Les Essais, livre I, chap. XXII, t. I,, p
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saison », que les changements, au lieu d'améliorer, empirent l'état du pays. Mais les dogmes religieux au nom desquels on s'égorge, ne sont, pour lui, que des opinions hasardées qui «ne sont pas à un si haull prix que d'en faire cuire un homme ioul vijy>^. D'autant qu'elles sont imposées à nos volontés par le hasard de la naissance, et non à nos esprits par leur vérité même. « Nous sommes chrétiens à même titre que nous sommes ou Périgourdins ou Allemands 2. » « Nous n'avons d'autre mire de la vérité que l'exemple et usance du pays où nous sommes : là est toujours la parfaite religion, la parfaite police ^. » Dans cette lutte des Catholiques et des Protestants, d'ailleurs, « la justice est bien alléguée, » mais « elle n'y est ni reçue, ni logée, ni espousée». Elle y est «comme ornement et couverture^-, comme « dans la bouche de l'avocat, non comme dans le cœur et affection de la partie... Notre rehgion est faite pour extirper les vices; elle les couvre, les nourrit et les incite ^. «
Il n'a pas plus d'attachement, pas plus d'estime pour les princes qui régnent alors, ni pour les rois en général (le Béarnais excepté), qu'il n'a de tendance à excuser les crimes que fait commettre le fanatisme religieux. « Vus derrière
1. Les Essais, édit. Courbet, livre III, chap. XI, t. II, p. 164.