‹ MontaigneChapitre 72 sur 100 · Éd. M. et J., t. V, p · texte numérisé non relu

Éd. M. et J., t. V, p

eh bien, on les connaît tous : ou plutôt, car ce n'est pas de science qu'il s'agit, il y a tant de similitude entre Les hommes que, qui a l'expérience d'un, a l'expérience de tous. Voyez, l'étude minutieuse que Montaigne a faite de lui-même lui a ouvert tous les mondes fermés que sont les individus : « Cette longue attention que j'emploie à « me considérer, dit-il, me dresse àjuger aussi passa- « blement des autres. Et est peu de chose, de quoi je « parle plus heureusement et excusablement. Ilm'advient <( souvent de voir et distinguer plus exactement les conte ditions de mes amis, qu'ils ne font eux-mêmes. J'en ai « étonné quelqu'un parla pertinence de ma description : (( et l'ai averti de soi. Ainsi âmes amis, je découvre par « leurs productions, leurs inclinations internes. Non <( pour ranger cette infinie variété d'actions si diverses « et si découpées, à certains genres et chapitres, et dis- « tribuer distinctement mes partages et divisions, en « classes et régions connues1. »

Faisons un pas encore, le dernier. « La forme entière de l'humaine condition », il faut la dépasser aussi. En tant qu'individu, chaque homme a, dans le ferment intérieur de sa vie, une prédisposition, une prédestination qui lui est particulière ; en tant qu'homme, il a une autre prédestination plus générale, qui lui est commune avec tous les hommes; et en voici maintenant une, plus générale, qu'il partage avec tout ce qui est sous le soleil. Nous revenons aux premières leçons de Y Apologie de Raymond S ebond : « Nous avons abandonné Nature...

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