‹ Montaigne pamphlétaireChapitre 28 sur 108 · p. Matthieu, Hisloire de France, 1631, t. I, p · texte numérisé non relu

p. Matthieu, Hisloire de France, 1631, t. I, p

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Montaigne ne devait donc pas toujours envisager avec appréhensionla chute possible des Valois. Et même on peut penser que dans une situation, chaque jour plus troublée, où rien ne pouvait sembler pire que ce qui existait, il se serait d'autant plus facilement pardonné d'avoir contribué à un tyrannicide, qu'il apercevait la possibilité d'en rendre les conséquences profitables à l'intérêt même de l'ordre. Certains passages des Essais permettent de lui attribuer cette pensée; ceux par exemple où Montaigne se demande quelle devait être sa conduite si, par malheur, les lois venaient « à se contredire et empêcher » ^ et où, après avoir proclamé que la morale est au-dessus de la politique, et rejeté la raison d'Etat et la loi de salut public, il admet pourtant que « la trahison peut être en quelques cas excusable» lorsqu'elle «s'emploie à châtier et à trahir la trahison » ^.

A peine échappé de la Cour des Valois (1576), Henri de Navarre ne tarda pas à retrouver en Guyenne, tout disposé à lui être utile et à lui préparer les voies, Michel de Montaigne, auquel il remit, en 1577, le brevet de gentilhomme de sa chambre, pour des services dont l'objet précis est resté inconnu. Parmi ces services, je placerais volontiers la part qu'il venait de prendre

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