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écrire ce qu'elle est, ce qui l'intéresse, ce qu'elle travaille à faire.
Or elle est occupée et intéressée par la poursuite raisonnée et volontaire « contentement ». « Ou la raison « se' moque, écrit-il, ou elle ne doit viser qu'à notre « contentement, et tout son travail tendre en somme à « nous faire bien vivre, et à notre aise, comme dit la « sainte Parole. Toutes les opinions du monde en sont « là, quoiqu'elles en prennent divers moyens; autrece ment on les chasserait d'arrivée; car, qui écouterait « celui qui, pour sa foi, établirait notre tourment1 »?
Vous entendez bien que Montaigne ne cherche pas les conditions générales et la définition abstraite du contentement; l'homme qu'il veut faire « bien vivre », c'est Michel de Montaigne et pas un autre : « ce n'esl pas ici la leçon d'autrui, c'est la sienne ». Chacun a sa manière d'être content. Don Quichotte s'éveille de bon matin, et, le casque en tête s'en va, sur sa maigre monture, au soleil torride, pour recevoir des coups. Jean de La Fontaine dort la grasse matinée, rêvasse, et, difficilement, écrit des vers remplis de grâce ei de poésie ; Dioctétien fait pousser des salades; Kichelieu s'exténue à mater l'Europe et à déjouer les complots de la Cour. Ces gens sont heureux selon leurs goûts. Montaigne a les siens; et si l'on entend bien le lande ses Essais etdes préfaces qu'il écril vers «cite époque, il s'exprime à peu près en ces termes : « Je n'ai plus de passion, je touche à l'autre pente de la vie; laissez-