en-

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fermée da os une inflexible direction. Jai

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r, notons-le bien, ce n'esl p ia dire qu'il donne, el qu'il bc regarde couler C'est pour le coup qu'il ne sérail plua capable d* ranalti

juger e! de vouloir; mécaniquement, nérfs^iin.-nir-nt. une habitude on une passion prendraient en Lui La pla de cette formule qu'il écarte, de cette i Ion

qu'il redoute. Il reste « maître de Lui â tous aena . Seulement il n'esi paa Le prisonnier d'un moi trompeur. Il ne se laisse paa gouverner parle moi >>. C'est lui qui gouverne sa personne réelle, plua complexe, pi mouvant»1 et plus volubile, que Les personnalités illusoires créées, je ne dis point par l'intelligence — car Dieu merci, Montaigne ne se dé l'intelligence,

— mais par la tendance de l'entendement définitions abstraites, tranchantes et claires el à substituer ces définitions à la réalité1. Ce caractère de Montaigne ne nous apparaîtra jamais mieux qu'à l'heure où il passe de la folie à la sagesse, sans crise, d'un mouvement aisé et naturel, « comme la pente des voûtes célestes ».

Voilà donc Montaigne, à trente-huit ans. aussi souple, aussi éducable, plus peut-être qu'à l'âge de dix ans. Il a

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