‹ Montaigne pamphlétaireChapitre 44 sur 108 · P. Bonnefon, Montaiyne tl ses amis, I, pp · texte numérisé non relu

P. Bonnefon, Montaiyne tl ses amis, I, pp

Ici, encore, mon contradicteur perd le souvenir de ce qu'il a écrit. Il raconte que certains parlements, pour faire échec à l'édit de pacification, avaient décidé que tous leurs membres feraient profession de catholicisme, et que Montaigne, se trouvant à Paris en juin 1562, alors que le parlement de Bordeaux n'avait pas encore pris cette décision, demanda et obtint du parlement de Paris de prêter à son audience le serment en question. M. Bonnefon ajoute qu'il craint bien qu'il ne faille voir dans « cet acte tout spontané, qu'il ne faut pas confondre avec une démarche de courtoisie », un excès de zèle, une sorte d'approbation d'une mesure qui restreignait les édits de tolérance. « Montaigne, ajoute-t-il, ne serait pas le seul dont la jeunesse se serait montrée moins tolérante que l'âge mûr ^. » Ai-je dit autre chose?

Pour expliquer la possession du texte du Discours par les protestants en dehors de Montaigne, M. Bonnefon avait, dans son livre, admis une hypothèse ingénieuse : le document aurait été inspiré par l'enseignement d'Anne Dubour.g, dont La Boétie, à l'âge de vingt-trois ans, avait été l'élève à l'Université d'Orléans et communiqué par La Boétie à l'un de ses camarades; le texte du discours, conservé pendant de longues années, serait ainsi, en 1574, après la Saint-Barthélémy, parvenu aux publicistes protestants. Je crois avoir détruit cette hypothèse par

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