‹ MontaigneChapitre 31 sur 100 · I. 20. Ed. M., t. I. p. 105 et · texte numérisé non relu

I. 20. Ed. M., t. I. p. 105 et

LE STOÏCISME. !),î

le courage trop haut, et l'entendement trop lucide pour se fermer les yeux et se boucher les oreilles devant le péril. Quel parti prendre, et comment assurer sa tranquillité?

lu livre que Montaigne alors lit et relit sans cesse dit ceci : « Celui qui peut dire : Je t'ai prévenu, fortune, et ai bouché toutes tes avenues, j'ai étoupé toutes tes entrées : celui-là ne s'assure pas sur des barrières, ni sur des portes fermées à clefs, ni des murailles, ains sur des sentences philosophiques et discours de raison, dont tous ceux qui le veulent sont capables. » Tel est le conseil que Plutarque, dans la traduction d'Amyol, donne à Montaigne et que Montaigne va écouter.

Plutarque et Sénèque prennent maintenant une grande place dans l'esprit de Montaigne l. Les lettres ;ï Lucilius de l'un, les œuvres morales de l'autre ['éclairent et le guident dans cette évolution si naturelle qui, par la force des choses, et sous L'influence des événements politiques, Le mène de L'humanisme au stoïcisme.

Les temps de Néron semblent revenus, sans Néron, les protestants disent, avec Néron. Kn tout cas la vie

humaine est abandonnée au caprice d'êtres malfaisants.

Montaigne ne voulant pas se prémunir contre la force

1. Pour Les jugements <ta Montaigne sur PlnUrqae et Sénèque, jugements qui oui légèremenl rarié arec le temps, Plutarque ayant été vite pré-

i Sénèque, von- £d. Mothean el Jouaust, i.vii, fndext aux mots Sénèque et Plutarque.

Page 1