De Thou, Histoire, t. VII, p
les favoris entourent étroitement le roi, formant autour de lui un cercle difficile à franchir. Les grands seigneurs; la haute noblesse sont écartés; sans retard, Bellegarde est fait maréchal de France ;Villequier est nommé à l'un des plus hauts postes de l'État; son gendre d'O demeure avec lui auprès du roi : sa charge spéciale est d'achever de le pervertir. Bientôt, Bellegarde reçoit des missions de confiance à l'étranger; Souvray, plus digne, plus indépendant, se détache du groupe; Pibrac, devenu suspect de tolérance pour les protestants, rentre bientôt en grâce et est envoyé en Pologne pour traiter avec les anciens sujets d'Henri 1.
Pour combler les vides faits par l'absence des trois derniers, le roi attire à lui trois ou quatre compagnons. Béranger du Guast, pendant quelques mois, est le préféré et le plus écouté; mais son règne est de courte durée. Villequier et d'O, dont la puissance n'a jamais été ébranlée, parce qu'ils sont les plus actifs ministres des voluptés du roi, se chargent de remplacer les disgraciés et introduisent les nouveaux mignons qui se succèdent et se supplantent rapidement. A la fin de l'année 1575 et au commencement de l'année 1576, nous retrouvons comme favoris régnants : Villequier, du Guast, d'O, Bellièvre,