Cf. Daz.villas, la Vie Personnelle. Paris
quelques principes arrêtés de sagesse pratique : quelques habitudes intellectuelles, un certain tour d'imagination métaphysique; avec cela de nobles tendances, un tempérament généreux, une répugnance à tous les vices bas et cruels, une admiration spontanée de ce qui est grand et sincère et des souvenirs réconfortants. Il a été quelque peu dépité que sa carrière n'ait pas répondu à son mérite; il s'est libéré de tous les devoirs professionnels, de tous les liens civiques, il est très riche; son père lui a laissé des biens amples à gérer1. Il vient de voir la grandeur et la beauté que la retraite a donnée à la physionomie du chancelier de l'Hôpital, il a envié peutêtre la tranquillité de ce personnage digne de l'antiquité. Il aime l'air pur, il déteste les odeurs des villes et il craint la compagnie des sots et des indifférents. Il se retire à la campagne, dans son château d'où la vue est si belle. Il a son appartement à part dans une tour où sont sa chambre, sa chapelle, sa bibliothèque. De là il domine ses cens, son domaine et son magnifique horizon2 : il est débarrassé des soucis : il passera autant qu'il pourra en « repos et à part » le peu qui lui reste de vie.
El voici qu'il se dépite et qu'il s'ennuie. Incapable d'administrer sa grande fortune et sachant à peine
1. Dii mille livret de rente, croit-on. El c'était nn gros denier. Il dit
(Éd. M., p. 342) qu'un roi a es! pu mieui »eri i p.u i un nommé qui a dix mille livres de rente, on qui i pris Casai ou défendu Sienne » que par
I un bon valet et expérimenté . I>i\ mille livres de rente mettaient tlniK Montaigne au même rang qne 1 auraient fait la défense de Sienne ou la prise de Casai et lui râlaient Leil prérogâtiret d'un très grand seigneur. '. [II-3. Kd M. et J., t. V, p.
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cll<' ne !<• quitte ni jour ni nuit, ni chez lui. ni \o\ âge. Elle L'assombrit, elle le tu»
... il eut pour :
Mais ne parlons pas de cette obsession qui disparaîtra toute seule. Montaigne souffre d'autres
Il comptai! sur Bon imagination : il es léli-
cieuses journées à relire ses livres, à méditer au selon ses goûts : son imagination lui enfant - mons-
tres fantasques, les uns sur sans ordn
sans propos [ ».
Que faire? A cette même date le vieui < de
Montluc, dans la retraite lui aussi, maïs dans une retraite moins volontaire que celle de HontaigE jeune ami, « mettait en rolle » ses exploits, tant pour occuper ses loisirs que pour laisser de lui une in glorieuse et immortelle. Montaigne n'a pas d'exploits i raconter. Il « met en rolle » ses humeurs. El cela d'importance capitale non pas pour nous seulement qui connaîtrons ses pensées, mais pour lui-même qui se connaîtra, se gouvernera, se développera mieux. L'occupation de la retraite est trouvée. L'àme de Montaigne « ne se perdra point ». Elle sera « embesognée » à