‹ MontaigneChapitre 11 sur 43 · TRADUCTION DE RAYMOND DE SEBONDE · texte numérisé non relu

TRADUCTION DE RAYMOND DE SEBONDE

Le 18 juin 1568, Montaigne perdit son père. Nulle part il ne parle de sa mère; elle est absente de son œuvre, et, semble-t-il, de sa vie ; tout au contraire, chaque fois que revient sous sa plume le nom de son père, « le meilleur père qui fut oncques », il donne libre effusion à sa tendresse. Cette affection qui lui fait garder dans son cabinet « des longues gaules que son père portait ordinairement en la main », le décidera, malgré son peu de goût pour la truelle, à continuer les constructions que Pierre Eyquem avait entreprises au château, et que la mort interrompit.

« Mon père aimait à bâtir Montaigne où il était né, et en toute cette police d'affaires domestiques, j'aime à me servir de son exemple et de ses règles, et y attacherai mes successeurs autant que je pourrai. Si je pouvais mieux pour lui, je le ferais ; je me glorifie que sa

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