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maïs ces merveilles sont dans L'avenir, n'ont de valeur qu'hypothétique, et Les souffrances sont présentes ef

trop certaines. Entre Le l>ien futur et possible, ef Le mal actuel et réel, peut-on hésiter? « Le législateur des Thu- « riens ordonna que quiconque voudrait, ou abolir une « des vieilles lois ou en établir une nouvelle, se préce senterait au peuple la corde au col, afin que si la « nouvelle n'était pas approuvée d'un chacun, il fut « incontinent étranglé. » Et pourquoi? parce que « rien « ne presse plus un État que l'innovation; le changece ment donne seul forme à l'injustice et à la tyrannie i » . D'ailleurs « il y a grand amour de soi et présomption « d'estimer ses opinions jusque-là que pour les éta- « blir, il faille renverser une paix publique, et intro- « duire tant de maux inévitables, et une si horrible « corruption de mœurs, que les guerres civiles apporte tent et les mutations d'état en chose de tel poids, « et les introduire en son pays propre ! Est-ce pas mal « ménagé d'avance tant de vices certains et connus « pour combattre des erreurs contestées et débatta- « blés. »

Montaigne est donc conduit à la politique qui respecte ce qui est ; et le voilà, suivant le mot de M. Stapfer, un conservateur : « Qui mettrait mes rêveries en compte au préjudice de la plus chétive loi de son village, ou opinion ou coutume, il se ferait grand tort et encore autant à moi », écrit-il. Et, s'il veut bien que les lois dorment, lorsque « la nécessité publique le requiert »,

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