‹ MontaigneChapitre 69 sur 100 · Éd. M. et J., t. VI, p · texte numérisé non relu

Éd. M. et J., t. VI, p

2. Éd. M. et J., t. III, p. 2. Comparez dans l'Édition Municipale lEssai xxxviii du livre I : « Comme nous pleurons et rions d'une même chose. »

Je conclus que Montaigne, constant du moins clans les idées sur l'inconstance et l'universel écoulement qu'exprimait Y Apologie de Raymond Sebond, considère l'homme comme un composé instable, qui passe incessamment d'une combinaison à l'autre ; et jamais deux combinaisons ne sont pareilles; jamais deux hommes ne sont semblables, jamais deux instants d'un même homme ne sont identiques.

Je me demande alors quels sont les éléments de ce composé, et sous quelle influence la synthèse se défait, se refait, se défait encore pour se refaire.

Montaigne nous a répondu en 1580, et nous répond encore en 1588 par la coutume.

Tout l'Essai xxm du livre I était dès 1580 consacré à la coutume et à l'empire de la coutume. En 1588 cet Essai est amplifié et enrichi; l'enrichissement continuera d'ailleurs après 1588. L'essai xm du livre III, de 1588, contient des formules plus nettes : « C'est à la coutume de donner forme à notre vie telle qu'il lui plait; elle peut tout en cela; c'est le breuvage de Circé qui diversifie notre nature comme bon lui semble. » Pascal a été singulièrement frappé par les réflexions de Montaigne; selon son habitude, il les a dégagées avec force ; et, pour ne pas prolonger nos citations, c'est à lui que nous demanderons de résumer et de conclure : « La coutume est une seconde nature, écrit donc Pascal, qui détruit la première. Mais qu'est-ce que la nature? Pourquoi la coutume n'est-elle pas naturelle ? J'ai grand' peur que cette

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