‹ Montaigne pamphlétaireChapitre 10 sur 108 · De Tnou, Histoire, t. VI, p · texte numérisé non relu

De Tnou, Histoire, t. VI, p

2. Pierre Matthieu, Hialoire de France de François i*"^ à Henri IV, Paris, 1631, t. I, liv. V, p. 325.

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et à Moncontoar, et persuader à celui-ci qu'il était le héros désigné par Dieu pour exterminer les hérétiques. Tavannes, l'homme de guerre le plus qualifié pour apprécier le caractère et la valeur du jeune lieutenant général du royaume, Tavannes, le vrai chef de l'armée, le mentor préposé par Catherine auprès de son fils pour lui gagner des batailles et lui forger un prestige, savait mieux encore que les Réformés et que les Politiques catholiques à quoi s'en tenir sur ce point, et il nous le dit très nettement : « Souvent, dans les guerres passées, Tavannes rompait le rideau au duc d'Anjou, le faisant lever forcément, lui reprochait s'il n'avait pas honte que six mille hommes à cheval l'attendissent devant son logis, et le forçait d'être soldat malgré lui ^. »

Voilà ce qu'était le duc d'Anjou à Jarnac et 5 Moncontour, et ce qu'il fut à toutes les périodes de sa vie. L'auteur d'un pamphlet a donc pu dire justement que ce prince n'avait jamais pu « s'accoustumer à la poudre des batailles» ; rien ne manque plus à sor portrait : c'est bien lui que désigne l'auteur du Contr'un.

Ainsi se trouve expliqué l'empressement des protestants à utiliser le Discours de la Servitude^

1. Mémoires de Tavannes, dans la collection des Mémoires pour servir à iliisloire de France, publiés par Michaud et P0UJOULA.T, t. VIII, p. 419.

I b MONïAIG>"E ET LE l( CONTR U>" ))

et à le mêler à leurs libelles. C'était un écrit dirigé contre la politique du jour; il venait enrichii le recueil où étaient réunis les arguments de combat, l'arsenal où les militants venaient chercher les armes pour leurs attaqaes contre Charles IX, le duc d'Anjou et leur mère, contre les auxiliaires et complices de leur politique. Il ne manquait pas en France, surtout depuis la Saint-Barthélémy, et pas Seulement parmi les protestants, de gens fort échauffés contre les Valois. Les pamphlets et les traités de politique révolutionnaire inondaient la France . Les historiens, s'inspirant des paroles de de Thou, remarquent que le Discours éclata comme une bombe parmi ces matières inflammables. L'on était déjà « très aigri », suivant de Thou, contre la pohtique de Catherine ; ce qui surexcita contre elle, « ce furent certains écrits qui coururent en ce temps-là, entre autres le Discours de La Boétie, qu'on affecta de répandre pour disposer les esprits à la révolte » ^. Comprendrait -on qu'un écrit dirigé contre la politique d'Henri II, mort depuis seize ans, et visant, à vingt-huit ans de date, des événements du commencement de son règne, ait pu remuer à ce point l'opinion et soulever violemment les passions politiques? Les allusions ne sont bien comprises, les invec-

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