CHAPITRE PREMIER
Ou IL EST ITÉRA.TIVEMENT ÉTABLI, EN REPONSE AUX OBJECTIONS DE M. PaUL BoNNEFON, QUE DES INTER- POLATIONS, TRÈS PROBABLEMENT IMPUTABLES A MON- TAIGNE, ONT ÉTÉ APPORTÉES AU CONTRUN, ET, EN
OUTRE, QUE Montaigne ne saurait être blâmé
d'aA'OIR fait de l'ouvrage de son ami un PAMPHLET
contre Henri HI.
Il était naturel que mon hypothèse sur la part prise par Montaigne dans la rédaction du Conir'un soulevât une certaine émotion. Ceux notamment qui avaient en librairie des ouvrages dont des parties importantes étaient en désaccord avec cette hypothèse ne pouvaient guère la laisser éclore sans
1. Le lecteur voudra bien excuser quelques répétitions qui n'ont pu être évitées dans le cours de cette controverse. Répondant à des contradicteurs successifs dont certaines objections ressemblaient quelquefois à celles de leurs prédécesseurs, sans pourtant se confondre avec elles, j'ai été amené plus d'une fois, pour la clarté du débat, à reprendre certaines citations et certains arguments déjà présentés, mais en les adaptant et les complétant.
92 MONTAIGNE ET LE « CONTR'l N »
essayer de la détruire. Ce fut, en effet, une levée de boucliers. Dès l'abord, je me suis vu environné d'adversaires : M. Paul Bonnefon, auteur d'un livre sur Montaigne, et d'un autre sur La Boétie, me répondait dans la Revue politique et parlementaire^; M. Pierre Villey, élève de M, Brunetière, préparant dès lors son beau travail sur les sources de Montaigne, dans la Revue d'Histoire littéraire de la France 2; M. F. Strowski, chargé de préparer l'édition municipale des Essais, dans la Revue philomaihique de Rordeaux^; M. Reinhold Dezeimeris, également un éditeur de Montaigne, à l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Bordeaux "^ ; son ami et collaborateur M. Henri Barckhausen, dans \a Revue historique de Rordeaux^; enfin l'élève de M. Dezeimeris, M. Joseph Barrère, dans un travail sur La Boétie et Machiavel ^ J'ai fait de mon mieux, et, le plus rapidement que j'ai pu, répliqué à tous. Bien qu'il m'ait fallu ainsi croiser le fer de six côtés à la fois, que mes adversaires soient bien convaincus que je considère leur sextuple attaque comme une sextuple bonne fortune, et que, de ces passes d'armes, je garderai un agréable souvenir.
Je répondrai à M. Bonnefon, dont l'attaque non