‹ Montaigne pamphlétaireChapitre 13 sur 108 · p. Bonnefon, Revue politique el parlemenlaire, Janvier · texte numérisé non relu

p. Bonnefon, Revue politique el parlemenlaire, Janvier

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qu'il l'ait écrit. Enfin, ce même passage mentionne la Franciade, de Ronsard, qui n'a paru qu'en 1572, ce qui empêche, on en conviendra, qu'il ait été écrit par un homme mort en 15631.

Le règne des favoris et des mignons ^. — On le retrouve dans le fragment qui commence par ces mots : «Mais, maintenant, je viens à un point lequel est, à mon avis...^.» C'est, dans le Discours, un morceau capital où l'auteur expose le secret ressort de la domination et un des principaux fondements de la tyrannie. « Ce ne

1. Cette allusion à la Franciade ne saurait, d'ailleurs, être détachée de l'ensemble du fragment ; elle forme avec lui un tout dont les parties sont inséparablement liées.

2. Le mot mignons n'a été pris dans un sens tout à fait défavorable qu'à partir de 1576, c'est-à-dire à partir du moment où les mœurs attribuées à Henri III y attachèrent .une signification infamante. Il était antérieurement synonyme de favori, compagnon d'un rang inférieur. Mais, dès 1574-1575, on reprochait à Henri III dene vivre qu'avec des «mignons godronnés» (empesés), et de Thou (tome VII, p. 134-135), sans les appeler mignons, constate, dès l'arrivée d'Henri III en France, en septembre 1574, qu'on ne le voit qu'entouré de ses jeunes favoris. Dans son Histoire cV Henri de Valois, M. de Noailles nous le montre vivant et gouvernant en Pologne (1573-1574) de la même manière. C'est en janvier 1575, d'après le récit de l'Estoile, au siège de Livron, qu'on lui a reproché publiquement ses mignons. Les assiégés lui criaient du haut de leurs murs : « Amenez-nous un peu vos mignons passiflores, godronnés et parfumés, qu'ils viennent voir nos femmes, et nous verrons si c'est chose aisée à emporter. » (L'Estoile, Registre- Journal du règne d'Henri III, édition Michaud-Poujoulat, p. 50).

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