Garasse, Somme théologique
2. Langue, Du sortilège... in-4°, 1627. 11 faut y joindre Florimond ï :: R.emond dont l'Antéchrist, la Papesse Jeanne, l'Histoire de la naissance, progrès... de V hérésie sont pleins de citations des Essais et d'eloges de Montaigne.
de cet avis. Et voilà un premier point de vue Passons au second1.
« Montaigne, écrit M. Stapfer, a miraculeusement réussi à séduire et à charmer les hommes, en s'amusant à écrire au jour le jour tout ce qui lui passait par la tête. » Est-ce assez dire? Sainte-Beuve remarque, à plusieurs reprises, que chaque homme porte eu lui un peu de Montaigne. Rien de plus vrai. Tout le monde ne lit pas les Essais : le livre est trop touffu, le langage archaïque. Mais quiconque a triomphé de ce premier ennui, est pris; Montaigne le tient. En lui, une voix secrète s'éveille pour répondre à l'appel de Montaigne, et cette voix ne se tait plus, fut-on chrétien, fût-on janséniste, fût-on Pascal2. lTne causerie aussi séduisante qu'on la voudra, des vues fragmentaires, miraculeusement fécondes et neuves, ne sauraient avoir une telle action. Ceux qui ont constaté cette irrésistible influence de Montaigne, ont dû conclure qu'il y avait dans son œuvre je ne sais quoi d'intime, d'humain et de fort. Dès lors Montaigne a pris une autre valeur pour eux, et les Essais un nouveau sens.
Tous ne sont pas allés jusqu'à regarder Montaigne comme un penseur. « 11 n'a point de principes sur L< squels il fonde ses raisonnements, et il n'a pas d'ordre pour la déduction de ses principes ■ , dit Malebranche 3.
1. Stàpfi r, Montaigne, is95. La famille de Montaigne, 1896. i'\ i le \ VI siècle.