‹ MontaigneChapitre 8 sur 43 · SA PREMIÈRE JEUNESSE Î'S · texte numérisé non relu

SA PREMIÈRE JEUNESSE Î'S

pourrait amender ; mais, remarque malicieusement le jeune étudiant, il oubliait à dire que la mienne s'en pourrait empirer aussi. ))

Il ne semble pas que Montaigne ait apprécié les leçons de dialectique et de droit beaucoup plus que les leçons du collège de Guyenne. Il n'a en son enfance, dit-il, « goûté des sciences que la croûte première, et n'en a retenu qu'un général et informe visage : un peu de chaque chose et rien du tout [et rien à fond], à la française. » A peine sait-il « qu'il y a une médecine, une jurisprudence, quatre parties en la mathématique, et grossièrement ce à quoi elles visent.» Exagération, certes oui ; mais il est évident qu'il apporta à ces études supérieures le même esprit « tardif et mousse » et cette complexion lourde », à quoi il attribue de « n'avoir rien su tirer qui vaille » de l'enseignement qu'il reçut. Il n'imita point ces étudiants studieux, dont un de ses amis, et peut-être son camarade aux écoles de Toulouse, Henri de Mesme, nous a décrit heure par heure les laborieuses journées. A la pensée de cette étude continue, qui commençait à quatre heures du matin pour se prolonger assez avant dans la soirée, avec, en guise de récréation, des lectures de Sophocle, d'Aristophane, d'Euripide, de Démosthène, à

moins que ce ne fût de Virgile, d'Horace ou de Cicéron, on reste stupéfait, et notre mollesse s'effraie, Montaigne n'apprit pas ainsi toute science « avec les dents. » — « De m'être rongé les ongles à l'étude d'Arislote, monarque de la doctrine moderne, ou opiniâtre après quelque cience^, je ne l'ai jamais fait. »

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