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CHAPITRE II

Montaigne est un parfait sceptique: voilà, n'estil pas vrai, une proposition qui, jusqu'à ces derniers temps, a été admise sans restriction ni réserve ? Véritable dogme littéraire, témérairement affirmé à l'origine, accepté bientôt par tous, depuis Pascal qui s'irrite de ce scepticisme jusqu'à Cousin qui le réfute, en passant par les encyclopédistes qui y applaudissent et s'en font une arme, le scepticisme de l'auteur des Essais a été de nos jours ou absolument nié, ou autrement compris et expliqué. M. Faguet a montré (1), en quelques pages d'une pénétrante et ingénieuse sagacité, comment, et pour Pascal, tourmenté du besoin de croire et de prouver sa foi, et pour l'école philosophique de 1840, si dé-

(i) Etudes sur le XVI^ siècle, p. 377 et suiv. 1894 (Lecène, Oudin et C**').

vote à la « raison impersonnelle, universelle », Montaigne ne pouvait être qu'un pur sceptique « qui s'amuse et amuse. » Gardons-nous pourtant de croire que Pascal ait inventé le scepticisme de Montaigne; déjà, aux yeux de ses contemporains (certaines inscriptions de son tombeau le prouvent), Montaigne fut un sceptique, sceptique chrétien, il est vrai, et ce correctif a son importance. Mais qui donc a raison, de nos critiques modernes, ou de ceux qui ont cru, pour le flétrir ou Tadmirer, au scepticisme contenu dans les Essais?

Il est incontestable que, dans nombre de pages, le scepticisme parait couler à pleins bords : la seconde partie de VApologie de Raymond de Sebonde, en particulier, est le plus complet et le plus ardent des réquisitoires contre les esprits superbes qui se croient capables d'atteindre à la certitude: Pascal y puisera, en les acérant à nouveau de sa puissante éloquence, les armes les plus propres à ce froisser d la raison humaine.

Où donc, s'écrie Montaigne, l'homme trouvera-t-il la vérité, si Dieu ne la lui révèle? Où découvrira-t-il les fondements de la certitude ? Jetons les yeux autour de nous : la plupart des hommes se règlent sur l'opinion : mais quelle variété dans l'opinion ! Ce que Tun fuit, un autre

le recherche. Traversez cette rivière, franchissez cette montagne qui sépare deux pays : quelle diversité de jugements en deçà et au delà ! « Les actions humaines se contredisent de si étrange façon qu'il semble impossible qu'elles soient parties de même boutique.,. Où jeter l'ancre « dans cette mer vaste, trouble et ondoyante des opinions? » — Si pourtant il était une opinion commune à tous les hommes, le consentement universel ne serait-il pas un guide sûr? — Non, répond Montaigne ; « les fols surpassent les sages en nombre; pour moi, de ce que je n'en croirais pas un, je n'en croirais pas cent uns. y> Mais, d'ailleurs, uulle part on ne rencontre ce consentement universel.

Montaigne s'adresse d'abord à l'homme « en sa plus haute assiette » ; il interroge les grands philosophes, ceux en qui « loge la hauteur extrême de l'humaine nature, d Qui sommesnous? Quel eet notre souverain bien? Notre âme est-elle immortelle, et qu'est donc cette immortahté? Dieu! quel « tintamarre de cervelles philosophiques ! ï> Les réponses s'opposent les unes aux autres, les systèmes se contredisent et s'entre-détruisent ; rien que sur la question du souverain bien, Varron a calculé « que naquirent deux cent quatre-vingt-huit sectes. » Et maintenant « fiez-vous à votre philosophie ;

vantez-vous d'avoir trouvé la fève au gâteau ; ... qui fagoterait suffisamment un amas des âneries de l'humaine sapience, il dirait merveilles. »

Notre corps nous est-il plus connu? Mêmes incertitudes et mêmes contradictions chez « les dieux de la médecine. ^ Qui donc a jamais vu deux médecins d'accord ?

a: Si votre médecin ne treuve bon que vous dormiez, que vous usiez de vin, ou de telle viande, ne vous chaille : je vous en trouverai un autre qui ne sera pas de son avis. »

Les sciences dites exactes n'offrent pas une meilleure garantie.

« On m'a dit qu'en la géométrie (qui pense avoir gagné le plus haut point de certitude parmi les sciences), il se treuve des démonstrations inévitables, subvertissant la vérité de l'expérience. » Montaigne sait « des propositions géométriques qui concluent, par la certitude de leurs démonstrations, le contenu plus grand que le contenant, le centre aussi grand que la circonférence, et qui trouvent deux lignes s'approchant sans cesse l'une de l'autre et ne se pouvant jamais joindre. »

Ces arguments ne sont pas tous également concluants; mais nous ne les jugeons pas, nous les exposons simplement d'après Montaigne.

Cependant il est une objection générale qu'on pourrait faire, et Montaigne semble l'avoir prévue. — Que prouvent, après tout, ces diversités d'opinion et ces contradictions, sinon ceci : que la raison, instrument délicat, a été faussée par l'inhabileté de ceux qui s'en sont servis ; elles ne prouvent pas que l'instrument soit nécessairement faux. — Eh bien, répond Montaigne, allons plus loin et montrons que « la raison va toujours et torte et boiteuse et déhanchée, et avec le mensonge comme avec la vérité : par ainsi, il est malaisé de découvrir son mécompte et dérèglement »; montrons que « toutes choses produites par notre propre discours (raisonnement) et suffisance, autant vraies que faussessont sujettes à incertitude et débat », etqu^enfîn, il est impossible « d'arriver à aucune certitude par argument et par discours. »

Et voici comme il s'y prend. Les sens sont nos véritables maîtres. c( Toute connaissance s'achemine en nous par les sens. » Mais si la source est troublée et vaseuse, l'eau qu'on y puise sera-t-elle pure et limpide? Si les sens nous trompent (et nul n'y contredit), quel est le prix d'une science qui « commence par eux et se résout en eux? » — Mais le jugement redressera ces erreurs. — Il reste toujours que les objets nous apparaîtront, non comme ils sont en

réalité, mais tels qu'ils sont par rapport à nous: d'où impossibilité d'atteindre l'absolu.

« Ceux qui ont la jaunisse, ils voient toutes choses jaunâtres et plus pâles que nous ; ceux qui ont cette maladie que les médecins nomment hyposphagma , qui est une sufFusion de sang bous la peau, voient toutes choses rouges et sanglantes... Quand nous pressons l'œil, les corps que nous regardons, nous les apercevons plus longs et étendus : plusieurs bêtes ont l'œil ainsi pressé ; cette longueur est donc, à l'aventure, la véritable forme de ce corps^ non pas celle que nos yeux lui donnent en leur assiette ordinaire... Si nous avons les oreilles empêchées de quelque chose, ou le passage de l'ouïe resserré, nous recevons le son autre que nous ne faisons ordinairement ; les animaux qui ont les oreilles velues, ou qui n'ont qu'un bien petit trou au lieu de l'oreille, ils n'oyent par conséquent pas ce que nous oyons, et reçoivent le son autre. »

Or, qui perçoit le véritable son et la forme véritable, de ces animaux ou de'nous ?

Songez enfin que, « si instable et si mobile, si souple et si erratique », cette pauvre raison humaine connaît les lentes décroissances, qu'une maladie peut l'éteindre, que la folie peut brusquement la visiter, qu'elle est à la merci d'un rayon de soleil trop chaud ou d'une brise un peu plus fraîche ; que « entre la folie et les gaillardes élévations d'un esprit libre, il n'y a

qu'un demi-tour de cheville », et vous saurez ce que vaut cet « instrument libre et vague, instrument de plomb et de cire, allongeable, ployable et accommodableàtous biais et àtoutes mesures »; et vous répéterez le mot de Pline : < Il n'y a rien de certain que l'incertitude, et rien de plus misérable et fier que l'homme. » Alors, quand il a ainsi foulé aux pieds notre misérable raison, avec quelle ironie Montaigne raille l'homme, ce « pauvre et calamiteux animal », fier « de ce sot titre qu'Aristote nous prête de dieux mortels », et qui très sérieusement s'imagine être le centre du monde !

<k Considérons doneques pour cette heure Thomme seul, sans secours étrano^er, armé seulement de ses armes et dépourvu de la grâce et connaissance divine, qui est tout son honneur, sa force et le fondement de son être : voyons combien il a de tenae en ce bel équipage. Qu'il me fasse entendre, par l'effort de son discours (^raisonnement), sur quels fondements il a bâti ces grands avantages qu'il pense avoir sur les autres créatures : qui lui a persuadé que ce branle admirable de la voûte céleste, la lumière éternelle de ces flambeaux roulant si fièrement sur sa tète, les mouvements épouvantables de cette mer infinie soient établis et se continuent tant de siècles, pour sa commodité et pour son service ? »

Montaigne est donc vraiment un sceptique, dites-vous ; dans ces rudes assauts qu'il livre à

la raison humaine, comment ne pas reconnaître un invincible pyrrhonisme? Prenez garde; Montaigne n'est pas l'homme d'un système ou d'une idée; ce n'est point un « unifié », comme disent certains psychologues. Vous avez cru voir à plein le scepticjue ; tournez la page, voici un Montaigne nouveau ; voici des chapitres qu'un sceptique n^eût jamais écrits.

Pour ne pas parler des dogmes religieux, eston sceptique quand on croit aux miracles? Non seulement Montaigne y croit, parce qu'il est catholicfue, — ceci ne serait pas convaincant, — mais il argumente pour prouver qu'un homme de bon sens ne se peut refuser à cette croyance. Les faits sont invraisemblables : qu'importe ? L'invraisemblable n'est pas l'impossible ; or, de déterminer l'impossible, nul ne le peut, s'il n'est au pouvoir de personne de « savoir jusqu'où va la possibilité. » Il sufTit donc, pour que notre adhésion soit légitime, que le miracle soit attesté par des témoins dignes de foi. L'autorité de Bouchet, par exemple, lui paraît tout à fait insuffisante ; mais que saint Augustin, et non plus Bouchet, raconte qu'il a vu un miracle : Montaigne y prête les mains.

« Ce grand saint Augustin témoigne avoir vu, sur les reliques saint Gervais et Protais à Milan, un enfant

aveugle recouvrer la vue ; une femme, à Carthage, être guérie d'un cancer par le signe de la croix qu'une femme nouvellement baptisée lui fit ; Hesperius, un sien familier, avoir chassé les esprits qui infestaient sa maison, avec un peu de terre du sépulcre de Notre- Seigneur et cette terre depuis transportée à l'église, un paralytique en avoir été soudain guéri ; une femme, en une procession, ayant touché à la châsse saint Etienne d'un bouquet, et de ce bouquet s'étant frotté les yeux, avoir recouvré la vue pièça perdue ; et plusieurs autres miracles, oii il dit lui-même avoir assisté : de quoi accuserons-nous et lui et deux saints évêques Aurélius et Maximinus , qu'il appelle pour ses records ? sera-ce d^ignorance, simplesse^ facilité ? ou de malice et d'imposture ?»

Dans son Journal de voyage, il rappelle qu'il a vu à Loretteun jeune Parisien miraculeusement guéri. Il l'a questionné, lui et les gens de sa suite, « particulièrement et curieusement », et sa conclusion est celle-ci : « Il n'est possible de mieux ni plus exactement former l'effet d'un miracle. »

Dételles affirmations, si précises et si nettes, embarrassent beaucoup ceux qui veulent à tout prix compter Montaigne parmi les sceptiques absolus ; mais est-il sérieux de prétendre, comme le fait un critique anglais à propos du miracle de Lorette, que « cet accès de foi ne fut en somme qu'un vague besoin d'espérance »,

attendu « qu'il s'agissait d'une guérison et que Montaigne n'était pas très bien portant? » C'est la raison de Montaigne, on l'a vu, qui accepte la possibilité et la réalité des miracles.

Est-on sceptique, quand on croit à la Providence, et non pas seulement à une Providence générale, mais à une Providence qui règle tout, partout et à toute heure, et qui, selon le mot de Fénelon, <t dirige à une fin les choses qui semblent fortuites ? » La parole de l'Evangile : « Il ne tombe pas un cheveu de notre tête sans la permission de Dieu », Montaigne Taccepte dans toute sa rigueur, la colorant seulement de sa vive imagination gasconne :

« Il ne faut pas attribuer à Dieu les événements d^importance, d'une particulière assignation..., comme si à ce roi-là c'était plus ou moins de remuer un empire ou la feuille d'un arbre, et si la Providence s'exerçait autrement, inclinant l'événement d'une bataille que le saut d^une puce ? »

Est-on sceptique quand on croit à la vertu ? Montaigne l'admire avec passion et l'exalte chez les héros avec un enthousiasme qui s'indigne contre ces « sottes gens », dont l'ingéniosité se dépense « à obscurcir la gloire des belles et généreuses actions anciennes^ leur

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donnant quelque interprétation vile et leur controuvant des occasions et des causes variées : grande subtilité ! »

On n'est pas sceptique, enfin, quand^ selon le mot de M. Faguet, il y a des choses auxquelles on ne croit pas; quand on a sur la politique et la morale des idées parfaitement arrêtées, et qu'on consacre tout un long chapitre à développer ce que doit être, raisonnablement, rinstitution des enfants.

Qu'est donc Montaigne ? Est-il parfois sceptique, et parfois le contraire d'un sceptique ? A-t-il, comme il le dit lui-même de Platon, « dissipé sa créance à divers visages ? » et faisait-il un retour sur ses propres variations lorsqu'il écrivait : « Au demourant, les uns ont estimé Plato dogmatiste, les autres dubitateur, les autres, en certaines choses l'un, et en certaines choses l'autre? » On le pourrait croire ; il reconnaissait volontiers en lui mille contradictions, et elles ne le choquaient point. Il donnait à son âme tantôt un visage, tantôt un autre, selon le côté où il la couchait. Il y aurait donc, en réalité, deux Montaigne, l'un pyrrhonien, l'autre dogmatiste, que cela ne serait point pour nous surprendre ; et, dans ce cas, à la question : Montaigne est-il sceptique, le plus sage serait de répondre par ces mots bien connus, où quel-

ques-uns ont voulu qu*il ait exprimé le fond de sa pensée : Que sais-je ?

Mais il n'en va pas ainsi : le scepticisme de Montaigne, à y regarder de près, n'est pas un véritable scepticisme. Qu'on le remarque bien, en effet: il ne dénie pas, absolument, tout pouvoir à la raison humaine ; il se borne à établir que ce pouvoir est limité. Les dogmatistes de son temps l'irritent, lui « arrachent les dents », avec leurs superbes affirmations, qui se traduisent par de sanglantes luttes. Il exècre tous ces docteurs, au ton tranchant, qui « cathédrisent, d'une trogne magistrale d, « au style qu'on établit les religions et les lois. » En haine de ce dogmatisme, il célèbre l'ignorance, l'ignorance c( abécédaire d, celle des paysans et des illettrés, et surtout l'ignorance « doctorale », fruit de la science. La seule détestable, et digne qu'on la poursuive des plus amers sarcasmes, c'est l'ignorance c( d'entre- deux », qui se pare du nom de science. A ces faux savants, il veut « arracher des poings les chétives armes de la raison », il veut les mettre nus « en chemise. » Parce qu'il les déteste, il attaque — avec quelle violence, nous l'avons vu, — cette raison qui fait la superbe ; il lui dit des injures, il s'irrite contre elle, comme s'irrite contre l'objet aimé un amant qui se croit trahi ; et cette colère, c'est encore

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(.le l'amour. Car Montaigae aime la raison, pourvu qu'elle n'excède pas les limites qui lui sont fixées. Limiter la puissance de la raison, est-ce donc faire acte de scepticisme ?

Sans doute Montaigne prétend que la raison ne peut rien démontrer. Est-il légitime d'en conclure qu'il ne reste plus à la raison aucun pouvoir, aucun droit, aucun rôle à jouer ? Le rôle de la raison, ce sera de contrôler et de juger nos actions, de surveiller « la conduite de nos inclinations » ; ce sera, s'il s'agit des vérités révélées, ce d'accommoder au service de notre foi les outils naturels et humains que Dieu nous a donnés»; ce sera, en un mot, de chercher toujours la vérité. Montaigne est très explicite : « Il y a vrai et faux ; et y a en nous de quoi le chercher ^ mais non pas de quoi V arrêter k la touche >; c'est-à-dire qu'il nous est donné de chercher la vérité, et même de la trouver^ impuissants à la prouver.

Et si l'on admet cette distinction, les prétendues contradictions disparaissent : ainsi s'expliquent toutes ces pages, en apparence inspirées parle scepticisme le plus complet; ainsi s'expliquent aussi les très nombreux passages où Montaigne fait appel à notre raison, et l'on comprend qu'il exerce, qu'il « essaie » son jugement. Quant à la tolérance de Montaigne,

elle est le fruit, non du scepticisme, mais de cette conviction que Tintelligence humaine est bornée. Impuissants à démontrer la vérité, alors même que nous la tenons en nos mains, il est tout naturel que nos affirmations soient comme enveloppées des formules du doute. Montaigne affectionne les peut-être, les probablement, les il se peut, tous les mots destinés, comme il le dit, à « amollir » la témérité de nos propositions; il s'indigne qu'on ose « faire cuire un homme tout vif f> pour des '< conjectures », si vraisemblables que soient ces conjectures, et qu'on brûle un sorcier pour des faits, imaginaires peut-être et peut-être innocents.

Agnostique, limitateur, « dubitateur », ou de quelque autre nom qu'on l'appelle, Montaigne qui croit à tant de choses et à la raison, n'est pas un pur sceptique ; il Test si peu que Sainte- Beuve parle de son Dogmatisme (quoique, à vrai dire, le mot de dogmatisme — quand il s'agit de Montaigne — ne soit pas pour nous plaire entièrement), et qu'il écrit quelque part: (c Je concevrais un chapitre intitulé le Dogmatisme de Montaigne. » La vérité est, nous le répétons, qu'il convient de distinguer la raison raison- . nante, à laquelle Montaigne ne croit pas : à tout raisonnement se peut opposer un raisonnement contraire et tout aussi inébranlable ; — et

le jugement, ou, si Ton veut, le bon sens, qui est bien une forme de la raison, et auquel il croit, et qui suffit pour la direction de notre vie pratique. Montaigne serait donc, sur ce point, et peut-être n'en a-t-on jamais fait la remarque, un précurseur de Descartes, qui fait lui aussi cette distinction ; de Pascal lui-même qui met en regard, pour en marquer les contrastes, Tesprit géométrique et l'esprit de finesse; et de tous ceux enfin qui, au xvii® siècle ou plus tard, pensent avec Molière que dans la plupart de nos discussions comme de nos systèmes, le raisonnement a banni la raison. .

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