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lion seulement , non La doctrine Voyons comment il se L'adapte à lui-nu
' p^a^ \ Montaigne a écrit dès L'année I57Î bu ^ ^u^v^ pitres ton! remplis de L'esprit stoïcien; c'est! de
tr Sénèque, les idées «le Sénèque, les expre>M«»ii». cl 1 lu-
larque, et l'inspiration du Portique, sur un plan uniforme. Montaigne commence par p
/Jk-^1 jb- thèse, ou par citer L'anecdote qui servira de Ihèmi
•A' son chapitre; il montre que celte thèse ou cette m
\^ ~? dote peuvent avoir, ont [jour le lecteur indifférent,
pour l'homme irréfléchi, un sens, acceptable «1 ailleurs, auquel il ne se range point; lui. il donne le sien, il le développe en entremêlant exemples el raisonnements (quelquefois c'est de lui qu'il prend l'exemple : el il i conclut par une formule où reparait l'idée initiale, ' élargie et enrichie. Les principaux de ces E>sais sont le chapitre xiv de la première édition : « que le goût des biens et des maux dépend en bonne partie de l'opinion que nous en avons, » — ce chapitre a été transporté dans l'édition posthume et dans la Vulgate à côté du chapitre xxxix et est devenu le xl; — le chapitre xix de la première édition : « qu'il ne faut juger de notre heur qu'après notre mort»; le chapitre xx (lre édition : « que philosopher c'est apprendre à mourir », et enfin le chapitre xxxix (lre édition) : « de la Retraite1 ». On pourrait les prendre
1. Et peut-être aussi l'Essai 13 du livre II. On trouve dans l'édition
pour des lettres de Sénèque ou des traités de Plutarque, mais ils ne s'adressent pas à Lucilius, àPaccius, à Pollianus ou à Eurydice, ils s'adressent à Montaigne luimême : Montaigne fait la leçon à Montaigne.
Sa leçon porte d'abord sur la crainte de la mort.
L'idée de la mort est familière à Montaigne. « Je suis « de moi-même, dit-il, non mélancolique, mais songe- « creux. Il n'est rien de quoi je me sois dès toujours « plus entretenu que des imaginations de la mort : voire « en la saison la plus licencieuse de mou Age, parmi les u dames et les jeux, tel me pensait empêché à digérer à « part moi quelque jalousie ou l'incertitude de quelque (( espérance, cependant que je m'entretenais de je ne « sais qui, surpris les jouis précédents d'une fièvre « chaude et de la mort, au partir d'une fête pareille, « et La tête pleine d'oisiveté, d'amour et de bon temps, et (( qu'autant m'en pendait à l'oreille. » Il ajoute : « Je ne •< ridais uon plus le front de ce pensemcnl là que d'un u autre. » Mais ce courage ne lui est pas venu sans une certaine habitude et sans un certain effort : « il est impossible que d'arrivée, nous ne sentions des piqûres de telles imaginations1. »
On comprend l'importance extrême que Montaigne attache à l'entretien de ce courage. Si la pensée de la mort l'épouvantait, comme elle ne le quitte point, toute
-a vie (Miserait empoisonnée. Le - Solon disait que
Municipale les raisons qui me fonl grouper ainsi ces Essais el leur donner pour date de composition Les innées 151 74 in plus tard. i. i
20 du lirre i est exactement, lui. du 15 mari Voir Éd. Municipale,
t. I. p. i î. 1. 10, Èé. M . I. I. p. 107.
1 DO MOU i U6H1
nul ne |" ut être appelé beureui I m moi f I ool;iit il faire entendre <ju<- Ui fortune a des i eloi blés et que, jusqu'au dernier joui-, !•■ roi i tain de ne pas devenir esc pour Solon lei
i tireurs el disg de la fortune ne tiennent rang ni
d'heur, ni de malheur ». lia voulu dire : que ce même
M" bonheur de notre trie, qui dépend de i [uillité et
[<( contentement d'un esprit bien né et de La résolut « et assurance d'une âme réglée, ne se doit jamais attri- « huer à L'homme, qu'on ne lui ait vu jouer le d< « acte de sa comédie, et sans doute Le plus difficile. \ « ce dernier rôle de la mort et de nous il n'y a plus « que feindre; il faut parler français, il faut monti « qu'il y a de bon et de net dans Le fond «lu pot. v. . « pourquoi se doivent à ce dernier trait toucher et « éprouver toutes les au! le la vie. Je remets
<( à la mort, conclut Montaigne, L'essai da fruit de m « études. Nous verrou*» Lé --i mes discours me partent « de la bouche et du cœur l . »
x>Ence sens « philosopher, c'est apprendre à mourir : ». Montaigne apprend donc à mourir. Il veut que la mort ne le surprenne point, même si elle vient comme un voleur; il veut qu'elle ne trouble ni son activité ni son contentement. « Je suis d'avis que non seulement un empereur, comme dit Yespasien, mais que tout galant homme doit mourir debout. Je veux que la mort me trouve, pljiniajit^mes choux, mais nonchalant d'elle et encore plus démon jardin imparfait. Aussi ai-je pris en