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h souvent en ma leçon, qucn'leurs écrits mes maîtres « font valoir, pour magnanimité et force de courage, des « exemples qui tiennent volontiers plus de Tépaississure « de la peau et dureté des os; j'ai vu des hommes, des « femmes et des enfants ainsi nés, qu'une bastonnade '< leur est moins qu'à moi une chiquenaude J. »
Il se raisonne donc, pas très souvent, mais très fortement sur le néant de la douleur. Il le fait ex professo, pour ainsi dire, dans l'Essai I, 14 que nous avons analysé; nous avons énuinéré ses arguments. Il n'arrive pas à admettre que la « douleur ne soit qu'un mot »! En revanche, il apprend, bien plus, il éprouve que le contentement de rame et la maîtrise de soi ne dépendent pas de la douleur. Vers l'âge de quarante-quatre ou quarante-cinq ans, la maladie le saisit. Jusqu'alors ses « reins avaient duré sans altération 2 ». Ils changent d'état. Montaigne croit avoir cette colique pierreuse, dont mourut son père. La pierre était fort bien connue c( tort mal soignée. On n'y possédait pas de remède. « le suis aux prises, écrit Montaigne à quarante-six ans, avec la plus soudaine de toutes les maladies, la plus
douloureuse, la plus mortelle, la plus irrémédiable :. »
Il s'apercevra plus tard qu'elle n'est pas si mortelle qu'il le croit, et, vieux, il se prendra a espérer4. Mais à ce moment, il n'a point d'illusion. D'ailleurs la maladie « a fait en lui des commencements beaucoup plus âpres