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MU.NTAIG-NE ET LE « COMK'o » 27

sont pas les bandes des gens à cheval, ce ne sont pas les compaignies des gens de pied, ce ne sont pas les armes qui défendent le tiran. On ne le croira pas du premier coup, mais certes il est vray: ce sont tousjours quatre ou cinq qui maintiennent le tiran, quatre ou cinq qui lui tiennent tout le païs en servage. Tousjours il a esté que cinq ou six ont eu l'oreille du tyran et s'y sont approché d'eus -mesmes, ou bien ont esté appelés par lui pour estre les complices de ses cruautés, les compaignons de ses plaisirs, les maquereaus de ses voluptés, et communs aus biens de ses pilleries. Ces six addressent ^ si bien leur chef, qu'il faut, pour la société, qu'il soit meschant, non pas seulement de ses meschancetés, mais ancore des leurs. Ces six ont six cent, qui proufitent sous eus et font de leurs six cent ce que les six font au tiran. Ces six cent en tiennent sous eux six mille, qu'ils ont eslevé en estât, ausquels ils font donner ou le gouvernement des provinces, ou le maniement des deniers, afin qu'ils tiennent la main à leur avarice et cruauté et qu'ils l'exécutent quand il sera temps, et facent tant de maus d'ailleurs, qu'ils ne puissent durer que soubs leur ombre, ny s'exempter que par leur moien des

1. Le mot « adresser », dans le sens de dresser, ne se trouve, si je ne me trompe, au xvi« siècle que dans Amyot, et non dans les Vies des hommes illustres, mais seulement dans les Œuvres morales, qui n'ont paru en français qu'en 1572.

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loix et de la peine. Grande est la suitte qui vient après cela... et qui voudra s'amuser à dévider ce filet, il verra que, non pas les six mille, mais les cent mille, mais les millions, par ceste corde, se tiennent au tiran, s 'aidant d'icelle comme, en Homère, Juppiter, qui se vante, s'il tire la chesne, d'emmener vers soi tous les dieus. »

Il semble impossible de ne pas reconnaître ici le règne des Villequier, des du Guast et des autres favoris.

M. François Combes, qui a également reconnu dans cette page une allusion politique, a cru y voir un tableau des faits que l'auteur avait devant les yeux sous François II et sous Charles IX, lors de la domination du cardinal de Lorraine et des Guises ^, et, pensant toujours aux seuls rois contemporains de La Boétie, il ajoute : « Ce n'est pas le règne d'Henri III qui pouvait lui fournir le sujet d'une peinture si sombre, mais bien celui de François II. »

Pour rapporter cette allusion à l'un des trois règnes qui ont précédé celui d'Henri III, il faut vraiment oublier leurs traits les plus saillants. L'auteur du Contr'un aurait assurément pu, dans ces trois règnes, trouver assez d'abus de

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