‹ MontaigneChapitre 43 sur 100 · Tous ces renseignements sont empruntés à V Examen · texte numérisé non relu

Tous ces renseignements sont empruntés à V Examen

Mais l'histoire laisse bientôt sa place à la discussion théorique; et, dès le second livre, nous voici direct» ment aux prises avec le problème de la certitude : que] est le critère à l'aide duquel les hommes reconnaissent (rue levrai est vrai, que le faux est faux? Les écoles anciennes ne se sont pas entendues sur le critère, chacune a eu le sien; Pic de la Mirandolc en énumère et en critique tour à tour cinq, sans compter celui de Protagoras, qui consistait dans le sentiment individuel : id verum esse quod cuique videbitur \ Cette discussion aboutit bientôt aux loti, aux célèbres lieux communs, de la philosophie sceptique qui sont allés s'enrichissant de Pyrrhon à Sextus. L'exposé qu'en fait Pic de la Mirandolc est plus amusant que profond. Mais l'intérêt et la vie n'y manquent pas. Certains des chapitres sont déjà des Essais : l'auteur réunit des anecdotes, il rapporte ce qu'il a vu, il parle d'un enfant qu'il a connu qui aimait la rhubarbe, d'un compagnon de Charles VIII qui était heureux d'avoir la lièvre, dune femme qui vécut sans boire jusqu'à son mariage, « à Mirandolc, dans ma ville, dit-il ».

Quand tous les loci ont été ainsi traités, Pic de la Mirandolc reprend le problème de la certitude tout à l'ait à fond; et, à la suite de Sextus Empirions, il examine le 6f' cj, le zi :j et le xaô1 ::j : l'homme qui juge ; les sens par l'intermédiaire desquels l'homme est mis en rapport avec la chose à juger; limage suivant laquelle l'homme voit les choses. La par lie originale de cette critique, c'est l'étude de l'homme, ou plutôt la longue diatribe que Mirandolc écrit contre l'homme, qu'il compare aux bêtes, qu'il met au-dessous des

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