‹ MontaigneChapitre 39 sur 100 · II. I reuvé, dans I dons de fi d · texte numérisé non relu

II. I reuvé, dans I dons de fi d

cours de Bourdaloue. I >na funèb il*'"

mên ni pleines de»

nCn enseignent pas d'autres i raiment, elii

fortes, consolantes, effl infaillibL * bomme-

lii, comparez Montaigne.

Montaigne se dit catholique. Cependant la mort n'a aucun sens mystique pour lui. Lorsque, en esprit, il fronte, il n<' se demande même pas si elle dvie

d'une autre vie, < [ue sera cette autre vie. I. -

franceàses yeux, c'eSl la souffrance; rien de plu de moins. Et quant aux motifs du détachement qu'il i tique, ils n'ont rien de religieux; ils sont absolument laïques. Comment se fait-il, qu'ayani cours de la religion, Montaigne s'en soit >i totaleo passé?

J'ai écrit ailleurs qu'un Montaigne, un Ronsard, élevé en quelque sorte des cloisom lies dans leur

Ame et dans leur vie. Ils out une religion, c'est-à-dire un ensemble de conceptions métaphysiques accompagné de pratiques imposées : par ces conceptions et par ces pratiques ils s'accordent avec les autres hommes, ils Les acceptent pour des raisons de philosophie ou d'hisi de patriotisme ou de civisme, ou de convenance personnelle. Ils donnent à ces croyances, à ces usages quelques instants réglés chaque jour, et partout leur respect. Mais ces instants passés, et le respect satisfait, ils vivent en humanistes et en païens. Après

LE STOÏCISME. i 1 1

tout, cette façon d'organiser l'existence est intelligible, et elle est d'une réalisation facile.

Mais voici ce qui est vraiment irréalisable: c'est que l'on puisse penser à la mort en païen à certaines heures, à d'autres heures en chrétien : là, pas de cloisons étanches. Si, sur un tel sujet, on fait abstraction de la vie future, et de même si le souvenir de Jésus-Christ n'intervient pas dans les considérations auxquelles on a recours pour s'armer contre la souffrance, c'est qu'on n'est paschrétien, pas môme dans la plus faible mesure. Un homme dans ses rapports avec sa femme, avec ses enfants, dans ses devoirs professionnels, dans sa vie politique et sociale, dans ses i^oûts littéraires, se comportera — môme étant chrétien — comme quelqu'un qui ne Test pas; cela n'implique point conlradiction, cela est d'expérience courante. Mais, seul à seul, avec la mort ou la souffrance, morigénant son cœur, domptant le frémissement de ses nerfs et de son âme, le chrétien prendra s<>u point d'appui dans sa loi; sinon il n'a point

de loi.

Eh bien, à ce moment, où il est de celte sorte stoïcien, Montaigne n'a point de foi. S'il en avait eu un -rain, n'aurait-il pas mêlé, comme feraduVair, quelque peu de christianisme, à >es réflexions? tout au moins n'aurait-il pas incliné vers la pente religieuse du stoïcisme? 11 > a tant de religion chez le « pauvre bonhomme Épictète >-, qui émouvait saint François de Sales et que saint Charles Borromée lisait par édification! Il a fallu à Montaigne un effori ef un dessein prémédité pour découronner le stoïcisme, et le réduire à une sorte

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de médecine empiriqu< i1

l 'ii. époque n avait poinl de relig ion.

D ailleurs Lui •même, da n - un qu il a atténué plus ta rd, confirme lani 1 que noua .i\ ançons : Je c uidamne en noi troul

■ dit il. Ii cause de L'un des partis; mail plus quand

■ elle fleuri! et qu'elle prospère. Kilo m';i pai i nement concilié ■■■ soi pour La voir mi

« bléej . " Ce parti que condamne Montaig protestant. Or, quand ce parti a-t-il été Le plus misérable et accablé, Binon au Lendemain de l.-i Saint Barthé emy? A La lin de 1572 Montaigne bésite donc entre lepr< tantisme et le catholicisme; il Laisse aller ses sympathiesvers La Réforme. Mais ce n'est poinl par -on fonds religieux que la Réforme attire Montaigne, non plus que l'orthodoxie ne le refroidi! pour lui avoir paru trop peu religieuse, trop peu chrétienne. La position in qu'il prend alors. Buppose plutôt un affaiblissement «lu sentiment religieux, qui s'efface devant Les sentiments d'humanité et de générosité. Montaigne redoute toujours dans la Réforme l'orgueil et la sédition : le parti catholique vient de le blesser et de l'éloigner par un acte d'intolérance et de cruauté que Bossuet lui aussi a détesté comme un crime odieux. De là une sorte de colère et de réserve dont sa foi pâtit. Ni protestant, il voit le protestantisme trop près de la sédition, ni catholique, il voit le catholicisme trop près du fanatisme, il croit qu'il a cessé de croire. Et c'est justement à

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